Alexandre Dumoulin a échappé à la vigilence de Montpellier - 16 août 2014 - Icon Sport
 
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Eclairage technique - Tout ce que vous devez savoir sur la course négative

Tout ce que vous devez savoir sur la course négative

Par Thomas Corbet
Dernière mise à jour Le 21/08/2014 à 16:02 -
Par Thomas Corbet - Le 21/08/2014 à 16:02
Arrivée de l'hémisphère sud il y a quelques années, la pratique, consistant à faire passer des joueurs de l'équipe attaquante devant le ballon pour servir de leurre, est aujourd'hui très répandue. Et prête parfois à litige. Stéphane Glas, Robert Ebersohn et Didier Méné apportent leur éclairage.

Il n'aura fallu qu'une journée. Une journée, pour que le Top14 apporte dès sa reprise son lot de polémiques. Rien de nouveau direz-vous, puisque la pratique est monnaie courante depuis déjà plusieurs saisons. Pourtant, la technique dite des "courses négatives" mérite que la discussion soit ouverte. Entre interprétations arbitrales discordantes d'une saison à l'autre et actes d'obstruction pure et simple, voilà peut-être un nouveau chantier sur lequel le rugby devra bientôt se pencher.

Le passage à vide

Cet acte d'obstruction basique, consistant en un passage du porteur de ballon derrière un partenaire venant perturber la défense, et éventuellement empêcher l'intervention d'un joueur adverse, est aujourd'hui bien reconnu. C'est la situation qui a pu être observée, par exemple, lors du match opposant Clermont à Grenoble. Julien Malzieu, héritait d'une passe après contact de Fritz Lee alors que Rougerie lui passait devant et bloquait la course d'un défenseur adverse. "Rougerie est à la fois hors-jeu et ouvre la porte en étant actif sur le défenseur", explique Didier Méné. L'essai était logiquement refusé après arbitrage vidéo. La situation, puisque systématiquement sanctionnée, est souvent accidentelle. Jusque-là, rien de très compliqué.

La course négative, ou course en leurre

Il s'agit maintenant de différencier la situation précédente de cette course négative en question, qui est, elle, une action sciemment construite et travaillée. La première nuance se fait dans le moment où les courses se croisent. Alors que, dans le cas d'un passage à vide, le joueur réalisant le leurre passe devant le porteur du ballon, dans une situation de course négative, le leurre passera devant le ballon alors que celui-ci est en train de voyager entre deux joueurs. La course négative consiste donc à créer un doute quant au destinataire de la passe, et donc à perturber la défense dans son anticipation et son placement. D'où un certain trouble dans la lecture de la situation. "Les essais vus ce week-end ne me gênent pas", estime Stéphane Glas. Il poursuit: "Même pour l'essai de Toulon, où Bastareaud met son défenseur sur les fesses, à aucun moment ce dernier aurait pu intervenir sur David Smith. Dans une course négative, ce n'est pas le leurre qui vient attaquer la défense, mais plutôt le défenseur qui vient s'engager dans le plaquage du leurre. Il a alors beau lever les bras, il sait qu'il est pris." Et laisse ainsi la porte ouverte au réceptionneur effectif de la passe.

Une situation indéfendable ?

Cette manœuvre est régulièrement utilisée sur des longues passes, où un premier rideau de joueurs, souvent des avants, se retrouve devant la passe du demi de mêlée qui aura préféré alimenter ses trois-quarts. Elle est alors facile à lire et ne ralentit quasiment pas la défense. Mais mise en place avec une variation des courses des soutiens, et au moyen de passes à hauteur courtes, elle devient extrêmement difficile à lire pour la défense, comme ce fut le cas pour le malheureux Robert Ebersohn lors de Montpellier-Racing. "C'était lors d'un sixième ou septième temps de jeu, ce qui rend la tâche plus difficile pour la défense. Mais surtout, le numéro 12 (Dumoulin, ndlr) a eu une très bonne course, car il est resté caché très longtemps derrière son 10. Il faut prendre la décision de plaquer ou non dans un intervalle de temps très court, et je n'ai vu le 12 qu'après avoir décidé de plaquer l'autre centre, ce n'était donc pas une obstruction", décrit le Sud-Africain. Exécuté à la perfection par le Racing, le mouvement semble donc presque inarrêtable.

Une situation à clarifier ?

Les Montpelliérains se montrent donc beaux joueurs. Même si Stéphane Glas se souvient tout de même que l'arbitre ayant accordé l'essai du RCT à Bayonne est le même qui avait refusé celui du MHR à Biarritz la saison dernière. Le point de règlement mériterait manifestement d'être clarifié. C'est d'ailleurs la volonté du patron des arbitres français, Didier Méné: "Les cas de Clermont et du Racing ne prêtent pas à ambigüité. Celui de Toulon est plus discutable, et nous l'évoquerons lors de la prochaine réunion des arbitres. Il existe une certaine souplesse au niveau international, mais nous ne souhaitons pas qu'il y en ait dans le rugby français. Quand l'attaquant va impacter volontairement le défenseur et ouvre une porte, il faut le pénaliser. Sur l'essai de Toulon c'est du 50-50, je voudrais qu'on aille vers du 51-49. Nous devons aller vers une plus grande cohérence et lisibilité.

 
 

commentaires


  • lanusoval23/08/2014 07:55

    LCA, je n'affirme pas avoir la science infuse mais sur les actions citées, je ne vois pas pourquoi ca crée une telle incompréhension.. peut etre serais je considéré imbus de ma personne, mais tant pis !

  • seb031022/08/2014 23:39

    en LCA ou en véritable arbitre??

  • lanusoval22/08/2014 16:53

    monsieur est drole je vois