Joie Fabien Pelous - france nouvelle zélande - 31 octobre 1999 - DPPI
 
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XV de France

Le Top 5 des exploits mémorables face aux All Blacks

Ces cinq exploits mémorables face aux All Blacks

Par Eurosport
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Dernière mise à jour Le 09/11/2013 à 11:05 -
Par Eurosport - Le 09/11/2013 à 11:05
En un siècle de confrontations, le XV de France n'a battu que 12 fois les All Blacks, contre 37 défaites. Comme tout ce qui est rare est précieux, chaque succès face aux Néo-Zélandais tient une place à part dans le gotha tricolore. D'autant que certains sont réellement inoubliables. Notre Top 5.

1. 1999: UNE DEMI-HEURE DE FOLIE
Coupe du monde - Demi-finale
31 octobre 1999
Londres - Twickenham
Score: 43-31

DPPI

D'abord, le contexte. Demi-finale de Coupe du monde à Twickenham. Les All Blacks ont tout écrasé sur leur passage. Les Bleus, eux, viennent de se dépatouiller d'un quart de finale piège face à l'Argentine à Dublin (47-26). Les Néo-Zélandais de Jonah Lomu sont tellement impressionnants et confiants que John Hart, le sélectionneur, n'a donné son équipe que la veille et annonce qu'il préserve son demi de mêlée Justin Marshall pour la finale. Les Français alignent de leur côté une paire de centres sans repère (Dourthe-N'Tamack), une charnière Galthié-Lamaison même pas prévue en début de Tournoi et deux poids plume aux ailes (Bernat-Salles et Dominici). Lors de la première période, la logique est respectée même si un essai de Lamaison permet aux Bleus de rester dans le coup (17-10). Au retour des vestiaires, Lomu résiste à une demi-douzaine de joueurs pour inscrire son huitième essai de la compétition. 24-10, on joue la 45e minute, celle où la rencontre bascule dans la folie pure. A la baguette, le pied de l'ouvreur briviste (2 drops, 2 penalités) et les inspirations du demi de mêlée. Un premier coup de pied dans la boite de Galthié et un rebond favorable permettent à Dominici de donner l'avantage aux Bleus (56e). Dourthe enfonce le clou sur un coup de pied par dessus la défense de Lamaison (60e) consécutif à un superbe travail du pack français. Enfin, Bernat-Salles parachève le travail après une course effrénée d'Olivier Magne sur un ballon de récupération que Lamaison dégage comme un footballeur (75e). 33-0 en 30 minutes. La France vient d'infliger à la Nouvelle-Zélande, qui marquera un dernier essai inutile, la pire demi-heure de son histoire. Et sa plus improbable défaite de toute, sur l'avant dernière marche d'un sacre annoncé.
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2. 1979: LES PIONNIERS DU 14 JUILLET
Test match
14 juillet 1979
Auckland - Eden Park
Score: 24-19

Ce 14 juillet 1979, la France dispute à Auckland le huitième test de son histoire en terre néo-zélandaise. Elle a perdu les sept premiers, et une semaine après une sévère défaite à Christchurch (23-9), il n'y a pas de raison de que ça change. La défaite est annoncée mais Jean-Pierre Rives, capitaine de l'époque, harangue ses troupes. Un peu plus que d'habitude sans doute en ce jour de fête nationale. Aux Salas, Mesny et autres Codorniou, qui découvrent à peine l'équipe de France, il demande de l'audace, du jeu. Il en aura. Devant 60 000 spectateurs médusés, les Tricolores pratiquent un jeu haut en couleurs et fait de mouvements. Les All Blacks sont surpris et menés 24-10 à vingt minutes de la fin après des essais de Gallion, Caussade, Averous et Codorniou. Dans un dernier sursaut d'orgueil, les Néo-Zélandais reviennent à 24-19 et sur la dernière action du match, un coup de pied long fonce sur l'en-but français. Mais le jeune ailier de Montferrand Frédéric Costes déboule pour s'en emparer et dégage en touche. L'arbitre siffle la fin de la rencontre et les Bleus lèvent les bras au ciel. Ils resteront à jamais comme les premiers Français à s'imposer au pays des All Blacks, au pays du rugby.
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3. 2007: INOUBLIABLE HAKA
Coupe du monde - Quart de finale
6 octobre 2007
Cardiff - Millennium Stadium
Score: 20-18

Reuters

Ce quatrième duel bleu-noir en Coupe du monde est entré dans la légende avant même le coup d'envoi, lors d'un haka mémorable, unique en son genre. Vêtus de bleu, de blanc et de rouge, les Français s'avancent sur la ligne médiane avant que les All Blacks n'entament leur haka. A la fin de celui-ci, les joueurs se retrouvent quasiment nez à nez. Image saisissante, atmosphère indescriptible. Ceux qui étaient au Millennium Stadium de Cardiff ce soir là en ont encore des frissons. Archi-favoris de ce quart de finale, les All Blacks vont longtemps le dominer, en menant 13-0 à quelques secondes de la mi-temps. Qui, à cet instant, croit encore en une victoire des joueurs de Bernard Laporte ? Pas grand monde. Mais la botte de Beauxis puis un essai de Dusautoir permettent aux Français de recoller à 13 partout en seconde période. Puis, après l'essai de So'oialo, le XV tricolore prend enfin les commandes (20-18) grâce à un essai de Jauzion initié par Michalak (avec, au passage, un petit en avant non signalé...). Le score ne bougera plus. Pour la première fois, la Nouvelle-Zélande est éliminée avant les demi-finales. Réalistes offensivement et impressionnants en défense (le mythe raconte que Dusautoir aurait effectué 37 plaquages ce jour-là...), notamment dans les dix dernières minutes, les Bleus signent un exploit dont personne ne les croyait vraiment capables après un début de Coupe du monde raté. C'est donc en dehors du territoire national qu'ils ont vécu leur grand moment de cette Coupe du monde organisée... en France. Une semaine plus tard, ils seront éliminés, au Stade de France, par l'Angleterre. Le rugby français, ou l'art subtil de manier le paradoxe. C'est aussi pour ça qu'on l'aime.
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4. 1994: UN DOUBLE HISTORIQUE
Test match
26 juin et 3 juillet 1994
Christchurch - Lancaster Park / Auckland - Eden Park
Scores: 22-8 et 23-20

Remporter une série de tests en Nouvelle-Zélande, c'est un véritable exploit. Les auteurs se comptent d'ailleurs sur les doigts d'une main: Springboks (1937), Lions britanniques (1971) et Australie (1949 et 1986). En ce début d'été 1994, personne n'imagine que les Français seront les quatrièmes à le réaliser. Les deux formations ne se sont plus affrontées depuis quatre ans quand elles se retrouvent le 26 juin au Lancaster Park de Christchurch. Et il y a, à cette occasion, de quoi fêter les "retrouvailles". Jonah Lomu devient le plus jeune All Black de l'histoire (19 ans), John Kirwan le plus capé (59 sélections) et Philippe Sella, le premier joueur au monde à atteindre les 100 sélections. Grâce à leur pack et notamment à leur deuxième ligne Olivier Merle, qui gagnera ce jour-là son surnom d'homme et demi ("Man and a half"), les Bleus de Pierre Berbizier réalisent un match plein et signent la plus large victoire (encore à ce jour) de leur histoire face aux Blacks (22-8). Une semaine plus tard, à Auckland, on leur promet l'enfer face à des All Blacks touchés dans leur orgueil, pas épargnés par la presse et mis sous pression par des séances d'entraînements à huis clos. Après 40 minutes, la France vire pourtant encore en tête après une interception et une course de 70 mètres d'Emile N'Tamack que John Kirwan ne peut reprendre (13-9). Mais la mêlée française souffre après la sortie de Califano et les All Blacks repassent devant (20-16). Il reste une minute à jouer et l'Eden Park va vivre un instant magique. Un essai de 80 mètres où pas moins de neuf Français vont toucher le ballon: Saint-André, Gonzalez, Deylaud, Benazzi, N'Tamack, Cabannes, Delaigue, Accoceberry et Sadourny. L'essai du siècle pour la presse néo-zélandaise. L'essai du bout du monde pour Midi Olympique. Un vrai chef d'oeuvre qui offre aux Bleus un deuxième succès en une semaine (23-20).

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5. 1986: LA BATAILLE DE NANTES
Test match
15 novembre 1986
Nantes - La Beaujoire
Score: 16-3

Les plus grands triomphes trouvent souvent leur source dans les échecs les plus douloureux. Bien utilisées, les défaites sont souvent le tremplin idéal de la victoire. Si le XV de France a pu venir à bout des All Blacks à Nantes, en novembre 1986, c'est d'abord parce que Jacques Fouroux a su s'appuyer sur le revers concédé une semaine plus tôt à Toulouse (7-19) face aux Néo-Zélandais. La revanche nantaise, les Bleus vont la gagner avant d'entrer sur le terrain. Fouroux pique l'orgueil de ses joueurs. Il les met minables au cours d'interminables séances vidéos, multipliant les critiques individuelles. Il n'est pas seulement sévère. Il est injuste. Mais le petit Caporal sait ce qu'il fait. Il fouette l'ego de ses hommes. Et il leur demande de se préparer à la guerre. La Beaujoire doit devenir un champ de ruines pour les All Blacks. Quand les deux équipes se présentent sur la pelouse, ce samedi 15 novembre 1986, les Néo-Zélandais ne sont absolument pas préparés à ce qui les attend. Les Français sont remontés comme jamais. Loin du 'french flair', les Bleus leur imposent un combat terrible. Violent. Les All Blacks se font marcher dessus. Au sens propre. Wayne Shelford peut en témoigner: le numéro 8 néo-zélandais a failli perdre un testicule au bout de 20 minutes, avant de laisser quelques dents en route. "Le match le plus dur et le plus violent de toute ma carrière", dira plus tard "Buck". De ce match, le plus physique jamais livré par le XV de France, il reste une victoire nette (16-3) pour la bande à Daniel Dubroca et un terrible sentiment d'impuissance pour les All Blacks. Depuis, cette rencontre est connue sous le nom de "Bataille de Nantes". Un échec traumatisant pour les hommes en noir, touchés dans leur fierté et plus encore dans leur chair. Quelques mois plus tard, avant de retrouver les Français pour la première finale de Coupe du monde de l'histoire, les All Blacks sauront à leur tour se souvenir. La débâcle nantaise servira de catalyseur. Pas de doute, les plus grands triomphes trouvent naissent bien dans les échecs les plus douloureux...

ET LE PIRE AUSSI...

Avec 41 défaites en 54 rencontres, le XV de France a souvent vu la vie en noir. Certaines ont été plus difficiles que d'autres. C'est le cas de la première finale de la Coupe du monde en 1987 (29-9). Un match où la bande à Serge Blanco, héroïque face à l'Australie en demie mais émoussée, est dominée de la tête et des épaules. En 1999, à Wellington, les Bleus encaissent un cinglant 54-7, victimes de leur précipitation et d'un fond de jeu inadapté. L'essai de Marshall après une dizaine de temps de jeu stigmatisera l'impuissance tricolore. En 2004, au Stade de France, les Bleus font illusion dix minutes avant de sombrer (6-45). La plus lourde défaire de l'histoire du XV de France à domicile... avant Lyon, deux ans plus tard (3-47). L'année suivante, en juin 2007, c'est cette fois la plus lourde (points et écart) de son histoire que la France subit: 61-10. Bernard Laporte, qui doit se passer des demi-finalistes du Top 14, aligne onze novices à Wellington. Une équipe de France C dira à l'époque la presse néo-zélandaise. Comme en 1999, ça ne l'empêchera pas de battre les All Blacks en Coupe du monde quatre mois plus tard...

 
 

commentaires


  • cestsibon09/11/2013 18:24

    Mets de l huile !!! lol

  • hakamaori3409/11/2013 18:00

    Entièrement d'accord avec toi !! je souhaite réellement une victoire des bleus mais c'est PSA qui en sortira grandi et ça, ça me ferait vraiment mal au c...

  • rcsc1509/11/2013 16:00

    Désoler mai la demi en 99 sa c était un match de rugby