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RUGBY - TEST - FRANCE / NOUVELLE-ZELANDE - Jefferson Poirot : "On a un gros problème d’efficacité"

Poirot : "On a un gros problème d’efficacité"

Le 09/11/2017 à 18:41Mis à jour Le 09/11/2017 à 18:59

TEST-MATCH - Titulaire samedi soir (20h45) face aux All Blacks, Jefferson Poirot (25 ans, 11 sélections) nous confie son ras-le-bol face au manque de résultats du XV de France. Pour le pilier de l’UBB, les Bleus doivent montrer aux autres nations qu’il faudra bien compter avec eux lors de la Coupe du monde 2019 au Japon.

Jefferson, après une tournée d’été difficile en Afrique du Sud, le public se demande où en est le XV de France…

Jefferson Poirot : Ça fait deux ans qu’on est sur le nouveau projet. Je trouve qu’il y a une progression. Après, il y a eu un accident en Afrique du Sud, c’est sûr. Il faut valider et être focus sur la Coupe du monde. Le projet est digéré. Maintenant, il faut passer à l’action. On a deux belles années qui nous attendent.

Mais cela signifie-t-il que vous n’avez plus droit à l’erreur ?

J. P. : Il y a eu deux ans d’adaptation. Aujourd’hui, tout le monde a envie d’avoir des résultats. On a beaucoup de joueurs ambitieux. On a conscience de notre niveau sur les deux dernières années mais on a également conscience d’avoir fourni énormément d’efforts et de ne pas avoir été récompensés. On veut performer.

" (Les nouveaux) se posent très peu de questions"

Ce match face aux All Blacks peut-il être un tournant du mandat de Guy Novès ?

J. P. : On va passer au révélateur néo-zélandais. On n’a pas forcément plus de pression que cela à part l’exigence de faire quelque chose de bien sur le contenu. Il faut marquer les esprits en ayant une victoire forte à notre tableau de chasse. On ne passe pas souvent loin des grandes équipes mais maintenant, il faut gagner. C’est le mot : gagner ! Je n’aime pas trop parler de retard mais on doit montrer aux autres nations qu’on est là et qu’on ne travaille pas pour rien.

L’équipe alignée samedi soir ne sera-t-elle pas handicapée par son inexpérience ?

J. P. : Ce n’est pas parce qu’on est nouveau, qu’on ne doit pas penser à gagner. On voit une génération de jeunes joueurs qui brillent en Top 14 et qui se retrouvent directement en équipe de France. Pourquoi ne brilleraient-ils pas au niveau international ? Ce sont des joueurs qui se posent très peu de questions.

Jefferson Poirot, à Marcoussis, "plaqué" par des enfants de l'école de rugby de Pontlieu - 4 novembre 2017

Jefferson Poirot, à Marcoussis, "plaqué" par des enfants de l'école de rugby de Pontlieu - 4 novembre 2017Getty Images

Ils arrivent à ne pas trop penser au mythe des All Blacks ?

J. P. : On ne s’attarde pas trop sur la réputation d’une équipe. On est plutôt focus sur les aspects techniques. Elle a identifié très peu de failles mais on les a quand même détectées. On va essayer de s’y engouffrer. D’entrée, il faudra montrer des signes forts, en conquête ou sur un plaquage.

" La gagne, ça commence à devenir une obsession. Maintenant, il faut y aller comme des malades"

Guy Novès semble très satisfait de votre semaine d’entraînement. On vous sent prêts…

J. P. : Il y a des signes plutôt encourageants mais il faut valider. On vit très bien, on est un groupe qui s’entraîne très bien mais on ne peut pas rester à ce niveau. On tirera des conclusions après ce premier test. On saura si on est dedans ou pas. Mais c’est vrai qu’on récite bien... On connaît notre stratégie pas cœur mais l’agressivité par exemple, ce n’est pas à l’entraînement qu’on la travaille. Sur les deux jours qui restent, on va devoir monter individuellement en agressivité pour ce choc.

On ressent dans vos propos une forme de ras-le-bol de ne pas arriver à basculer dans une spirale positive…

J. P. : Oui, il y a un ras-le-bol. Je vais revenir sur l’Afrique du Sud. On perd trois fois, avec trois grands écarts et en terme d’occasion franches, on est à cinq pour la France et quatre pour les Springboks. Aujourd’hui, on a un gros, gros problème d’efficacité. Dans le contenu, il y a des choses très bien, mais on n’arrive pas à gagner ces matches. La gagne, ça commence à devenir une obsession. Maintenant, il faut y aller comme des malades.

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