Jonathan PELISSIE - Montpellier Castres - 17 mai 2014 - Icon Sport
 
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Demi-finale Top 14 - L'amateurisme de Montpellier lui a coûté très cher

L'amateurisme de Montpellier lui a coûté très cher

Par Thomas Perotto
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Dernière mise à jour Le 18/05/2014 à 11:53 -
Par Thomas Perotto - Le 18/05/2014 à 11:53
Retour sur les coulisses d'une décision incompréhensible prise par les Montpelliérains à six minutes de la fin du match samedi, en prolongation face à Castres. L'incrédulité régnait dans les rangs du MHR. Terrifiant.

Comme quoi, le hasard et la fatalité ont encore une petite place à se faire dans le monde du rugby. Celui où règnent d'habitude les athlètes sur-musclés, les stratégies basées sur cinq ou six temps de jeu préétablis à l'avance, les défenses cadenassées. Montpellier, qui ne connaissait pas (assez bien) le règlement de la Ligue Nationale de Rugby (LNR) a laissé passer une occasion d'aller en finale du championnat de France, pour la première depuis 2011. Dans les couloirs du stade Pierre-Mauroy, l'incrédulité était totale. Comment une équipe de Top 14, habituée à jouer le haut de tableau ou la Coupe d'Europe peut ne pas connaître un règlement à un moment aussi crucial de la saison ? Fabien Galthié a été franc: "On pose aussi la question à l'arbitre et il ne sait pas. Je n'ai pas la réponse non plus. On ne connaissait pas le règlement". Rideau. L'ouvreur François Trinh-Duc ne dit pas mieux: "A la fin du match, on entend le speaker dire cette chose, ça nous met le bruit à l'oreille. Au bord du terrain, on nous dit que si on met la pénalité on a quand même perdu ; je demande à l'arbitre il me dit qu'il ne sait pas. C'est dur".

Flash-back. On joue la 94ème minute de cette demi-finale entre Castrais et Montpelliérains. Le champion de France en titre mène 22 à 19, grâce à un drop de Baï dans les dernières secondes de la première mi-temps de la prolongation. Montpellier obtient une pénalité à l'entrée des 22 mètres, excentrée à gauche. Si le MHR la passe, il revient à 22-22. Mais les Héraultais choisissent d'aller en touche ! "On pensait que ça ne suffisait pas s'il y avait de nouveau match nul", racontera après coup François Trinh-Duc. L'agitation est permanente sur le banc de touche, chacun y va de sa version, fait les calculs, tente de se rappeler des règlements. Or, ces derniers indiquent qu'en cas d'égalité parfaite (essais, puis, pénalités, puis drops, puis cartons rouge), les deux équipes sont départagées par une séance de tirs aux buts.

Trinh-Duc: "C'est encore plus frustrant"

A 22-22, CO et MHR avaient dans leur besace un essai, une transformation, quatre pénalités et un drop. Egalité parfaite. Pourtant, les Montpelliérains ont cru que le partage se faisait sur les 80 minutes du temps réglementaire. Or, le règlement de la Ligue Nationale de Rugby - consultable en un clic depuis un Smartphone, au prix d'une recherche basique type "règlement LNR en cas d'égalité" - indique que le comptage se fait "au cours du match". Il n'est jamais question de "temps réglementaire"... Simple à comprendre et sans faille. De leur côté, les Castrais étaient au courant de la procédure. Rémi Talès avouait devant les journalistes que son équipe savait qu'elle était devant en cas d'égalité, mais à 19-19 en début de prolongations (car 4 pénalités à 3 en faveur du CO)

Terrible désaveu pour une équipe qui rêvait d'être championne de France. Cruel, maladroit. Le sentiment d'amateurisme pointe le bout de son nez, évidemment. "C'est encore plus frustrant que ce soit un tel détail qui nous fasse défaut", avoue François Trinh-Duc, complètement démoralisé en zone mixte. "C'est dur. On est très déçu, très affecté, et à titre personnel ça va être dur de digérer une telle saison", confiait aussi celui qui n'a pas été retenu pour la tournée en Australie avec le XV de France. "C'est difficile de faire un constat à chaud, de se retourner sur la saison quand on vient de perdre. Perdre en demi-finale n'est jamais très bon. On verra comment on digèrera ça", disait de son côté Fabien Galthié. Trahi par son manque de connaissance des règlements, le MHR a dit adieu à une éventuelle finale. Rien ne dit que les Cistes auraient par ailleurs gagné la séance de tirs aux buts ou n'auraient pas encaissé une autre pénalité dans les dernières minutes, mais le refrain "on croyait que" est tout simplement effrayant et terrifiant. Aller en touche plutôt qu'égaliser, Montpellier va longtemps se manger les doigts. 

Fabien GALTHIE  Stephane GLAS  - Montpellier Castres - 17 mai 2014
Fabien GALTHIE Stephane GLAS - Montpellier Castres - 17 mai 2014 - Icon Sport