Laurent Tranier, actuellement à la recherche d'un club - Photo PROVALE - Other Agency
 
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Stage Provale - Laurent Tranier: “Le rugby va très vite vers le haut comme vers le bas”

Tranier: “Le rugby va très vite vers le haut comme vers le bas”

Par Thomas GOURDIN
Dernière mise à jour Le 04/07/2014 à 17:19 -
Par Thomas GOURDIN - Le 04/07/2014 à 17:19
En fin de contrat avec Lyon, Laurent Tranier n'a pu trouver de club pour la saison prochaine. L'ancien Biarrot est actuellement à Colomiers pour suivre le stage organisé par le syndicat Provale à destination des joueurs chômeurs. En attendant de rejoindre Angoulême, en Fédérale 1, où il espère “se reconstruire” pour pouvoir rebondir.
 

Quand avez-vous pris conscience que vous risquiez de ne pas trouver de club pour la saison prochaine ?

Laurent TRANIER: Je sortais de trois ans avec Lyon où je n'ai pas eu beaucoup de temps de jeu. Au début, je voulais tout donner pour accrocher quelque chose en Pro D2. Malgré quelques contacts, rien n'a abouti. Plus la fin de la période de mutations arrivait, plus des clubs de Fédérale 1 m'appelaient. Progressivement, je me suis dit que c'était terminé pour cette année.

Comment appréhendez-vous cette situation ?

L.T.: Ce sont des moments difficiles à vivre, y compris pour mes proches, pour ma femme et mon enfant. Nous avons fait nos cartons à Lyon sans connaître notre point de chute. Du coup, en attendant, nous sommes venus en vacances dans la famille, à Toulouse.

" Quand on n'a pas de club, il arrive de se lever le matin sans savoir quoi faire... C'est là que l'on se rend vraiment compte..."

Vous avez connu la Coupe d'Europe à Biarritz, où vous étiez l'un des jeunes à fort potentiel. A ce moment-là, pensiez-vous que vous pourriez un jour vous retrouver au chômage ?

L.T.: On a les yeux qui brillent quand on est sur le terrain tous les week-ends, qu'on enchaîne les matchs. Dans un coin de ma tête, je pensais à cette éventualité. Mais en fait, on ne se rend pas vraiment compte de la chance que l'on peut avoir. Parfois on râle, on a des coups de moins bien, on trouve que c'est dur, mais c'est quand même un bonheur d'être dans ce cocon. Quand on n'a pas de club, il arrive de se lever le matin sans savoir quoi faire... C'est là que l'on se rend vraiment compte...

Qu'étiez-vous venu chercher lors du stage organisé par Provale pour les joueurs chômeurs et qu'y avez-vous trouvé ?

L.T.: Des informations administratives, des opportunités pour la suite mais aussi une équipe, la possibilité de toucher le ballon et de travailler avec un groupe. C'est très sympa de la part de Colomiers de nous avoir accueillis. Cela permet de sortir de notre quotidien.

Laurent TRANIER - Lyon Biarritz - 24 mars 2012
Laurent TRANIER - Lyon Biarritz - 24 mars 2012 - Icon Sport

Comment s'écrit votre avenir ?

L.T.: Je me suis engagé avec Angoulême, mais je garde mon statut de chômeur pour des questions administratives. J'espère me relancer avec ce club qui vient de monter en Fédérale 1. Je me donne un an pour me reconstruire. J'ai avant tout besoin de ne plus penser à toute ces paperasseries, besoin de jouer, de reprendre du plaisir sur le terrain. Parce que le rugby est un métier mais c'est aussi un plaisir.

Envisagez-vous la possibilité de ne plus pouvoir évoluer dans un club pro ?

L.T.: On y pense forcément. Le rugby va très vite vers le haut comme vers le bas, et Provale offre d'ailleurs des opportunités pour entrer dans la vie active. Mais j'ai commencé à préparer ma reconversion il y a quelques temps déjà. J'ai créé une entreprise familiale de marquage publicitaire et de broderie à Toulouse. Si je ne peux plus vivre du rugby, je m'investirai davantage dans ce projet.

Laurent Tranier, lors du stage organisé par Provale à Colomiers - Photo PROVALE
Laurent Tranier, lors du stage organisé par Provale à Colomiers - Photo PROVALE - Other Agency
 
 

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  • mosese6410/07/2014 10:33

    Etant supporter biarrot j'ai connu tranier au moment ou "l'on croyait le plus en lui". Malheureusement je n'ai jamais vraiment compris cet engouement pour ce joueur qui pouvait jouer 8, 10 ou 12.... Je pense tout simplement qu'en F1 il est a son niveau et qu'il n'a pas les qualités physique intrinsèque pour jouer à un niveau supérieur. Il a pu profiter des carences de l'effectif biarrot à cette époque. Biarritz continuait à jouer au haut niveau grâce a ces cadres et tentait des " paris " pour compléter son effectif ce qui a pu faire croire à tranier qu'il avait le niveau européen ou même top 14. Mais la réalité elle est la, fédérale 1 et ça n'a rien d'étonnant, je serai très surpris de le voir revenir dans un club du top 14. Alors c'est sur passer de la H CUP à la fédérale ca peut paraître surprenant, mais si on s'y penche plus sérieusement pas tant que ca. Au moins il aura eu la chance de jouer des matchs de très haut niveau durant sa carrière.

  • djamel3507/07/2014 12:15

    Le meilleur moment de l'interview : Comment s'écrit votre avenir ? L.T.: Je me suis engagé avec Angoulême, mais je garde mon statut de chômeur pour des questions administratives. Traduction : je garde mon statut chômeur pour toucher les indemnités tout en touchant divers défraiements, des IK, un logement gratuit (etc.) pour compléter mon salaire. De fait je coûte bien mon cher à mon futur employeur puisque c'est l'assurance chômage qui raque. Il est beau le statut amateur des championnats de fédéral, et c'est pas qu'à Angoulème bien sûr. C'est comme ça un peu partout, travail non-déclaré, travail au black (les fameuses enveloppes pour les primes de match), avantages nature non-déclarés etc, etc. Ca va encore quand c'est pour toucher 30 euros par match en F3, mais quand on est sur des budgets supérieurs au million d'euros en F1 c'est plus gênant. S'il y a bien un endroit où le rugby reste amateur, c'est dans la gestion.

  • 3/4 DU 6905/07/2014 08:50

    dommage que Le Lou ne l'ai pas plus utilisé ou gardé....1 bon joueur et 1 mec bien , bonne suite à toi Laurent !