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Qu'es-tu devenu... Philippe Gimbert, le Rapetou oublié ?

Qu'es-tu devenu... Philippe Gimbert, le Rapetou oublié ?

Le 15/02/2017 à 17:16Mis à jour Le 15/02/2017 à 18:44

International, double champion de France, Philippe Gimbert ne fut pas seulement un membre de la première ligne des Rapetous avec Moscato et Simon mais aussi un grand nom du rugby français. Mais alors que ces derniers occupent le devant de la scène, Gimbert s'est, lui, fait discret. 25 ans après sa dernière cape, il entraîne les avants du RC Bassin d'Arcachon en Fédérale 2.

C'était il y a 25 ans, jour pour jour : le 15 février 1992, Philippe Gimbert voyait sa carrière en équipe de France s'arrêter brutalement après une défaite contre l'Angleterre au Parc des Princes (13-31). Compteur a tout jamais bloqué à quatre sélections pour l'international 794, qui avait effectué ses débuts en juin 1991 contre la Roumanie.

Gimbert, victime collatérale de la double expulsion ce jour-là de ses camarades en première ligne, Grégoire Lascubé l'Agenais et Vincent Moscato, son coéquipier du CABBG... Triste sortie en Bleu alors que huit mois plus tôt, le 1er juin 1991, ces deux-là décrochaient le Brennus en compagnie d'un troisième homme, Serge Simon, dernier élément d'une première ligne mythique - "les Rapetous" - cornaquée par Bernard Laporte. Mais cette histoire était trop belle pour n'avoir pas de suite : en 1998, les Rapetous, cette fois entraînés par Laporte, remettront ça avec le Stade français.

Moscato, Gimbert et Simon

Moscato, Gimbert et SimonAFP

Les années ont passé. Qu'importe, les héros n'ont pas quitté la scène, jouant seulement un autre rôle : Vincent Moscato est devenu animateur et acteur, Serge Simon est devenu numéro 2 de la FFR en même temps qu'a été élu Bernard Laporte, leur ex-capitaine. Des hommes incontournables dans le paysage rugbystique français. En revanche, les projecteurs se sont détournés du troisième frère d'armes de la première ligne des Rapetous : Philippe Gimbert. Détournés depuis 2003 et son départ du poste d'entraîneur des avants du CABBG… Détournés parce qu'il ne les cherchait pas.

Un éternel serviteur du rugby

Pourtant, l'homme sert toujours le rugby. 25 ans après son dernier match international, Philippe Gimbert est entraîneur, en charge des avants du RC Bassin d'Arcachon, leader de sa poule en Fédérale 2. Un bonheur retrouvé cette saison après quelques expériences d'éducateur et au pôle espoir de Talence. "J'ai été sollicité par un ami, Vincent Manta, manager du RCBA".

"J'étais déjà intervenu pour quelques séances l'année dernière. Ça me faisait plaisir de m'investir davantage. C'était aussi une façon de m'y remettre. Et je trouve ça très sympa : on a un bon groupe, on vise la montée et pour le moment, nous sommes en tête de notre poule. L'objectif, c'est d'arriver en Fédérale 1 et d'y rester."

Philippe Gimbert lors d'une séance de musculation

Philippe Gimbert lors d'une séance de musculationAFP

Philippe Gimbert est aussi content d'être de retour sur le bord des terrains qu'il était heureux ces dernières années d'avoir coupé avec l'entraînement : il avait enfin le temps d'encourager et d'aiguiller intelligemment son fils, Jules, demi de mêlée de l'UBB, devenu international U19. "Il ne joue pas au même poste et c'est tant mieux pour lui", se marre t-il.

Ce retour au jeu lui donne même des idées, lui qui va au stade à l'occasion mais n'a jamais cessé de regarder les matches. A 50 ans, Gimbert se verrait bien revenir dans le circuit professionnel. Et l'ex-pilier donne des gages quant à sa motivation : ce retour en scène au RCBA donc et la vente de ses commerces dans le Médoc. "Je suis en stand-by", dit-il

Moscato et Gimbert sous les couleurs du Stade français

Moscato et Gimbert sous les couleurs du Stade françaisAFP

Pour l'instant, objectif 16e de finale de Fédérale 2

Comme si les trajectoires de ses compagnons de route lui avaient donné des idées. Mais quand on l'écoute, c'est davantage une histoire de passion incandescente que de mimétisme. "Je vis un peu loin de tous et j'ai forcément moins de rapports. Mais on se voit toujours avec plaisir, on s'appelle. Ce qui se passe est génial pour eux." Il le dit tranquillement, comme s'il n'avait pas été surpris. Un sourire : "Connaissant Bernard, quand il tente quelque chose, il le réussit la plupart du temps. Parce qu'il y met toutes ses convictions." Un caractère dont l'ex-Rapetou s'est imprégné...

En attendant, il y a match ce week-end : un derby contre l'US Salles pour peut-être assurer définitivement la première place et la qualification en seizièmes de finale du championnat de France de Fédérale 2, où il faudra parvenir jusqu'en quarts pour valider l'accession à l'étage supérieur. Une étape...

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