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Top 14 : Bordeaux - Toulon, ces affiches devenues légendes

Bordeaux - Toulon : ces affiches devenues légendes

Le 06/10/2017 à 08:38

TOP 14 - La naissance du mythe Serin, le départ réussi de Saint-André, l'incroyable scénario de 2013, le renversement de 2014 et la leçon de Tuisova... Retour sur les Bordeaux - Toulon qui ont marqué l'histoire récente du Top 14.

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15 septembre 2011 : la der de Saint-André

Le 15 septembre 2011, Philippe Saint-André dispute à Chaban-Delmas son dernier match comme manager du RC Toulon, qu'il commandait sportivement depuis l'été 2009. PSA restera pour l'éternité le premier entraîneur de l'ère Boudjellal dans l'élite. Il savait depuis le 23 août qu'il deviendrait manager du XV de France et que le 20 septembre, Bernard Laporte lui succéderait sur les terrains d'entraînement de Berg.

Ce match marque la fin d'une (courte) époque et les Toulonnais ne trahissent pas leur manager partant face à des Bordelais qui venaient juste d'être promus dans l'élite. Mais le RCT était privé de Jonny Wilkinson et de Juan Fernandez-Lobbe retenus par le mondial et le contexte n'était pas facile, le RCT venait de prendre un 17-0 à domicile face à Clermont. Trois joueurs alignés pour ce match sont encore dans l'effectif aujourd'hui : Mathieu Bastareaud, Sébastien Tillous-Bordes et Jocelino Suta. La première ligne de vétérans : Hayman, Bruno, Emmanuelli avait une certaine gueule.

Philippe Saint-André et Mourad Boudjellal du temps où ils travaillaient ensemble à Toulon - 30 juillet 2010

Philippe Saint-André et Mourad Boudjellal du temps où ils travaillaient ensemble à Toulon - 30 juillet 2010Icon Sport

A noter que ce match à Chaban-Delmas faisait figure de délocalisation car l'UBB jouait encore la majorité de ses rencontres au stade André-Moga. Les Toulonnais n'ont pas déçu leur coach : victoire 27 à 16 devant 20 000 spectateurs, mais sans essais marqués. Seulement neuf pénalités, sept de Julien Dumora et de deux de Benjamin Lapeyre. Mais la domination du RCT fut incontestable : 22 pénalités provoquées et un wagon d'occasions manquées. " Les joueurs ont montré que je n'avais pas perdu le vestiaire. Je suis juste content de passer le témoin à Bernard Laporte dans de bonnes conditions. On ne choisit pas toujours sa sortie puisque j'étais à 700 kilomètres de Mayol, mais je pourrai aller boire un café à Toulon la tête haute." commenta PSA.

Côté bordelais, la défaite ne fut pas trop amère. Delpoux, Armand et Etcheto jouaient clairement le maintien, mais leur jeu basé sur la vitesse fut trop approximatif pour contourner le mur toulonnais. Le talonneur Fabien Rofès marqua le seul essai du match à la 75e. Deux Girondins sont toujours à l'UBB : Julien Rey et Blair Connor.

9 février 2013 : le basculement de l'Histoire

En ce 9 février 2013, week end de Tournoi des Six nations, l'UBB signe le plus bel exploit de sa jeune histoire. Les Bordelais passent un sidérant 41-0 au RC Toulon de Jonny Wilkinson et de Bakkies Botha. Le résultat est déjà ahurissant en soi, mais il est encore plus impressionnant quand on sait que les Bordelais sortaient d'une période de dix défaites consécutives (dont sept en Top 14). On parle alors ouvertement de relégation. Pour sa première saison comme manager, Raphaël Ibanez mange son pain noir et en plus, il n'est pas présent ce jour-là à Chaban Delmas puisqu'il commente pour France Télévisions.

Devant 28 000 spectateurs, les Bordelais surclassent leurs adversaires en marquant cinq essais. Deux talents surnagent : Metuisela Talebula et Camille Lopez propulsé en équipe de France en fin de saison. Ils font subir les pires misères aux Varois dépassés à partir de la 30e minute. La saison de l'UBB bascule dans le bon sens et le maintien sera arraché face à Agen et à Mont-de-Marsan. "Ce sont des gamins, des gamins parfois attachants, parfois énervants" explique Vincent Etcheto euphorique après la démonstration offensive de son commando. Le match est resté dans les mémoires par sa beauté, et parce que c'est ce jour-là que l'UBB a gagné son public. Le club ne fut plus tout à fait le même après ce samedi d'hiver.

Camille Lopez - Bordeaux-Bègles - Bayonne - 30 mars 2013

Camille Lopez - Bordeaux-Bègles - Bayonne - 30 mars 2013Icon Sport

10 avril 2014 : superbe renversement

Sprint du printemps. Le match est capital pour les deux équipes et ressemble à un barrage. L'UBB de Raphaël Ibanez a longtemps cru au Top 6 mais une défaite face au Stade Français est venue briser la dynamique. Le Toulon de Bernard Laporte est euphorique, lancé plein fer vers le doublé, chef d'oeuvre de l'ère Boudjellal. Le RCT l'emporte de justesse 22-20, après une partie magnifique devant plus de 33 000 spectateurs.

Les Bordelais donnent tout ce qu'ils ont au point de mener 17 à 3 à la 34e, essais de Avei et de Chalmers, roi du contre en touche. Mais les Toulonnais se reprennent après le repos, Michalak fait le boulot à l'ouverture, Giteau apporte son petit plus indéfinissable et surtout, la star sud-africaine Bryan Habana marque son premier essai depuis son arrivée en France. L'armada toulonnaise est décidément trop fournie et même ses marins les moins célèbres scintillent, comme ce pilier gauche, Alexandre Menini, homme de l'ombre recruté à Biarritz en cours de saison. En quelques semaines il se retrouvera aspiré par l'équipe de France. Rien que ça.

" Un vestiaire moralement abattu"

Bordeaux finit lessivé : "J'ai vu un vestiaire moralement abattu" confie Laurent Marti. Sur le plan du résultat, on le comprend mais sur la qualité des débats, personne n'avait à rougir. "Je savais qu'à Bordeaux ce serait dur, nous avons souffert en première mi-temps, je savais que nous aurions nos chances. Mon essai est très sud-africain puisque c'est Juan Smith qui m'a fait la passe" confiait Habana avec un large sourire fier de montrer qu'il n'était pas venu faire de la figuration.

14 février 2016 : première au Matmut ... Serin, le phénix de Parentis

Pour la première fois, l'UBB joue au Matmut Atlantique et il fait presque le plein, avec 38 000 spectateurs. Ce match aurait dû en fait se jouer en novembre mais les attentats du Bataclan l'ont repoussé au 14 février en plein Tournoi des Six Nations. Cette rencontre fermée tourne au duel de buteurs car le mur rouge et noir apparaît infranchissable aux ambitions bordelaises méritoires, mais sans puissance.

Baptiste Serin (Bordeaux-Bègles) face au Racing 92 - 20 août 2016

Baptiste Serin (Bordeaux-Bègles) face au Racing 92 - 20 août 2016AFP

Cette partie marque l'avènement de Baptiste Serin, plein de sang-froid au moment de réussir la pénalité décisive à la 78eme et offrir la victoire à l'UBB 15-12. Il devient l'objet de toutes les attentions alors que ironie du sort, le phénix de Parentis avait aussi manqué deux coups de pied peu de temps avant. Mais l'image finale balaye tout le reste. Quelques minutes plus tôt, le Toulonnais Escande avait expédié le ballon sur le poteau. Les débats ne sont pas très enflammés, les Toulonnais payent cher deux cartons jaunes attribués à deux grands noms, Vermeulen et Nonu. Serin commence à la mêlée et passe à l'ouverture après la sortie de Simon Hickey, bon buteur mais animateur plutôt hésitant en cet après-midi de grisaille où les Toulonnais n'ont pas impressionné en terme de rugby pur, à l'image de Ma'a Nonu, encore en rodage.

29 avril 2017 : l'UBB renvoyé dans ses foyers

L'UBB termine une saison très éprouvante mais conserve une chance théorique de se qualifier pour le Top 6. Mais pour son dernier match à domicile, les Bordelais désormais entraînés par Jacques Brunel sont totalement assommés par des Toulonnais bien plus puissants et bien plus sûrs d'eux. Tuisova survole les débats et Halfpenny enfile les points au pied.

Très vite, les 26 000 spectateurs n'y croient plus et assistent au supplice de leurs joueurs déjà tout heureux d'avoir échappé à une descente aux enfer après le limogeage de Raphaël Ibanez et quatre mois de disette. Toulon joue à sa main, marque par Guirado et Gill des essais presque faciles. Le score final, 26-13 semble presque clément. Les spectateurs quittent les travées avec le sentiment d'avoir vécu la fin d'une époque, et le sentiment que l'UBB ne sera plus invitée à la table des grands. Un gros coup de blues.

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