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Top 14 - Préparation physique d'avant-saison: Stop aux idées reçues

Préparation physique: Stop aux idées reçues

Par Anthony Tallieu
Dernière mise à jour Le 05/07/2014 à 11:36 -
Par Anthony Tallieu - Le 05/07/2014 à 11:36
Les clubs de Top 14 ont tous repris les chemins de l'entraînement pour préparer au mieux la saison à venir. Une période de travail foncier intense que nous décortique le préparateur physique du Racing-Metro Gilbert Gascou.
 

Pourquoi doivent-ils tous transpirer durant l'été ?

Été est souvent synonyme d'abondante sueur pour les sportifs de haut niveau, et pas seulement parce qu'il fait chaud. Pourquoi ? La réponse de Gilbert Gascou, préparateur physique au Racing Métro : "Le rôle de cette période est lié à l'arrêt de la saison précédente et les quatre semaines d'inactivité relative. Le but de ce moment entre deux saisons est de réactiver les qualités de base du sportif : la condition physique, la force, la vitesse et toutes les aptitudes foncières qui permettront de reprendre une activité rugby et d'avoir une régularité sur l'année. Les clubs définissent des objectifs. Certains proposent une période plus ou moins longue de travail sans ballon, d'autre l'intègrent. Mais dire que ces cinq semaines suffisent à préparer toute une saison est faux, car ce n'est pas en un laps de temps si court qu'on va permettre aux joueurs de tenir huit mois. Il faut gérer toute la saison les temps forts, les temps faibles et le temps de jeu de chacun. C'est du jonglage toute l'année".

Un sportif de haut niveau ne repart jamais de zéro

Au niveau amateur, arrêter une activité physique donne rapidement l'impression d'une perte brutale de la condition physique, surtout en cas de petits excès en tout genre. Pour le préparateur physique du Racing Métro, les joueurs professionnels, qui ont fait du sport leur quotidien, résistent bien à ce phénomène. "Ce n'est pas en quatre semaines qu'on va perdre tout ce qu'on a construit dans une carrière, quelque soit sa longueur. La coupure fait du bien psychologiquement mais aussi physiquement, puisque le rugby est un sport de combat où les chocs sont multiples et cela fait du bien de ne pas subir des collisions pendant quatre semaines. Les qualités sont toujours là et les corps sont régénérés et frais. On dit aux joueurs de couper au moins quinze jours avant d'effectuer la reprise individuelle qu'on leur propose avant le retour à l’entraînement". Tennis, beach volley, foot en salle, un sportif de haut niveau, même en vacances, ne résiste de toute façon guère longtemps à l'envie de se dépenser.

Les joueurs du Racing Métro en plein tennis durant leur préparation - 4 juillet 2013
Les joueurs du Racing Métro en plein tennis durant leur préparation - 4 juillet 2013 - Icon Sport

Les joueurs qui reviennent avec des bourrelets sont minoritaires

Le poids est un des arguments du rugbyman, au même titre que sa vitesse ou sa technique. On le sait, le Top 14 regorge de beaux bébés, voire de très beaux bébés. Est-on pour autant condamné à grossir lors des vacances dès lors qu'on dépasse le quintal ? De moins en moins, à en croire Gilbert Gascou : "On connaît les joueurs et leur courbe de poids car ils sont souvent pesés. On sait donc qui sont les gens à risque même s'il y en a de moins en moins dans le haut niveau. Si on a pris deux ou trois kilos, cela peut se comprendre. Après, il n'y a pas de tolérance particulière pour les avants par rapport aux trois-quarts. La qualité première dans le rugby est le déplacement, et ce de plus en plus quel que soit le poste. Et si on prend du poids, on aura plus de difficulté à se déplacer. C'est ce qu'il faut faire comprendre aux joueurs. Les sportifs de haut niveau tiennent à leur image et leur condition physique. Le rugby n'y échappe pas. Les routines qu'ont les joueurs sur leur alimentation et leur hygiène de vie sont régulières. On connaît les mecs et on sait comment on va les récupérer. S'il y a une différence qui saute aux yeux, c'est qu'il y a eu un problème. J'ai connu par le passé des joueurs du Pacifique qui revenaient à l'entraînement dix à quinze jours en retard, et en plus avec dix à quinze kilos de trop. Aujourd'hui, c'est devenu une minorité".

La difficile gestion des internationaux

La reprise de l'entraînement du Racing Métro était fixée le 18 juin. Les recrues, elles, n'ont pris leurs quartiers au Plessis-Robinson que le 1er juillet. Les internationaux enfin, sur le pont en juin pour les tournées d'été, ne reprendront que mi-juillet. Un décalage conséquent dans la préparation physique de chacun que connaissent quelques autres clubs de Top 14, et qui n'est pas toujours évident à gérer pour un préparateur physique : "La difficulté vient des internationaux. Ils ont un mois de plus dans la saison, ce qui oblige à tout décaler dans la préparation. Cela crée certains problèmes dans l'unité du collectif mais c'est la même chose pour tous les clubs. Il ne faut donc pas griller les étapes. On doit tenir compte des personnes qui arrivent plus tard, et qui doivent passer par les mêmes progressions que les autres pour que tout le monde soit sur un pied d'égalité. On échelonne leur retour à la compétition, c'est à nous de gérer cela et de leur proposer un travail adéquat pour les retrouver régénérés sur le terrain. On ne densifie pas non plus leurs charges de travail, car ce sont aussi des humains avec des principes de récupération sur lesquels il ne faut pas trop taper. L'important est que les joueurs puissent faire ce qu'on leur demande. Ce n'est pas la peine de les fracasser pendant trois jours et qu'ils ne soient plus capables de rien les trois suivants. Ce qui nous intéresse est l'équilibre des charges de travail pour qu'ils puissent suivre toute la préparation".

Wesley FOFANA et Morgan PARRA - préparation du XV de France - 2013
Wesley FOFANA et Morgan PARRA - préparation du XV de France - 2013 - Icon Sport

Quid de la muscu ?

De deux à trois séances par semaine habituellement, la musculation est pratiquée quasiment tous les jours durant la préparation physique d'un rugbyman. Un outil indissociable de la pratique du rugby moderne. Tout comme pour la condition physique, les capacités à soulever de la fonte ne bougent pas trop durant les quatre semaines d'interruption : "Si les gens ont perdu un petit pourcentage de leur force maximum, c'est vite récupéré. La musculation a d'abord pour objectif de protéger le corps et si possible de le rendre plus puissant. On ne cherche pas à fabriquer des champions du développé couché et du squat. On veut juste avoir des joueurs qui ont de la puissance et de la motricité, et qui arrivent à les développer. On prépare les gens à faire du rugby et la musculation est un moyen, mais pas une fin en soi. Ce n'est pas parce qu'on va être énorme au développé coucher qu'on va gagner les matchs".

Première séance de musculation pour le Néo-Toulonnais, Leigh Halfpenny - Photo : Fabrice Michelier
Première séance de musculation pour le Néo-Toulonnais, Leigh Halfpenny - Photo : Fabrice Michelier - Rugbyrama
 
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