Pierre Spies, dernière recrue arrivée à Montpellier - AFP
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Top 14, Montpellier - Accro au café, athlète, revenant... voici Pierre Spies

Accro au café, athlète, revenant... voici Pierre Spies
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Dernière mise à jour Le 03/03/2016 à 15:07 - Publié le 03/03/2016 à 11:46
Par Thomas CORBET - Le 03/03/2016 à 15:07

TOP 14 - Arrivé à Montpellier en provenance du Japon la semaine dernière, tout comme son compatriote François Steyn, le troisième ligne Pierre Spies doit désormais prendre ses marques dans l'Hérault. Voici quelques faits que vous ne connaissiez peut-être pas sur l'une des recrues phares du MHR.

Jamais sans sa cafetière

Contrairement à la Nouvelle-Zélande, ou à l'Australie (sous conditions), l'Afrique du sud permet à ses internationaux d'évoluer à l'étranger. Par conséquent, les Springboks s'exportent bien, notamment au Japon et en France, les deux dernières destinations de Pierre Spies (à prononcer Spiss en allongeant le i et non à la manière anglophone). Et si le bonhomme voyage bien sûr avec son épouse et ses deux fils, c'est un ustensile plus inattendu qui l'accompagne dans tous ses périples.

Pierre Spies lors de la Coupe du monde 2011 avec les Springboks
Pierre Spies lors de la Coupe du monde 2011 avec les Springboks - Icon Sport

"J'adore le café, et j'ai d'ailleurs fait venir ma machine avec moi. Je suis sûr que vous en avez des très bien, mais la mienne est spéciale! Elle moud les grains, et c'était un cadeau d'anniversaire fait par mon épouse, donc elle a aussi une valeur sentimentale à mes yeux", justifie-t-il. Un attachement tel, que la machine est arrivée avec lui... une semaine avant son épouse ! Pour des raisons pratiques, bien entendu. "Sinon je sais qu'elle serait restée dans une box de stockage", rit-il.

Athlète hors norme

Interrogé sur son sujet, Jake White a décrit son joueur comme "l'athlète suprême". Il suffit d'ailleurs de visionner quelques vidéos sur internet pour se rendre compte que la description n'est pas exagérée. De quoi impressionner ses nouveaux coéquipiers, dont Benjamin Fall: "Je connaissais déjà François, mais en voyant arriver Pierre, on sent l'athlète racé. Sur 100 mètres, il ne doit pas être marrant !".

Pierre Spies (Bulls), plquaé par Josh Bekhuis (Blues) - mai 2015
Pierre Spies (Bulls), plquaé par Josh Bekhuis (Blues) - mai 2015 - AFP

Sauf pour ceux qui aiment les défis. Car l'athlétisme est en effet un des premiers amours de l'international sud-africain. Champion Junior en lancer du disque, il avait même été sélectionné pour participer aux Championnats du monde chez les jeunes. Mais c'est surtout son explosivité qui impressionne. "En sortant du lycée, j'ai dû choisir entre athlétisme et rugby, et j'ai donc opté pour le rugby qui m'offrait un meilleur avenir et où la passion est plus importante en Afrique du sud. Mais j'étais plutôt bon en athlé, avec un record de 10,7 sur le 100 mètres", se souvient-il. Un chrono digne des ailiers les plus rapides !

Pas épargné par les aléas

De prime abord, on serait porté à croire que Pierre Spies (30 ans, 53 sélections) a tout pour lui. Des gènes hérités de son père, qui a également été athlète de haut niveau et a joué pour les Blue Bulls, un large sourire, une destinée internationale... Tout n'a néanmoins pas été rose pour lui. Enfant du milieu (il a deux sœurs) d'une famille soudée par la foi chrétienne, il a d'abord assez mal vécu le divorce de ses parents survenu pendant son adolescence. Période pendant laquelle il ne se sentait par ailleurs pas très bien dans sa peau, "disproportionné" selon ses propres mots. Alors, au lieu de sortir avec ses amis, il a choisi de travailler sur lui-même, devenant lors de sa dernière année au lycée l'athlète qu'il est aujourd'hui, au point de participer dès l'année suivante à la Coupe du monde des moins de 19 ans... gâchée par une fracture du bras droit, qui l'éloigne au final des terrains pour dix mois suite à des complications.

Morné Steyn, Fourie Du Preez, Bryan Habana et Pierre Spies fêtent leur titre de Super Rugby en 2009
Morné Steyn, Fourie Du Preez, Bryan Habana et Pierre Spies fêtent leur titre de Super Rugby en 2009 - Icon Sport

Il revient de cette blessure et retrouve son niveau pour participer en 2006 à la Coupe du monde des moins de 21 ans. Éblouissant en demi-finale contre les Baby Blacks où il inscrit un essai en déposant toute la ligne de trois-quarts néo-zélandaise, il perd en finale contre la France. Sélectionné la même année pour la première fois avec les Springboks, et vainqueur du Super Rugby en 2007, il semble alors lancé à pleine vitesse pour la Coupe du monde. Malheureusement, la présence de caillots de sang dans ses poumons l'oblige à renoncer à la compétition, et en plus de passer à côté d'un deuxième sacre mondial, il doit même envisager de mettre un terme à sa carrière. "Ma foi en Dieu m'a permis de revenir, je crois qu'il veut que je joue au rugby. Je n'ai pas rejoué a rugby en France depuis 2006, alors je suis heureux de revenir", clame Spies. Sa foi et un travail acharné l'ont donc remis sur de bons rails.

Qui pourraient, selon les dernières informations, le mener à disputer ses premières minutes sous le maillot du MHR ce week-end contre Castres. "Ce n'est pas quelqu'un à qui il arrive d'être totalement hors de forme. Il ne peut pas encore jouer 80 minutes, mais certainement 40 ou 50, et dès qu'il pourra jouer, il jouera", confiait Jake White mardi. Réponse dès ce week-end.

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