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Top 14 - Bordeaux-Bègles: Le trouble-fête bordelais a de l'appétit

Le trouble-fête bordelais a de l'appétit

Le 27/01/2016 à 15:09

TOP 14 - Passée la Champions Cup conclue sur une note aussi positive qu'improbable à Clermont (37-28), l'UBB entend capitaliser en Top 14. Et ce dès ce samedi à Castres.

Le manager Raphaël Ibanez peut boire du petit lait. Sa politique de roulements, décriée après la défaite à domicile face à l'ASM (10-28), recueille depuis dimanche tous les suffrages. Tel est le monde du rugby, versatile, au gré du vent... L'expérience de la Champions Cup refermée, l'UBB a beaucoup a appris sur le jeu, sur elle-même et ressort grandie ce cette première campagne.

Le regard des autres à son sujet a dû changer aussi lors de cet intermède auvergnat, "avec un scénario qui paraissait écrit à l'avance et que les joueurs ont su renverser, cela a forcément attiré l'attention", reconnait Ibanez. "Ce match, France Télévision était plutôt heureux de l'avoir diffusé avec plus de 2,5 millions de téléspectateurs qui ont vu la performances des joueurs de l'UBB", a poursuivi le consultant.

Leur poule, comme les Bordelais l'ont claironné initialement, était donc des plus homogène. Trois équipes - presque quatre pour une pénalité oubliée par les Clermontois - à égalité avec 16 points, 3 victoires et 3 défaites avec des bonus en pagaille pour chaque acteur, cela donne envie d'y retourner. "C'est ce que j'ai cru comprendre ou lire dans les yeux des joueurs à la fin du match", assure Ibanez.

La joie des Girondins sur la pelouse de Clermont

La joie des Girondins sur la pelouse de ClermontAFP

Cela passera par un Top 6 en fin de saison, l'objectif affiché du club du président Laurent Marti, bien calé aujourd'hui au classement (5e), avec d'évidentes certitudes en plus pour y arriver. Le seul bémol à très court terme concerne leur infirmerie qui s'est remplie ces derniers jours avec Blair Connor, Matthew Clarkin, Benat Auzqui et Félix Le Bourhis comme pensionnaires, alors que Sofiane Guitoune, victime d'une béquille à Michelin, demeure incertain pour le match à Pierre-Antoine. A cette liste s'ajoute le pilier sud-africain Steven Kitshoff, autorisé à partir en vacances une semaine avant ses camarades.

Adaptation et communication

Tout le reste de la troupe, interchangeable, a montré des capacités d'adaptation au plus haut niveau européen admirables. On pense aux fameux "seconds couteaux" ou présentés comme tels, qui ont pris une revanche incroyable à Michelin dimanche et rebattu les cartes pour la suite.

Pas surpris, Ibanez a confié "qu'évidemment il y a toujours des interrogations sur leur capacité à maintenir l'intensité dans les matchs de très haut niveau mais ils ont été généreux. J'ai pris du plaisir à les voir évoluer. Le plus important, c'est ce que le groupe vit en interne, cette dynamique d'équipe, de groupe. Après la bonne prestation des joueurs ce week-end, il y a des joueurs qui ont marqué des points et il y a un groupe aussi qui est sur une dynamique positive".

Raphaël Ibanez (Bordeaux-Bègles) - 24 janvier 2016

Raphaël Ibanez (Bordeaux-Bègles) - 24 janvier 2016Icon Sport

Dans tous les secteurs, l'UBB a franchi des paliers. Son indiscipline initiale - cartons rouges pour Jean-Baptiste Dubié aux Ospreys, pour Julien Ledevedec contre Clermont - a été corrigée lors des deux matchs suivants, deux victoires bonifiées au rythme endiablé. "L'équipe a été confrontée à l'exigence du très haut niveau, notamment centrée sur la discipline, cela a pu nous couter cher dans cette campagne européenne mais c'est aussi une excellente expérience, une leçon à ce niveau là", confirme l'ancien talonneur international.

La communication staff-joueurs est aussi louée. Tout le monde était au courant des rotations prévues, tout le monde a joué le jeu, le staff estimant avoir été "le plus juste et le plus sincère avec les gars. On essaye de garder ce lien avec eux". Qui le lui rendent bien. Cette saison, la plus grande force de l'UBB, au delà d'avoir doublé les postes, voire tripler ceux qui sont clés (piliers, charnière), est son nouveau comportement à l'extérieur.

Avec déjà trois victoires ramenées d'Agen, du Stade français et donc de Clermont, les Girondins semblent sur le bon chemin. De bon augure avant Castres?

"Sans parler des adversaires, on connait les passages obligés pour gagner un match à l'extérieur", résume Ibanez. "La Champions Cup, a ce niveau-là, nous a aidés. Cela passe par un pourcentage de plaquages réussis qui est obligatoire, avec un temps de jeu qu'il faut être capable d'intégrer pour maintenir une certaine intensité. Avec un nombre de turnovers qui doit être réduit. Il y a pas mal d'éléments que l'on a pu intégrer à travers notre parcours européen qui peuvent donner des repères précis à l'équipe pour gagner".

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