Michalak - Toulon - 8 septembre 2012 - Icon Sport
 
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Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 10/09/2012 à 18:52 -
Par Rugbyrama - Le 10/09/2012 à 18:52
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur l'ambiance à Mayol, la surprise Grenoble et les performances de Kakovin, Lesgourgues, Bonneval ou Vahaamahina.

Biarritz/Montpellier: 27-8. Vincent BISSONNET

La saison dernière, Aguilera avait pleuré l'absence, trop fréquente, du stratège Dimitri Yachvili. Dans l'ombre de l'irremplaçable international, le prometteur Yann Lesgourgues avait donc vécu une année délicate... De cette épreuve, le jeune Biarrot est ressorti plus fort, plus déterminé, plus mature. Le "Yach" à nouveau à l'infirmerie en ce début de saison, l'international jeunes réalise un épatant intérim à la mêlée. Vif et dynamiteur, il amène un vent de fraîcheur et de folie au collectif biarrot. Surtout, il se montre chaque semaine décisif : face à Toulouse, il avait parfaitement fixé la défense pour servir, dans l'intervalle, la fusée Brew sur l'essai de Traille ; samedi, il a achevé Montpellier avec un essai magnifique. A la réception d'un coup de pied, le Basque bondissant tape un judicieux petit par-dessus et, au terme d'une course effrénée, récupère le ballon pour s'en aller aplatir l'essai du bonus provisoire. Le BOPB a perdu ce point dans les dernières minutes ; mais, plus important encore, il a gagné un joker de luxe au poste de demi de mêlée.

Toulon/Bordeaux-Bègles : Pierre-Laurent GOU

Le public toulonnais est gigantesque, Mayol la cathédrale de la ville, la Mecque du rugby français. Les supporters toulonnais n’ont pas raté leur retrouvaille avec leurs protégés. Boudjellal et Laporte ont construit une équipe de rêve. Mayol a su les accueillir avec tous les honneurs auxquels ils avaient le droit. Quelle ambiance samedi soir ! De l’arrivée des joueurs et la fameuse descente de bus, à la sortie des vestiaires, au tour d’honneur, l'atmosphère sur les bords de la Méditerranée était incroyable. Sevré de rugby depuis trois mois, les Toulonnais avaient besoin de communier avec leurs joueurs. Dans ces cas-là (et c’est souvent le cas), l’enceinte varoise est la plus belle de France. 

Toulouse/Agen: 62-13. Nicolas AUGOT

Quarante minutes lui auront suffi à démontrer tout son talent. Freiné par une pubalgie depuis son arrivée au Stade toulousain, l'ancien pilier de Brive Vasil Kakovin n'a pas manqué ses débuts sous ses nouvelles couleurs. Tonitruant sur le flanc gauche de la mêlée stadiste qui a étoufffé sa vis-à-vis au point d'amener Gillian Galan dans l'en-but pour le premier essai des Rouge et Noir, il a aussi été omniprésent dans le jeu courant avec des charges puissantes qui ont permis à son équipe de toujours joué en avançant. Un renfort qui laisse à penser que les Toulousains ne devraient pas connaître trop de mésaventures cette saison dans le secteur de la mêlée fermée. En effet, à la pause, le prometteur Vasil Kakovin a cedé sa place à Gürthro Steenkamp qui a lui aussi été brillant. Deux joueurs surpuissants qui vont se partager le poste pour le plus grand bonheur de William Servat et des supporters des champions de France.

Clermont/Racing: 13-12. Léo FAURE

Quand Clermont reçoit, il est de coutume que l’hôte, gâté, reparte chez lui les valises pleines. 30 points? 40 points? Le tarif maison. Pour cette venue du Racing en Auvergne, la logique voulait que le scénario se répète. L’embourgeoisement va ainsi. C’était sans compter sur une équipe francilienne transportée en Auvergne avec le plein d’ambitions. Au final: un combat plus que sérieux, des intentions de jeu réciproques pour une rencontre où les deux équipes se sont annihilés dans tous les secteurs de jeu. Superbe de suspens. Côté clermontois, on parlait de la nécessité de relever la tête en défense: c’était oublier que, le match contre Perpignan n’obéissant à aucune règle de logique mis à part, les Clermontois n’avaient jusque-là encaissé qu’un seul essai, sur interception. Dans les dernières minutes de cette rencontre asphyxiante, le rideau clermontois a une nouvelle fois tenu bon. Mieux, il est parvenu à contenir les Racingmen dans leur propre camp, hors de portée d’un éventuel drop victorieux. Les grandes équipes, c’est aussi cette force mentale dans les instants décisifs. Clermont tient sa 45e victoire consécutive dans la fournaise de Marcel-Michelin. Elle est d’autant plus belle qu’elle est acquise de haute lutte.

Stade français/Castres: 20-20. Léo HUISMAN

Une lueur dans la grisaille. La première titularisation d’Hugo Bonneval, le jeune arrière du Stade français, meilleur parisien sur la pelouse samedi face à Castres. Et si la solution des problèmes rencontrés par le Stade en ce début de saison venait de sa jeunesse ? Les Bonneval, Doumayrou, Plisson ou Camara peuvent-ils être les patrons de la ligne de trois-quarts que les parisiens attendent désespérément. Samedi, c’est Bonneval qui a montré l’étendue de son talent. Par de longs raids solitaires, il a mis les siens dans le sens de la marche. C’est lui qui est à l’initiative de la première action dangereuse de Paris en première période, une action où après s’être débarrassé du flanker Bornman, il s’est retrouvé face à son vis-à-vis Brice Dulin. Résultat ? Un raffut monumental qui laissa le néo-castrais sur le carreau. Un clin d’oeil, les deux hommes sont amis dans la vie. A tel point que lorsque Bonneval devait rejoindre les rangs d’Agen la saison dernière, Dulin, déjà engagé à Castres, regrettait presque de devoir quitter le Lot-et-Garonne, sans avoir jouer avec son pote.

Perpignan/Bayonne: 18-13. Jérémy FADAT

"Il a encore besoin de s'épanouir mais ce n'est pas pour rien que le staff de l'équipe de France m'a récemment parlé de lui et le surveille. Dès les premiers entraînements, je me suis dit que c'était le futur Radike Samo. C'est un futur grand». Les mots sont signés Marc Delpoux, quelques minutes après la rencontre. Surtout, ils concernent Sébastien Vahaamahina, le jeune deuxième ligne de l'Usap (pas encore 21 ans!). Titularisé pour pallier l'absence du géant gallois Luke Charteris, principal cible des lanceurs catalans en touche, le Néo-Calédonien fut tout simplement le meilleur joueur sur le terrain. Impeccable dans l'alignement, il a aussi été omniprésent dans le jeu courant où sa capacité de déplacement et sa dextérité ballon en mains ont permis d'amener du liant dans les rangs catalans. Certes, l'ancien international des moins de 20 ans doit encore franchir un cap physiquement et comme le dit Delpoux, «sa marge de progression est grande», mais depuis samedi, on comprend mieux pourquoi le staff des Bleus s'intéresse déjà à lui.

Grenoble/Mont-de-Marsan: 52-7.

Grenoble cinquième. Et alors? Bien sûr, la surprise est grande. Immense même. Statistiquement, il s’agit purement et simplement du meilleur départ pour un promu depuis l’instauration de la poule unique. Sur le fond de jeu proposé, il n’y a pourtant aucune objection, votre honneur. Contre Mont-de-Marsan, le duel des promus pouvait paraître équilibré. Il fut une longue démonstration, agonisante pour les Montois. Les satisfactions? Elles sont nombreuses. On retiendra plus particulièrement la performance du centre néo-zélandais Nigel Hunt, impressionnant depuis le début de la saison et auteur de deux essais samedi, après celui offert à Rida Jaouher la semaine passée face au Stade français. Sans présager d’un avenir forcément rose, on apprécie le retour réussi du FCG, terre de rugby, dans l’élite française. Pour une ville sinistrée sportivement, la plus-value est énorme.