William Servat - Finale Toulon Toulouse - 9 juin 2012 - Icon Sport
 
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Servat: "C'est ma vie"

Servat: "C'est ma vie"

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 12/06/2012 à 10:35 -
Par Rugbyrama - Le 12/06/2012 à 10:35
Comme Jean-Baptiste Elissalde en 2010, William Servat arrête sa carrière sur un titre avant d’entamer sa nouvelle vie d’entraîneur des avants, succédant à Yannick Bru. Blessé pendant sept semaines, le talonneur international a réussi son match, ses dernières mêlées et sa sortie.
 

Vous arrêtez votre carrière sur un Brennus : parleriez-vous de sortie rêvée ?

William SERVAT: Quelle serait la définition d’une sortie de rêve ? J’ai du mal à l’expliquer. En tout cas, par la sortie qui a été la mienne, par l’hommage que m’ont fait mes coéquipiers en montant chercher le Brennus, par le fait de finir sur un titre et de beaucoup d’autres choses, c’est sûr que c’est un honneur de finir ainsi. J’ai la chance de finir ma carrière en haut. Ce n’est pas peu dire. Un sportif peut mourir à petit feu: prendre un peu de poids, moins jouer, se faire dépasser par des jeunes. J’ai eu la chance de ne pas le connaître.

Qu’avez-vous ressenti en visionnant le clip de motivation qui vous a notamment rendu hommage ?

W.S: J’avais vécu un peu le même scénario en équipe de France où, avec Julien Bonnaire, nous avions été mis sur le devant de la scène. Ça nous a coûté de l’énergie, à nous et à l’équipe. Et honnêtement, je n’avais pas envie de revivre ça. À chaque fois qu’il a été question de moi, j’ai bien précisé à tout le monde que cette finale n’était pas pour moi, pas pour Daan Human. Mais bien pour tout le monde. On avait cette histoire à partager entre nous. Je ne sais pas ce qui transpire de notre club. Mais je suis persuadé qu’aujourd’hui si Toulouse est champion, si l’équipe a un tout petit temps d’avance, c’est parce que nous sommes copains. Parce que après un match, on a souvent envie de prolonger le moment du terrain. Parce qu’on se sent bien. Je ne dis pas qu’il faut sortir tous les week-ends. Mais le jour où tu arrives à prolonger les moments de vie avec l’équipe alors qu’ils sont déjà parfois plus importants que les moments en famille, je suis persuadé que c’est ce qui fait la différence.

Racontez-nous votre dernière mêlée…

W.S: Je n’ai rien de particulier à raconter. J’étais dans mon rôle de talonneur. J’ai entendu cette année quelqu’un me dire: "Les mêlées sont beaucoup plus rares dans le rugby actuel". Je ne le nie pas évidemment. Mais j’invite à mesurer l’importance de chaque mêlée. La mêlée est dix fois plus importante qu’avant. Elles te font gagner une finale de championnat. Elles auraient dû nous faire gagner une finale de Coupe du monde. Une bonne mêlée peut te faire gagner le Tournoi des 6 Nations. C’est la vérité. Par le passé, les choses qui ont été construites l’ont souvent été grâce à la mêlée. Nos trois-quarts sont merveilleux, brillants, extraordinaires. Mais sans grande mêlée, tu ne gagnes pas un match.

À chaque changement d’entraîneur depuis le retour de Guy Novès, Toulouse a gagné un titre. Cela vous motive-t-il ?

W.S: Les statistiques ne me touchent pas. Ce sont les groupes qui font la qualité des équipes. Quand ils décident de se prendre en main, quels que soient les paramètres autour, leur détermination compte. Sur cette dernière mêlée, je l’étais. C’est mon rôle. C’est ce pourquoi je joue. C’est ma vie. J’ai vécu une Coupe du monde compliquée. Mais à un moment, le groupe s’est dit "aujourd’hui, on va exister". Et on a existé. C’est l’exemple que je peux donner. Je me souviens de mots de Jean-Pierre Rives. Des mots simples. Mais ils font comprendre que le destin d’une équipe lui appartient. C’est tellement simpliste que les gens peuvent en rire. Moi ça ne me fera jamais rire. Je suis convaincu et persuadé de ce que peut être la force d’un groupe. Quand dans ce groupe, il y a de grands hommes, il en résulte ce qui s’est passé samedi au Stade de France.

Retrouvez dans Midi Olympique ce lundi l'intégralité de l'interview de William Servat...