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Jerome Kaino, le bout du tunnel

Kaino, le bout du tunnel

Le 03/11/2017 à 14:46Mis à jour Le 03/11/2017 à 15:08

TEST MATCH - De nouveau titulaire à l'aile de la troisième ligne néo-zélandaise pour affronter les Barbarians britanniques, le destructeur Jerome Kaino signe son retour après plusieurs mois de galère. Et il ne cache pas son impatience de tourner définitivement la page.

Sa dernière sélection ne remonte pourtant qu'au 8 juillet dernier, mais les mois ont dû lui paraître longs comme des siècles. Ce samedi, l'emblématique flanker All black Jerome Kaino retrouvera enfin "son" maillot noir frappé du numéro six dans le dos. Enfin. Car cinq mois, c'est long. Surtout quand vous prétendez à une sélection avec l'équipe la plus concurrentielle du monde, et d'autant plus à un poste où les joueurs de classe mondiale poussent sur les arbres, en Nouvelle-Zélande.

Pendant cette courte période, le destroyer des Auckland Blues a été le spectateur impuissant des performances majuscules de deux hommes, encore inconnus l'année dernière : Liam Squire et Vaea Fifita, qui se sont tous deux illustrés par une vitesse, une puissance et une adresse hors-norme. Ajoutez encore l'excellent Sam Cane, l'infatigable Matt Todd et le percutant Ardie Savea, et vous aurez à peu près une idée de l'ahurissante concurrence au poste de flanker chez les Blacks.

Le troisième ligne Sam Cane (Nouvelle-Zélande) plaqué Damian De Allende (Afrique du Sud) - 24 octobre 2015

Le troisième ligne Sam Cane (Nouvelle-Zélande) plaqué Damian De Allende (Afrique du Sud) - 24 octobre 2015AFP

Alors oui, Jerome Kaino est soulagé de retrouver sa place. Il l'a déclaré cette semaine, en conférence de presse : "L'opportunité que l'on me donne de jouer ce week-end est très spéciale pour moi." Aussi, sa 83ème sélection gardera une place à part dans sa mémoire. Car si la carrière du géant né aux Samoa américaines a soudainement été mise entre parenthèses, ce n'est pas pour des raisons sportives. Kaino n'a jamais déçu sur le terrain. Mais en dehors, il a déçu l'intransigeante opinion publique néo-zélandaise et surtout son staff, qui a décidé de l'écarter du groupe à la veille d'un choc de la Bledisloe Cup, en août dernier.

Une relation extra-conjugale avec un mannequin australien

La raison ? Les révélations du journal australien The Daily Telegraph, à propos d'une relation extra-conjugale du flanker avec un mannequin australien, Tara Pokarier, avec photos à l'appui. Un nouveau dérapage après celui d'Aaron Smith, surpris après avec une femme autre que sa compagne dans les toilettes d'un aéroport que la NZRU n'a pu tolérer.

" J'ai encore beaucoup de rugby en moi"

Résultat, le géant a quitté immédiatement le groupe, et est rentré en Nouvelle-Zélande auprès de sa femme ( "Dévastée", selon un message qu'elle avait posté sur les réseaux sociaux) et de ses trois enfants. La suite, vous la connaissez. Le Four Nations, Squire, Fifita... Et pendant ce temps là, Kaino encaissait plus de coups qu'il n'en avait jamais donné : "Oui, ce fut l'une des périodes les plus dures de ma carrière, et de ma vie. Heureusement, les coachs et mes partenaires m'ont soutenu et m'ont aidé. Je travaille toujours sur moi mais cette semaine je me concentre sur mon rugby. Ce fut dur, mais j'ai géré cette affaire loin du terrain et de l'équipe. La fédération a aussi été bonne envers moi. Cela va prendre du temps. C'est un processus en cours."

Kaino a donc connu des mois sombres. Au point de ne pas vraiment réaliser ce qu'il se passait sur le terrain en son absence : "Je dois vous avouer que j'ai été très occupé avec d'autres affaires en dehors du rugby et je n'ai pas vraiment vu les matchs de mes coéquipiers. Je ne dirais pas que j'étais frustré, mais j'aurais aimé jouer un peu plus. Heureusement, j'ai pu continuer à m'entraîner avec le groupe et cela m'a beaucoup aidé."

Jerome Kaino, le troisième ligne des All Blacks - 8 novembre 2014

Jerome Kaino, le troisième ligne des All Blacks - 8 novembre 2014Icon Sport

Aujourd'hui, Kaino espère que le plus dur est passé. Et souhaite juste montrer que malgré ses 34 ans et ses onze années de carrière internationale, il a encore beaucoup à donner : "J'ai encore beaucoup de rugby en moi. J'ai toujours l'envie de travailler dur tous les jours et même me battre pour gagner ma place, comme je l'ai fait au cours de ces dernières semaines." Qu'on se le dise, l'équarrisseur d'Auckland n'a pas fini de sévir...

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