Florian Fritz - Toulouse Castres MArs 2012 - Icon Sport
 
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Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 13/03/2012 à 09:36 -
Par Rugbyrama - Le 13/03/2012 à 09:36
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée de Top 14. Là, ils reviennent sur la performance de Giteau, la chance saisie par Camara et Fritz, chouchou de Toulouse.

Racing-UBB: 22-13.- Léo HUISMAN

Il y a deux Racingmen dans l’équipe Midi Olympique de la semaine. L’ailier Juan Imhoff et le deuxième ligne Jone Qovu. C’est bien payé pour une équipe dont le rugby se joue à une passe, le jeu monolithique, pour une équipe qui gagne ses matchs à l’usure, à l’épuisement, qui étouffe ses adversaires pour les coiffer au poteau en fin de rencontre. Mais cela résume aussi l’état du Racing qui s’en remet aussi à ses individualités pour rester dans la course aux phases finales. L’ailier Imhoff n’en finit pas de surprendre. Repositionné à son poste de prédilection, il a livré un mano a mano époustouflant avec Connor, autre soliste génial, les deux joueurs apportant le danger à chaque prise de balle. Non moins grande a été la performance de Jone Qovu, impact player par excellence, rentré en cours de partie et qui a martyrisé la défense girondine par sa puissance de feu, ses raffuts distribués de ses bras en béton armé. 25 minutes ont suffi au fidjien pour récolter deux étoiles. C’est rare, mais elles sont amplement méritées.

Stade français-Lyon: 40-19. - Emilie DUDON

"Je voulais lui montrer que je n'étais pas seulement un joueur de Challenge européen". Titularisé pour la deuxième fois de la saison samedi contre Lyon, Djibril Camara avait des choses à prouver à Michaël Cheika. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a su saisir sa chance. Auteur de deux essais (15e et 75e), il a été le Parisien le plus en vue face au promu. Après un exploit individuel sur sa première réalisation, il a fait preuve d'une grande adresse sur la seconde, rattrapant au bond une passe au pied de Paul Warwick... son principal concurrent à l'arrière ! Formé au Stade français, le joueur de 22 ans n'est pas certain d'y rester. Alors que son contrat arrivera à son terme à la fin de la saison, il n'a pas encore reçu de proposition sérieuse de la part de ses dirigeants. Peut-être ce match changera-t-il la donne...

Perpignan-Toulon: 22-22.- Vincent BISSONNET

Samedi soir, aucune équipe n'a quitté la pelouse du stade Aimé-Giral en vainqueur, les Perpignanais accrochant, au courage, le partage des points. Mais un joueur est en revanche sorti grandi de cette rencontre : Matt Giteau. Si l'on ne doutait pas de ses talents, on pouvait se demander dans quel état d'esprit le Wallaby de 29 ans aux 94 sélections allait aborder ce challenge français et, encore plus, cette première titularisation à l'ouverture, en remplacement du prétendu irremplaçable Jonny Wilkinson. Sa réponse, sur le terrain : une prestation quatre étoiles avec accélérations et franchissements, passage de bras, gestion et jeu au pied millimétrés et 100 % dans les buts. Le tout réalisé avec une épatante aisance technique. "C'est un joueur de très haut niveau. Il était vraiment sur un nuage", s'enthousiasmait l'ailier sang et or Farid Sid au coup de sifflet final. Heureusement pour les Catalans, ses coéquipiers de la ligne de trois-quarts n'ont pas su bonifier ses coups d'éclat. En tout cas, avec un joueur aussi talentueux, Toulon s'annonce plus que jamais comme un dangereux outsider dans la course au titre.

Agen-Clermont: 20-29. Nicolas AUGOT

Il serait certainement titulaire dans un bon nombre de clubs de Top 14. Mais l'ailier Brent Russell est ce qu'on appelle un « second couteau » dans l'effectif clermontois. Une doublure dans le meilleur des cas, car Vern Cotter dispose de joueurs de classe mondiale au poste d'ailier et d'arrière. Sivivatu, Malzieu, Byrne pour citer les valeurs sûres, sans oublier les jeunes qui montent Nakaitaci, Buttin et Murimurivalu. Il enfile donc le maillot quand les absents sont nombreux, comme ce samedi à Agen. Comme depuis le début du Tournoi puisqu'il vient d'enchaîner quatre feuilles de match pour la première fois de la saison. Et comme à chaque fois, Brent Russell a répondu présent en inscrivant l'essai qui a permis de distancer le SUALG en début de deuxième mi-temps. Une efficacité qui fait de lui un remplaçant de luxe avec quatre essais inscrits en huit matchs de Top 14 cette saison. Une statistique qui doit impressionner plus d'un ailier du championnat. Surtout, elle permet de rappeler que le Sud-africain, 32 ans depuis le 5 mars, présente un CV impressionnant avec 23 sélections chez les Springboks pour huit essais inscrits entre 2002 et 2006. Brent Russell pourrait prétendre à un autre statut dans notre championnat. Pourtant, il assume sans rechigner le rôle que lui a attribué Vern Cotter. Et son dévouement n'est pas étranger aux bons résultats de Clermont, même quand les titulaires font défaut.

Toulouse-Castres: 34-24.- Bruno FABIOUX

Les supporters du Stade toulousain ont de multiples chouchous. Chacun pour des raisons diverses et variées. Le plus récent est Timoci Matanavou. Pour des raisons évidentes, liées à la fois à sa vitesse, sa décontraction, sa proximité avec les gens... Juste avant lui, il y a eu Luke McAlister et ses éclairs de génie de début de saison. Il y a les "valeurs sûres", qui doivent pour la plupart à leur ancienneté, leur statut d'international ou leur "éducation maison" : William Servat, Jean-Baptiste Poux, Pato Albacete, Romain Millo-Chlusky, Yoann Maestri, Greg Lamboley, Titi Dusautoir, Jean Bouilhou, Yannick Nyanga, Yann David Yannick Jauzion, Vincent Clerc, Yves Donguy, Clément Poitrenaud, Maxime Médard... Les "valeurs montantes", symbolisées par Gillian Galan, "match winner" samedi dernier après qu'il l'avait déjà été au Stade de France face au Racing-Metro, le 28 janvier. Et il y a Florian Fritz, huit saisons déjà en rouge et noir. A force d'être oublié par les "gens du haut niveau", "Flo" est devenu le chouchou le plus dorloté du moment à Ernest-Wallon. Non que les autres soient boudés, mais chaque prise de balle du centre international est, depuis cette saison, portée aux nues. Samedi, face à Castres, il a marqué le troisième essai toulousain, au bout d'une course rectiligne vers les poteaux où il a semblé qu'aucun obstacle au monde eut pu l'empêcher de marquer. Son prénom a été immédiatement scandé, une bonne minute durant. Faut-il voir un lien de cause à effet dans le fait que deux jours plus tard, Philippe Saint-André l'a convoqué pour aller affronter le pays de Galles samedi prochain? Le patron du XV de France n'a pas eu besoin d'attendre samedi dernier pour connaître la valeur de Florian Fritz. Même si, paradoxalement, il ne l'avait pas pris dans le groupe des trente d'avant-Tournoi et avait alors convoqué son coéquipier Yann David. Il ne reste plus à lui souhaiter que le public de France l'adopte de la même manière que celui de Toulouse.

Biarritz-Brive: 26-11.- Jérôme PREVOT

Dimitri Yachvili avait toute la pression du monde sur les épaules pour son retour à Aguiléra. Entre les supporters de l'équipe de France qui le réclamaient à corps et à cris sous le maillot bleu en criant au scandale et ceux du BO qui attendaient de lui qu'il sauve le club, il fallait avoir un mental en acier trempé. "Yach" a été moins flamboyant que contre Bordeaux, le BO a un peu bafouillé son rugby malgré les quatre points, mais le Phénix de Biarritz a réussi un cent pour cent au pied, et une passe décisive, presque discrètement. Plutôt mitigé sur le contenu du match dans ses propos, le "Père la Victoire" n'avait pas besoin d'en faire des tonnes pour mener ses troupes au succès.  

Montpellier-Bayonne: 37-26.- Grégory LETORT

Il vit dans l'ombre et il ne s'en désole pas. "Chacun est à sa place". Didier Bès, entraîneur des avants de Montpellier ne cherche pas la lumière. Il vit pour le terrain, pour le jeu de rugby et pour le MHR. Aucunement pour flatter son ego. Didier Bès, homme discret mais homme de base. Il était capitaine quand Montpellier est monté du Pro D2 en 2003. Il était entraîneur quand le club passait une saison à combattre pour le maintien dans l'antique stade de Sabathé. Montpellier dans le coeur. Galthié et Béchu sont arrivés en 2010 mais il est resté. Encore plus discret mais d'évidence toujours précieux. Et puis samedi contre Bayonne, le destin a voulu que Didier Bès touche les dividendes de son investissement, de sa flamme. Galthié retenu par son contrat avec France Télévisions, Béchu en convalescence : Didier Bès s'est retrouvé en première ligne. Sans que le MHR n'en souffre : victoire contre Bayonne. A la fin, il a rendu hommage à Eric Bechu, observateur devant sa télévision, qui avait glissé ses conseils tout au long du match. Il a rendu aussi hommage a ses joueurs, disant seulement le minimum au sujet de lui-même. Quelques mots - plaisir, fierté, responsabilité - rien d'extravagant. Son quart de gloire était passé. Qu'importe, il restait son sourire : "Je n'aime pas trop le soleil, ça me fait rougir". Chacun est à sa place. C'est aussi parce qu'il est à la sienne que Montpellier est désormais quatrième du Top 14...