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TOP 14 - Mourad Boudjellal (re)sort l'artillerie lourde: "Des présidents ne comprennent rien"

Boudjellal (re)sort l'artillerie lourde: "Des présidents ne comprennent vraiment rien"

Mis à jourLe 29/01/2016 à 14:26

Publiéle 29/01/2016 à 14:10

Mis à jourLe 29/01/2016 à 14:26

Publiéle 29/01/2016 à 14:10

TOP 14 - Titillé du côté de Clermont ces derniers jours, ou encore par le secrétaire des sports, Mourad Boudjellal n'a pas tardé à dégainer. S'il a d'abord salué son prochain adversaire, le Stade Français, le président du Rugby Club Toulonnais a, ensuite, sorti l'artillerie lourde.

Que vous inspire cette rencontre face au Stade Français, dimanche ?

Mourad BOUDJELLAL: C'est un gros match, face à une équipe que l'on pourrait retrouver dans une autre compétition, peut-être en demi-finale. Je le souhaite en tout cas. On respecte cette équipe, ils ont toujours su nous poser des problèmes. C'est une machine qui, lorsqu'elle tourne à plein régime, peut battre n'importe qui n'importe où. On les a battus chez eux cette année, mais c'était alors une équipe diminuée. Par ailleurs, je trouve extravagant les sanctions reçues par les joueurs du Stade français en coupe d'Europe. Sempéré a pris 15 ans ou 15 mois je ne sais plus (15 semaines en réalité pour une "fourchette" NDLR), c'est tellement disproportionné...

" On n'exclut pas l'échec lors de ce match à Nice. Physiquement, on vient de jouer trois matches internationaux"

Ce match arrive après un mois de janvier très compliqué pour votre équipe...

M.B: On n'exclut pas l'échec lors de ce match à Nice. Physiquement, on vient de jouer trois matches internationaux. On avait cinq matches importants dans ce mois de janvier, dont trois cruciaux en Coupe d’Europe. Si on arrive à gagner dimanche, on pourra dire que janvier a été réussi. On est un peu comme Renaud "Toujours debout toujours vivant" (son dernier titre NDLR). On sort avec cinq victoires dans une poule très relevée. Les Wasps sont devant nous avec quatre victoires mais plus de bonus. On avait lu le règlement et on savait que dans ces conditions, on terminerait à la deuxième place...

Le président de Toulon, Mourad Boudjellal - 6 septembre 2015
Le président de Toulon, Mourad Boudjellal - 6 septembre 2015 - Icon Sport
" Ce n'est pas manquer de respect aux clubs italiens, mais le Stade français a pris 19 points dans sa poule dont 10 face aux Italiens"

Trouvez-vous injuste ce point de règlement ?

M.B: La faille n'est pas là, mais dans le fait que l'on ne reconnaît pas les inégalités. Le tirage au sort prend trop d'importance sur la suite de la compétition. Si on veut l'équité, il faut prendre en compte uniquement les résultats des trois premiers, pour voir qui sont les meilleurs premiers et deuxièmes. Ce n'est pas manquer de respect aux clubs italiens, mais le Stade français a pris 19 points dans sa poule dont 10 face aux Italiens. Ces points là ont peut-être moins de valeur qu'une victoire au Leinster ou face à Bath. Il y a aussi des équipes qui lâchent dans les dernières journées, ce n'est pas pareil de jouer une équipe en début ou fin de poule. On en a bénéficié aussi en allant à Bath à la 6e journée alors qu'ils étaient éliminés.

" On va vers une domination totale des clubs anglais"

De Clermont à Paris, le salary cap toulonnais est montré du doigt. Cela finit-il par vous agacer ?

M.B: On remet ça en question de manière régulière. J'ai lu le règlement, je fais de l'optimisation pas du détournement comme certains. J'ai entendu le président d'un club éliminé de la Coupe d'Europe parler du Salary Cap anglais, disant qu'on avait encore de la marge. Cela prouve qu'il n'a encore rien compris. Le salary cap anglais, c'est 6,5 millions de Livres, ce qui fait 8,5 millions d'euros. Ensuite, il n'a toujours pas compris que le salary cap est calculé sur le brut. En France, les charges sont de 22 % au lieu de 7 % en Angleterre. A cela s'ajoute le fait que les Anglais ont droit à deux joueurs qui ne sont pas dans le salary cap, ça met les Anglais à 12 millions d'euros alors qu'en France on est à 10. Les clubs anglais travaillent également à ce que les indemnités des internationaux soient exclues du salary cap... On va vers une domination totale des clubs anglais. Ils en profitent car des présidents ne comprennent vraiment rien.

Mourad Boudjellal, le président de Toulon
Mourad Boudjellal, le président de Toulon - Icon Sport
" Je ne pense pas que l'hémisphère sud va accepter longtemps que deux pays, au travers de leurs clubs, aient l'hégémonie du rugby"

Est-ce pour cette raison que vous envisagez de rejoindre le championnat anglais ?

M.B: Ce que je fais est inéluctable. On va vers un développement des fédérations au détriment des clubs. Dans les années qui viennent, les fédérations vont s'arranger pour avoir une vingtaine de matches. On va vers un tournoi aller/retour et plus de tests. Et, par ailleurs, je ne pense pas que l'hémisphère sud va accepter longtemps que deux pays, au travers de leurs clubs, aient l'hégémonie du rugby. Je suis peut-être un peu en avance, mais si on veut lutter contre les nations, les championnats anglais et français vont devoir travailler ensemble. La survie sera une ligue entre nos deux championnats.

" Que le secrétaire d'état aux Sports arrête de nous prendre pour une vache à lait avec toutes les mesures prises et les charges sociales"

Avec cette polémique, vous avez réussi à énerver le secrétaire d'Etat aux sports...

M.B: Je vais lui répondre. Je ne suis pas contre le sport amateur. Cependant, je lui propose, s'il aime tant le sport amateur et associatif, de revenir sur ce qui a été mis en place par le précédent gouvernement, à savoir la fiscalisation de toutes les associations sportives qui aujourd'hui sont serrées à la gorge. Pour prendre un exemple, l'association du RCT s'est retrouvée complètement étranglée et le monde professionnel lui est venu en aide. Alors, puisqu'il aime tant le monde amateur, qu'il leur lâche un peu la grappe et leur reconnaisse une mission d'utilité publique et que ces associations n'aient pas la même fiscalité que les professionnels. Et s'il n'aime pas le monde pro, qu'il arrête de nous prendre pour une vache à lait avec toutes les mesures prises et les charges sociales.

Le président de Toulon, Mourad Boudjellal - 10 janvier 2016
Le président de Toulon, Mourad Boudjellal - 10 janvier 2016 - AFP
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