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Top 14 - Tout ce qu'il faut savoir sur les commotions cérébrales

Tout ce qu'il faut savoir sur les commotions cérébrales
Par AFP

Le 04/08/2014 à 16:50Mis à jour Le 04/08/2014 à 16:53

Désignées comme l'une des priorités médicales dans le rugby, les commotions cérébrales font l'objet d'une attention particulière, que ce soit dans l'établissement du diagnostic ou l'étude des conséquences à long terme sur le cerveau.

Comment diagnostiquer une commotion cérébrale ?

Une "commotion cérébrale" est un traumatisme crânien léger qui engendre un dysfonctionnement temporaire du cerveau à la suite d'un choc. Il est donc courant au rugby, sport de contacts par excellence. Le diagnostic est cependant encore délicat, de l'aveu du président de la commission médicale de la Fédération française (FFR), Jean-Claude Peyrin. "Il y a des signes mineurs qui sont aussi des signes de commotion", ajoute-t-il. Le plus simple à détecter est évidemment le KO (le joueur a les yeux fermés, ne répond plus). Pour les autres cas, on parle de suspicion de perte de connaissance. Il peut s'agir de convulsions (rares) ou de "crise tonique posturale", quand un joueur tombe au sol et garde de manière anormale un bras en l'air. Troubles de l'équilibre, regard dans le vague, maux de tête, nausées, confusions et pertes de mémoire sont autant de symptômes d'une commotion.

Quels protocoles ont mis en place les instances dirigeantes du rugby ?

Virgile Lacombe (Racing) demande à l'arbitre d'intervenir au plus vite, Jonathan Sexton étant KO

Virgile Lacombe (Racing) demande à l'arbitre d'intervenir au plus vite, Jonathan Sexton étant KOIcon Sport

Quelles sont les limites de ces évaluations ?

La prise de conscience autour du danger des commotions dans le rugby est finalement assez récente, le docteur Peyrin évoquant un congrès en Suisse en 2008 comme premier jalon. Des études sont actuellement en cours mais les médecins ont encore peu de recul. De fait, l'établissement des protocoles s'affine peu à peu alors que certains joueurs ont souligné certaines failles, comme la possibilité de tricher à des tests de pré-saison pour établir un référentiel plus bas. De même, par négligence ou peur de perdre sa place, le joueur masque parfois ses commotions. A moins qu'il ne subisse des pressions directes de ses dirigeants pour s'aligner sur le terrain.

Quelles conséquences à court et long terme ?

Elles sont nombreuses. Une étude des Hôpitaux de Paris, menée avec la Ligue (LNR) et la FFR et dont les conclusions définitives seront rendues fin octobre, a comparé 250 rugbymen à 150 sportifs de haut niveau pratiquant une discipline a priori pas sujette aux commotions. Les premiers résultats montrent des troubles de l'anxiété ou des cas de dépression plus nombreux chez les rugbymen. Jean-Claude Peyrin, s'appuyant sur des recherches menées par l'Institut du cerveau à Boston sur des footballeurs américains, cite des "troubles de la concentration, de la mémoire" mais aussi des problèmes d'équilibre ou d'humeur. "Il y a aussi l'augmentation de dépôts de protéines "tau" qui vont causer des lésions dégénératives, soit au niveau de la moelle épinière, soit au niveau du cerveau", ajoute-t-il, précisant que "la maladie d'Alzheimer est une 'tauopathie'".

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