Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée de Top 14. Là, ils reviennent sur le vice sur l'essai de Galan, le carton rouge de Yoann Huget et la classe de Regan King.

 
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Racing-Toulouse: 13-19. Léo HUISMAN

A quoi tient une rencontre de haut niveau ? "Un détail" vous répondra du tac-au-tac un racingman, Pierre Berbizier, le manager en tête. A la vu du Racing-Toulouse de samedi au Stade de France, on ne peut pas lui donner tout à fait tort. Pas lui donner tout à fait raison non plus. Que serait-il advenu au Racing si, en première période, Toulouse dominant outrageusement, n’avait pas fait tomber autant de ballon. 16 au total, sur la seule première mi-temps, annihilant à chaque fois leurs actions d’envergure. "Sans main, pas de jeu de toulousain", nous soufflait un collègue en tribune de presse. Sans main, mais pas sans vice. Le Stade mené, s’est extrait du bourbier de Saint-Denis par une pirouette: l’essai de Galan, beau gaillard celui-là, a été rendu possible par une main invisible qui retenait le flanker Jacques Cronje dans la mêlée. Le sud-africain, incapable de défendre, Lorée déjà glissé, vers McAllister, Chabal trop loin, Galan s’en est allé et Toulouse a gagné. Sur un détail.

Lyon-Agen: 19-11. Sébastien FIATTE

Les Agenais ont perdu beaucoup de ballons au contact et dans les rucks samedi à Lyon (défaite 11-19). Le ballon était glissant mais ce n'est pas la seule explication pour le 2e ligne du Lou Arnaud Marchois. "L'accent avait été mis sur le combat et nous avons été constants pendant quatre-vingt minutes, souligne l'ancien parisien. Dans l'équipe, plusieurs joueurs ont des gros bras, à l'image de Sisa Koyamaibole". Le 3e ligne et international fidjien a également inscrit le seul essai de la rencontre, son premier en Top 14 sous le maillot lyonnais.

Castres-Biarritz: 29-23. Jérôme PREVOT

A Castres, nous avons découvert un talent naissant: Romain Martial, superbe ailier dans le style d'un John Kirwan. Il a réussi un sprint magnifique de soixante mètres sur une interception qui a débloqué la rencontre. C'est aussi lui qui fut à la conclusion du mouvement magnifique qui permit aux Castrais de prendre le score juste avant la pause. Cet homme a des qualités offensives hors normes, on pourrait presque regretter qu'il n'est pas eu l'occasion de les montrer plus tôt dans l'Elite. Le joueur formé à Brioude en Fédérale 3 et passé par Clermont a dû signer à Narbonne en pro D2 pour montrer vraiment ses qualités. Et pourtant, il fut champion de France espoirs mais le club auvergnat ne daigna pas l'inscrire sur la liste du Challenge Européen...Dommage mais c'est désormais le lot des grands clubs que de laisser partir de jeunes talents prometteurs, barrés qu'il sont par des vedettes venues de lointains horizons.

Toulon-Bayonne: 50-10. Guillaume ALBERTO

On ne saura jamais ce qu’il serait advenu de ce Toulon-Bayonne si Yoann Huget ne s’était pas fait expulser par M.Cloute à la 26e minute de jeu. Mais comment en est-on arrivé là ? Le match a tout de suite été tendu avec quelques accrochages entre les acteurs des deux équipes et cette sensation du "ça va finir par dégénérer" qui s’est vite installée en tribune. Cela n’a pas manqué. 25e minute de jeu, M.Cloute siffle mais tous les joueurs ne l’entendent visiblement pas. Mathieu Bastareaud reçoit le ballon au centre du terrain et Abdellatif Boutaty ne freine pas sa course et le plaque. Les deux hommes s’accrochent au sol, vite rejoints par la plupart de leurs coéquipiers. A quelques mètres de là, Yoann Huget et Benjamin Lapeyre se chamaillent mais aucun coup ne part. Hormis un coup de tête du bayonnais qui n’atteint d’ailleurs pas sa cible. L’arbitre de touche à tout vu. Il appelle son arbitre terrain qui décide de donner carton jaune à Mathieu Bastareaud et carton rouge à Yohann Huget, puni pour avoir tenté le geste même s’il n’a pas touché son vis à vis. L’ailier basque sort sous la bronca de Mayol, lui qui revenait tout juste de suspension pour manquement au règlement antidopage. Il regrettera fortement son geste après la rencontre mais le mal était déjà fait. A quatorze durant une heure, Bayonne a craqué en fin de partie avec quatre essais encaissés dans les vingt dernières minutes.

Montpellier-Stade français: 38-6. Emilie DUDON

Ce fut l'action la plus spectaculaire week-end, probablement l'un des plus beaux essais de ce Top 14 2011-2012. A la 40e minute de jeu, le Stade français a l'occasion de revenir à égalité 6-6 après avoir décroché une pénalité en mêlée. Sur la ligne médiane, Dupuy s'avance et tape. La distance est là mais pas tout à fait la direction et le ballon rebondit sur le poteau. Nagusa aplatit dans son en-but. Et envoie immédiatement la balle à Trinh-Duc, afin qu'il joue vite le renvoi aux 22 mètres. Cette tactique, travaillée et retravaillée aux entraînements depuis la défaite à domicile contre Toulouse, va de nouveau faire des miracles. L'ailier fidjien met les gaz, appelle son ouvreur et récupère une passe au pied millimétrée. Balle à une main, il échappe à plusieurs défenseurs et entre dans le camp adverse. Combezou est au relais, crochète et sert Ouedraogo sur l'extérieur. Le deuxième ligne Gorgodze, lui aussi, est au soutien mais le capitaine montpelliérain donne à l'autre ailier, Bustos-Moyano, qui finit le travail et aplatit entre les poteaux. De la vitesse, de le justesse, de l'audace... Bref, du grand art. Sauf que. A y regarder d'un peu plus près, l'action n'est pas valable. En effet, Nagusa était hors-jeu au début de l'action, parti devant la passe au pied de son ouvreur. Mais M. Rebollal, qui était dos à l'action en raison de la tentative de pénalité de Dupuy, et ses arbitres de touche, qui se trouvaient encore derrière les poteaux, ne l'ont pas vu. Faut-il le déplorer ou s'en réjouir ? Chacun se fera sa propre opinion. Les Parisiens, qui parlent du tournant du match, ont forcément des regrets. Mais on est quand même tenté de penser qu'il aurait été dommage de se priver de ce moment de perfection. Ils se font tellement rares dans le rugby d'aujourd'hui.

Brive-Perpignan: 17-9. Vincent BISSONNET

Au coup de sifflet final de cette nouvelle désillusion, les Perpignanais, désormais relégués au onzième rang, se plaignaient du comportement des Brivistes: trop insultants, trop agressifs, trop vicieux, à les entendre... A quelques mètres du vestiaire catalan, leurs adversaires se congratulaient, de leur côté, pour leur domination dans les zones de combat et d'affrontement. La conclusion, vous pourrez la tirer de vous-mêmes: les Corréziens ont remporté, au forceps, au courage, cette rencontre étiquettée lutte pour le maintien. Une conclusion, les Sang et Or devront aussi en tirer une après cette leçon de survie: le talent ne suffit pas quand la confiance fuit. Les Catalans, reconnus pour leur valeurs de combativité, doivent au plus vite retrouver ce supplément d'âme pour sauver leur peau dans ce Top 14 de tous les dangers. Car les prouesses de Hook, les fulgurances de Mermoz et les coups de pied de Porical ne pourront, à eux seuls, assurer le maintien de l'Usap. Une mêlée dominatrice, un tempérament de guerrier et une abnégation de chaque instant les aideront grandement pour cette mission.

Bordeaux-Bègles-Clermont: 10-17. Marc DUZAN

On ne dit pas assez tout le bien que l'on pense de Regan King, le trois-quarts centre de l'ASMCA. De même, on ne comprend toujours pas comment cet attaquant racé, ce joueur à la passe millimétrée et aux angles de course judicieux ait pu connaître une saison blanche au Stade français, en 2005, lors de son premier passage en championnat de France. Samedi soir, à Bordeaux (10-17), l'ancien All Black (une sélection et un essai face au pays de Galles, en 2002) fut, en l'absence d'Aurélien Rougerie et Wesley Fofana, de toutes les offensives auvergnates. A Chaban, son entente avec Sitiveni Sivitau fit même des ravages dans la défense béglo-bordelaise. "Sur le terrain, a-t-il coutume d'expliquer, je suis la deuxième paire d'yeux de Brock (James, N.D.L.R.)." En choisissant King, "l'homme aux caviars" (dixit Fofana), Vern Cotter et Franck Azéma ne se sont pas trompés. A Bordeaux, le Roi, c'était bien Regan.

 - Rugbyrama
 
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