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Top 14

Le tour de Midi Olympique

Le tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 13/09/2011 à 18:22 -
Par Rugbyrama - Le 13/09/2011 à 18:22
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la dernière journée du Top 14. Ils mettent en avant la troisième ligne biarrote, la performance de Buttin ou les sifflets à l'encontre de Laharrague.
 

Perpignan-Brive : 12-9. Vincent BISSONNET

Incontestablement, Nicolas Laharrague ne méritait pas, loin de là, trois étoiles pour sa prestation face à Brive : des coups de pied de déplacement maladroits, deux drop-goals dévissés, des options tactiques regrettables sur des occasions d'essai... En clair, l'ouvreur catalan a vécu 66 minutes très compliquées sur la pelouse du stade Aimé-Giral. Mais probablement ne méritait-il pas non plus la bronca et les sifflets accompagnant sa sortie du terrain. Imprévisible pour le meilleur comme pour le pire, le demi d'ouverture perpignanais s'apparente à un insaisissable électron libre aux yeux des supporters sang et or. Mais si on peut effectivement lui reprocher son irrégularité et ses errements, il n'en reste pas moins un joueur au flair et au caractère unique, capable des plus belles fulgurances. On ne porte pas le maillot d'un des plus grands clubs français, pendant dix ans, par hasard...

Biarritz-Castres : 18-23. Simon VALZER

Biarritz, vendredi soir. Un beau soleil estival avait remplacé les pluies diluviennes de la semaine précédente. Une éclaircie que l'on aurait pu interpréter comme un signe annonciateur : Biarritz allait enfin lancer sa saison et remporter sa première victoire en cette troisième journée de championnat. L'éclaircie fut malheureusement de courte durée : quatre-vingt minutes plus tard, les Biarrots enregistraient une nouvelle défaite face à un adversaire tout simplement meilleur. Meilleur dans l'animation, plus réaliste, et surtout plus sûr de lui. Vendredi soir, vendredi noir. Une lueur vint toutefois percer cette grisaille. Celle-ci émana de la troisième ligne biarrote qui, du haut de ses vingt ans, a montré la voie aux siens. Exemplaires de vaillance et de ténacité, les trois minots se sont démenés comme des beaux diables pour faire basculer leur équipe dans la réussite. Titularisé sur le côté ouvert, Tanguy Molcard a remué de la viande castraise toute la soirée. Sa première victime fut d'ailleurs l'excellentissime Chris Masoe. Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de Rémi Talès de payer cash la seconde de trop qu'il mit à réaliser sa passe : celle-là même qui permit au blondinet apprenti osthéopathe de vérifier si les côtes de l'ouvreur castrais étaient bien solides. Côté fermé, Wenceslas Lauret a également abattu un gros travail dans les rucks, où il passa le plus clair de son temps, et offrit un soutien précieux à une ligne de trois-quarts qui peine à faire ses gammes. Enfin, et même s'il fut moins rayonnant que la semaine dernière face à Agen, le jeune Taelelei Gray a tout de même donné du fil à retordre à la défense castraise par ses charges toujours efficaces. En résumé, même si elle est orpheline de ses pointures internationales (Lakafia, Harinordoquy, E. Lund), la troisième ligne biarrote ne connait pas la crise... elle.

Toulouse-Racing : 41-36. Bruno FABIOUX

Il s'est joué samedi, au Stadium de Toulouse, certainement un des plus beaux matchs de rugby de la décennie. Entre deux monstres sacrés du rugby français, le Stade toulousain, dix-huit Boucliers de Brennus et quatre Coupe d'Europe au compteur, et le Racing-Metro, hier Racing Club de France, cinq fois titré en championnat. Rencontre d'autant plus appréciée qu'elle faisait suite à deux week-ends de disette en matière de beau jeu depuis le coup d'envoi du Top 14 et était programmée quelques heures après un début laborieux du XV de France face au Japon en Coupe du monde. Toulouse s'est découvert un nouveau chouchou, l'ouvreur néo-zélandais Luke McAlister, a vu à l'oeuvre un des grands joueurs de demain, Gillian Galan, apprécié un capitaine exemplaire, Yannick Nyanga, retrouvé une ligne d'attaque formidable, avec un Clément Poitrenaud, un Yannick Jauzion, un Florian Fritz, un Yann David, qui ne dépareilleraient sûrement pas au Mondial qu'on joue parallèlement en Nouvelle-Zélande. Seule ombre au tableau : un Stadium un peu plus qu'à moitié rempli (20.184 spectateurs, pour une contenance de 35.472). Alors, même si on n'a pas en main toutes les données de faisabilité, on se dit : pourquoi ne pas ouvrir un guichet à un, deux, cinq ou dix euros, voire dégager des sièges "gratos" pour les chômeurs, les "Rsaistes", histoire de remplir le stade. Même si l'ambiance de samedi, "décibelement" parlant, était celle des grands jours. Mais tous ces sièges vides...

Stade français-Montpellier : 19-19. Léo HUISMAN

Il y avait peu de monde, vendredi soir à Charléty, à peine 6000 âmes s’étaient déplacées porte de Gentilly. Il y avait peu de monde, mais il y avait du beau monde. Aperçu, Christophe Dominici, qui ne sera pas manager de Toulon –l’ancien ailier international passe en ce moment ses diplômes de manager à l’université de Limoges-. Caché, mais bien présent, Max Guazzini, qui a confié sur son compte Twitter être venu incognito. Bel et bien présent Raphaël Poulain, en pleine tournée de promotion pour son autobiographie « Quand j’étais Superman » sortie la semaine dernière. Le « Lomu Blanc » qui nous confiait après la rencontre, ne plus pouvoir livrer d’analyse technique d’un match, mais qui voyait dans ce Stade français-là quelques motifs d’espoir, pour l’avenir. « Je suis venu voir mon pote, Pierre Rabadan. Après le match nul, il était décomposé, malgré l’énorme partie qu’il venait de produire. Pour lui, c'était deux points de perdus. Je vois le Stade en pleine reconstruction. J’espère que le club va s’appuyer sur Pierre, sur Julien Dupuy, sur Jérôme Fillol. Ce sont des mecs « bonnards », ce sont des mecs fidèles. Ils incarnent encore ces valeurs du rugby si souvent dévoyées. Avec eux, le nouveau Stade français peut aller très loin. Il ne faudrait pas s’en passer. »

Bayonne-Toulon : 12-12. Jérôme FREDON

Ils ont tellement joué pour ne pas perdre que ni l'Aviron bayonnais, ni le Rugby club toulonnais ne l'ont emporté. Dans un match placé sous haute tension, l'enjeu a donc logiquement pris le pas sur le jeu. Aucune action construite digne de ce nom, des fautes de main à la pelle et des acteurs paralysés par la peur. Ce Bayonne-Toulon version 2011-2012 restera dans les annales comme un sommet de d'ennui et de médiocrité.

Clermont-Bordeaux-Bègles : 34-6.  Benjamin POMMIER

« Si cela continue, il va rapidement me pousser dehors », plaisantait Anthony Floch au sujet de Jean-Marcellin Buttin après la belle victoire à Toulon. Tranchant, présent sous les ballons hauts et auteur du seul essai de la rencontre à Mayol, le jeune arrière clermontois avait vécu une première titularisation rêvée. Vendredi soir au Michelin, Buttin a débuté sur le banc de touche laissant sa place à son aîné. Mais, diminué par une blessure récurrente aux adducteurs, Floch n’a tenu que vingt minutes. Le tableau d’affichage affichait alors 6-0 et les jaune et bleu peinaient à développer leur jeu. Et puis Buttin est entré en jeu. Et puis Buttin a pris ses responsabilités et fait parler sa fougue et son enthousiasme. Un petit coup de pied par-dessus la défense et une touche jouée rapidement avec Lionel Faure plus tard, voilà l’ASM qui mène désormais 20 à 3 à la mi-temps. Le break est fait. Sous l’impulsion d’un Jean-Marcellin Buttin tout feu, tout flamme, les Auvergnats se dirigent vers leur troisième victoire de rang. Une première depuis 1992. Histoire de première toujours, l’ovation rendue par les supporters du Michelin à leur jeune arrière scandant son nom pendant le match.

Agen-Lyon : 24-18. Nicolas AUGOT

Douze points chacun. Pas question de faire un jaloux à Agen. Conrad Barnard et Valentin Courrent, les buteurs et ouvreurs du SUALG ont assuré la victoire des leurs face à une équipe de Lyon très bien en place et opportuniste sur ses rares phases offensives. Deux cannoniers ne sont pas de trop dans les rangs lot-et-garonnais car ils doivent, depuis le début de la saison, assurer le capital points d'une équipe toujours en rodage sur le plan offensif (seulement deux essais inscrits lors de la première journée à Brive). Et les deux hommes, pourtant en concurrence, se montrent intelligents et compréhensifs face à la situation actuelle où chacun pourrait revendiquer une place de titulaire tant leur niveau de jeu semblent proches.

 
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