Jefferson Poirot (Bordeaux-Bègles) - 6 janvier 2016 - AFP
XV de France

XV de France - Bordeaux-Bègles: Jefferson Poirot, programmé pour exploser

Poirot, programmé pour exploser

Par AFP
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Dernière mise à jour Le 06/01/2016 à 16:54 - Publié le 06/01/2016 à 13:59
Par AFP - Le 06/01/2016 à 16:54

Ses récentes performances et son explosivité ont tapé dans l'oeil de l'encadrement du XV de France: le pilier gauche de Bordeaux-Bègles Jefferson Poirot était programmé depuis tout jeune pour accéder au Graal international.

Son nom est apparu dans la première liste du nouveau sélectionneur Guy Novès en vue du Tournoi des Six Nations. Une surprise pour certains, une récompense logique pour d'autres, conscients que la France ne regorge pas de talents à ce poste-là. Avec le Racingman Eddy Ben Arous, qu'il a croisé le week-end dernier à Colombes, Poirot (1,81m, 123 kg) est de cette nouvelle génération de piliers dynamiques, mobiles, explosifs, très bons plaqueurs et capables de porter le ballon sur la ligne d'avantage.

Prise en main

Une bouffée d'air frais après un Mondial 2015 raté qui impose un renouvellement à toutes les lignes. Autant être dans le bon cycle. Vu son parcours chez les jeunes (champion de France Crabos, passé par le Pôle France de Marcoussis) où il collectionne les sélections, au regard aussi de son entrée supersonique en 2012 avec Brive, lors d'une demi-finale de Challenge européen perdue contre Biarritz mais qu'il avait survolée, c'était inéluctable. Mais quand?

Jefferson Poirot (UBB) - octobre 2015
Jefferson Poirot (UBB) - octobre 2015 - AFP

L'éclosion de cet ancien troisième ligne a pourtant pris un peu de temps. Né d'un père nigérian travaillant pour la santé publique anglaise à Londres et d'une mère oeuvrant dans le secteur médical à Lalinde (Dordogne), où il a grandi et fait ses premières armes ovales, il a été reconverti en première ligne lors de ses jeunes années brivistes. Préparation tronquée en 2012 au sortir de la Coupe du monde des moins de 20 ans, la suivante ratée: "J'ai explosé mentalement et physiquement, je n'y étais pas du tout, c'était trop pour moi", témoigne-t-il.

Mais cet admirateur de Fabien Barcella, fan du PSG et de mécanique, s'est depuis pris en main pour négocier le bon virage de chaque intersaison: "Si tu te loupes d'entrée, c'est une spirale". "Il y en a beaucoup à qui on promettait quelque chose et, au final, sous la concurrence, ils n'ont jamais rien réussi", déclarait-il voici un an.

"Ne pas devenir un désespoir"

Guidé par les conseils précieux de l'ancien Jean-Baptiste Poux depuis trois saisons, Poirot semble avoir atteint la plénitude. Il savait que la reconnaissance ne passerait que par ses performances avec l'Union. Il se régale depuis un an, en débutant les rencontres ou en entrant en jeu, pour faire souvent la différence, physique notamment. "Jeff a extrêmement progressé, il a travaillé très dur depuis longtemps pour avoir la chance de figurer dans cette première liste. Il en est conscient, c'est mérité, sa marge de progression est encore assez grande", explique son manager Raphaël Ibanez, ravi pour lui.

Jefferson Poirot (UBB) - 2 janvier 2016
Jefferson Poirot (UBB) - 2 janvier 2016 - Icon Sport

Lors de leur premier entretien en 2012, Ibanez lui avait dit que "c'était flatteur d'être considéré comme un espoir", tout en le prévenant de ne pas perdre "trop de temps", histoire de ne pas "devenir un désespoir". "Il faut se lancer un jour. Il a une opportunité et j'ai hâte de voir", insiste Ibanez.

Trois ans plus tard, l'ancien capitaine des Bleus voit en Poirot "un vrai compétiteur, à l'état d'esprit irréprochable". "Sa principale progression est en mêlée fermée, dans la conquête directe, il s'y est mis vraiment", conclut le manager girondin. Il a acquis de l'expérience car au club, on lui a laissé l'opportunité de s'épanouir en jouant beaucoup de matchs avec des joueurs expérimentés.

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