Levan Chilachava (Toulon) face au Leinster - Décembre 2015 - Icon Sport
Top 14

TOP 14 - Toulon: Hayman, Coupe du monde, finale 2012, lutte... voici Levan Chilachava

Hayman, Coupe du monde, finale 2012, lutte... voici Levan Chilachava
Dans cet article
Dernière mise à jour Le 02/03/2016 à 09:23 - Publié le 02/03/2016 à 09:17
Par Fabrice Michelier - Le 02/03/2016 à 09:23

A 24 ans, Levan Chilachava connait sa première saison pleine comme titulaire avec Toulon. Arrivé en 2009 au RCT, il a fait ses gammes derrière Carl Hayman jusqu'à devenir, aujourd'hui, son successeur. Rencontre avec cet homme discret.

Arrivé à 17 ans à Toulon...

Évoquer son pays d'origine, c'est aussi replonger dans son arrivée à Toulon. Levan Chilachava a débarqué sur la Rade à l'été 2009, et cela, un mois avant ses 18 ans. "La première année a été très difficile. Tout était compliqué. Tu arrives, tu changes de vie, tu te retrouves seul, sans ami. Surtout que lors de mon arrivée, tout le monde était en stage. Après j'ai rencontré des amis comme Kéké (Chiocci), ou Ivaldi", se remémore-t-il. Aujourd'hui le mal du pays est moins fort, mais Levan profite de chaque jour de vacances pour rentrer auprès des siens. "J'aime bien ma vie ici maintenant, ce n'est plus comme à 18 ans lorsque je ne voulais pas rester".

Son arrivée à Toulon, il la doit en partie à deux de ses compatriotes. Alors que la sélection géorgienne dispute des matches à La Seyne, Hyères ou encore Fréjus, le garçon tape dans l'oeil du RCT. "Le club m'a vu et après Davit Krubiashvili et Gregori Labadze m'ont contacté en me disant que Toulon était intéressé". Le début de l'aventure. D'ailleurs, si aujourd'hui Krubiashvili et Labadze ne sont plus toulonnais, la communauté géorgienne reste importante pour son équilibre. De quoi éviter la nostalgie, mais pas que.. "C'est bien d'avoir des compatriotes, ça permet de pouvoir parler sa langue. On se retrouve souvent chez Mamuka (Gorgodze)... Il a une bonne maison avec une belle piscine !", s'amuse Chilachava.

Levan Chilachava a ses débuts avec Toulon en 2012
Levan Chilachava a ses débuts avec Toulon en 2012 - Icon Sport

Carl Hayman : la référence

Barbe noire de trois jours, cheveux courts, regard profond, 1,88. pour 120kg... Levan Chilachava est à l'opposée de ce que peut laisser penser son apparence. Discret et aimable, le Géorgien de 24 ans s'est imposé comme le numéro un du RCT au poste de pilier droit. "J'ai déjà plus de titularisations cette année que la saison passée où j'ai eu quelque chose comme six titularisations, là j'en suis à neuf. J'ai beaucoup joué et tant mieux pour moi. C'est bien pour progresser", savoure le natif de Tbilisi.

S'il explose cette année, c'est aussi car jusqu'à présent il avait un sacré client devant lui. LA référence mondiale au poste de pilier droit : Carl Hayman. Même s'il est revenu blessé de la Coupe du monde, Levan a vite pris le relais de celui qui était le capitaine du RCT la saison passé. Hayman, également le mentor de Chilachava. "Carl est un modèle. A 35 ans, il courait encore comme un fou. Moi j’enchaîne 8 matches, je ne suis pas fatigué mais c'est dur. Lui, il disputait tous les matches pendant 80 minutes. Je ne sais pas comment il faisait ! C'est vraiment la référence pour un pilier droit. Il m'a donné beaucoup de conseils. J'ai grandi avec lui", reconnaît le Géorgien, toujours admiratif au moment d'évoquer la légende all black.

Carl Hayman, le modèle de Levan Chilachava
Carl Hayman, le modèle de Levan Chilachava - Icon Sport

La Coupe du monde : un souvenir gravé à vie

Et c'est peut-être en partie grâce à Hayman que Chilachava a disputé la Coupe du monde à l'automne dernier. Un moment forcément particulier pour ce jeune. "C'est une chose vraiment extraordinaire de jouer ce genre de compétition. Affronter les All Blacks à Cardiff, ça restera un grand souvenir dans ma vie", admet-il. Et de poursuivre : "Ces matches-là apportent de l'expérience comme ce fut également le cas contre l'Argentine ou les Tonga. Et quand on les réussit, il y a aussi de la confiance qui s'accumule".

Et si l'équipe de Géorgie a progressé dans son ensemble, elle a également gagné en popularité dans un pays où le ballon ovale part de loin. "Après la Coupe du monde 2011, l'engouement autour de ce sport a progressé. En 2015, comme on était qualifié directement pour la Coupe du monde, il y a eu beaucoup d'intérêt. Ça devient très populaire, même si pour l'instant le foot reste numéro 1", révèle celui qui a débuté le rugby à 11 ans, avant de s'essayer à la lutte et de revenir au rugby.

Levan Chilachava (Georgie) lors du Mondial 2015 face aux All Blacks
Levan Chilachava (Georgie) lors du Mondial 2015 face aux All Blacks - AFP

La finale de 2012, un souvenir douloureux

Sa trajectoire jusqu'au poste de numéro 1 du triple champion d'Europe n'a cependant pas été linéaire. Ses premiers pas dans l'Elite, il les fait un soir de finale de Top 14 et une défaite de Toulon face à Toulouse, en 2012 (18-12). Un mauvais souvenir qui marque cependant un tournant. "Après cette finale, j'étais un peu perdu, je n'avais que 20 ans, ça a été très dur, j'avais perdu confiance en moi. Le club voulait me prêter, mais j'ai enchaîné avec Jacques (Delmas) qui m'a fait beaucoup progresser en mêlée, ce qui était mon problème. Jacques m'a beaucoup aidé".

D'ailleurs, Jacques Delmas continue de veiller sur son poulain. En match ou lors des entraînements, le coach des avants ne lâche pas le Géorgien. Et malgré la concurrence de Saulo et Stevens, Chilachava poursuit sa trajectoire. Sous contrat avec Toulon jusqu'en 2019, il ne craint pas de voir arriver de nouveaux joueurs à son poste. Au contraire. "Faut pas lâcher et continuer de travailler, j'aime ça", reconnait-il. Maintenant qu'il a prouvé avoir les épaules pour le RCT, le plus minot des Géorgiens entend bien poursuivre son ascension.

0 commentaire
Ajoutez le vôtre !
 
×