Laurent FERRERES - 17.08.2013 - Racing Metro 92 Brive - Icon Sport
 
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11e journée Top 14 - Unité, humilité et ambition: la bonne alchimie de Brive

Unité, humilité et ambition: la bonne alchimie de Brive

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 01/11/2013 à 14:15 -
Par Rugbyrama - Le 01/11/2013 à 14:15
En alliant unité, humilité et ambition, le promu Brive, aux moyens limités avec le 13e du budget du Championnat (11,3 millions d'euros), se plaît à jouer les trouble-fêtes inattendus d'un Top 14 qu'il a réussi à dompter.

"Gagner le respect". Le leitmotiv du CABCL était connu en début de saison après une année passée en Pro D2. Il lui aura fallu à peine dix matches pour y parvenir, porté par des performances de choix à domicile (quatre victoires dont deux bonifiées face à Perpignan et Castres), et une faculté à s'accrocher chez les gros (trois bonus défensifs rapportés du Racing Métro, du Stade Français et de Clermont), en plus d'un nul à Grenoble. Fini le faste des années Derichebourg, son mécène des années 2000, qui n'aura accouché que d'une seule qualification européenne en 2009 avant la descente aux enfers, marquée par les départs successifs des entraîneurs Laurent Seigne, Christophe Laussucq et Ugo Mola, jusqu'à la Pro D2 en 2012. Et si la clé du succès actuel était dans cet assainissement à l'étage inférieur qui aura permis au club champion d'Europe en 1997 de se reconstruire autour d'un staff efficient dans tous les domaines: Nicolas Godignon au management et à la défense, Didier Casadéi avec les avants et Philippe Carbonneau, depuis janvier dernier auprès des trois-quarts.

Un effectif qui s'épanouit

Cet encadrement vient de prolonger deux saisons supplémentaires et une troisième en option. "Il y a de la confiance les uns envers les autres, explique Godignon, manager passé précédemment par la Fédérale 3, 2, 1 puis les Crabos de Brive avant d'arriver à la tête des pros. Elle n'exclut pas le contrôle mais on sait où on va. On propose de l'innovation, de manière partagée et réfléchie. C'est un climat que tout entraîneur espère trouver". "Quelque fois, nous ne sommes pas d'accord, mais on s'entend bien et on voit les mêmes choses au même moment", assure Casadéi qui avoue "avoir progressé" en apprenant de "(ses) erreurs, en (se) remettant en question". "On a pris la mesure de notre tâche, mais nous avons beaucoup à apprendre, poursuit-il. Quand on voit ce que des Novès, Laporte, Cotter ont fait sur la durée, il nous reste du chemin".

Autre élément-clé de la réussite: la diversité de son effectif entre les joueurs formés au club, les joueurs de devoir et d'expérience (Mignardi, Mela, Sanchou, Shvelidze, Mailei, Barnard), les potentiels qui explosent enfin (Le Devédec, Swanepoel, Germain, Namy, Hauman) et des revanchards, à l'image du numéro 9 fidjien Sisa Koyamaibole, licencié par l'UBB la saison dernière, en pleine renaissance à 33 ans et appelé avec sa sélection nationale pour la tournée de novembre.

Casadéi: "La peur est fédératrice"

"Nous avons plutôt réalisé des recrutements gagnants depuis deux ans, estime Godignon. On ne cherche pas que la qualité du joueur mais aussi la qualité humaine. On choisit ceux qui peuvent incarner nos valeurs. Ces horizons et personnalités différentes donnent une richesse au groupe. Le plus important, c'est l'homogénéité. On peut interchanger les joueurs sans faire chuter le niveau. Mais notre potentiel implique de ne jamais rien lâcher". Pour l'heure, tout baigne en Limousin où chacun sait que sans solidarité et humilité, l'édifice peut s'effriter à tout moment.

Brive est-il en surrégime ? "Si Toulouse, archi-favori, nous bat samedi, on peut se retrouver avant-dernier, constate Casadéï. La peur est fédératrice, on craint de ne pas être à la hauteur et cela nous transcende. Le rugby, c'est mental à 80 %". "Si nous sommes décimés par les blessures, si nous faisons une contre-performance face à un petit à domicile... Tout cela peut être un frein, n'oublie pas Godignon. Le bilan, on ne pourra le faire qu'en fin de saison".

DPPI