Icon Sport

6 NATIONS - Analyse technique: Comment le XV de France peut-il battre l'Angleterre ?

Comment la France peut-elle battre l'Angleterre ?

Le 16/03/2016 à 11:14

TECHNIQUE - Défait par l’Ecosse, inquiétant dans de multiples secteurs, le XV de France va défier l’Angleterre. Quels seront les clefs d’un match capital? Notre avis et nos réponses.

Un rendez-vous nommé "Crunch" en guise de cerise sur le Tournoi et une rencontre qui s’annonce, déjà, comme un rendez-vous capital de l’ère Novès. Un France-Angleterre pour sauver un premier Tournoi décevant et pour priver notre ennemi séculaire d’un Grand Chelem qui lui tend les bras. Ne le cachons pas, cela s'annonce très dur pour le XV de France. Mais la mission n'est pas impossible.

Relever la tête en mêlée

Greig Laidlaw prêt à introduire en mêlée lors d'Ecosse-France

Greig Laidlaw prêt à introduire en mêlée lors d'Ecosse-FranceIcon Sport

Si les mêlées sont peut-être moins déterminantes qu’il y a quelques années, cette phase de jeu est le point de départ de tous les affrontements. Si les Bleus sont dominés dans ce secteur, l’ascendant psychologique sera anglais. Et les buteurs capables de sanctionner le XV de France par des points. Face à des spécialistes comme Marler (ou M. Vunipola), Cole (4 pénalités obtenues en mêlée en autant de matches) ou même Brookes, le défi s’annonce immense. Et capital. La pression du match repose en partie sur la capacité de Slimani et Poirot de contenir la mêlée blanche.

Gagner le premier duel face à Vunipola

Comme toute les équipes, l’Angleterre doit gagner la ligne d’avantage pour mettre son système de jeu en place. La clef de cette avancée repose sur un joueur tout à fait unique: Billy Vunipola. Son physique, comme ses statistiques, sont hors du commun.

Il est à la fois le joueur qui bat le plus de défenseur dans ce Tournoi juste après North (20 défenseurs battus contre 21 pour l’ailier gallois), celui qui porte le plus de fois la balle pour l’Angleterre (54 courses) et celui qui gagne le plus de fois la ligne d’avantage. En résumé, le joueur qui avance toujours depuis le début de ce Tournoi. Attention toutefois, B. Vunipola a beaucoup été utilisé en leurre face à l’Irlande. Un moyen d’user les défenses et de jouer avec les nerfs des plaqueurs.

Billy Vunipola, le numéro 8 de l'Angleterre

Billy Vunipola, le numéro 8 de l'AngleterreIcon Sport

Une feinte toujours très efficace, car le joueur est redoutable. La capacité du numéro huit des Saracens à casser le premier plaquage est déterminante: battre le premier défenseur pousse la défense à compenser une première faute et donc à commettre des erreurs sur le replacement et/ou la circulation des joueurs. Si Joseph ou Watson ont le talent, si Haskell à la puissance, si Robshaw est le leader défensif, si Farrell et Ford sont les cerveaux de cette formation, il est évident que pour avoir la moindre chance de résister à l’Angleterre, le XV de France devra museler Billy Vunipola avant tous les autres.

Forcer Farrell et Ford à défendre

Pousser les joueurs créatifs à laisser de l’énergie et de la lucidité dans les basses oeuvres défensives n’est pas une stratégie révolutionnaire. Mais les Bleus pourraient être bien inspirés de mettre Ford et Farrell dans une situation d’inconfort. Pour ça, deux choses: tenir le ballon et mettre en place une stratégie permettant d’isoler l’ouvreur et son premier centre, puis d’attaquer la zone entre les deux joueurs.

Deux missions délicates… Car le système défensif anglais est construit autour de la protection de son maitre à jouer. Ford depuis le début du 6 Nations? 5 plaquages par match et 83% de réussite en défense. Des chiffres modestes qui s’expliquent. Si Ford est épargné en défense, il le doit en grande partie à un duo mobile et courageux: Itoje et Haskell. Les deux joueurs sont utilités grand côté afin de protéger au maximum le numéro 10. Ford est même parfois invité à décrocher du premier rideau.

Owen Farrell et George Ford (Angleterre) - 14 février 2016

Owen Farrell et George Ford (Angleterre) - 14 février 2016Icon Sport

En revanche, cette organisation qui vise à préserver Ford pousse le système de montée anglais à ne pas être trop agressif. Cela oblige alors Farrell à beaucoup défendre. Avec ses 34 plaquages en 4 matches, il se situe assez haut dans les listes des meilleurs plaqueurs anglais. Le centre avait été clairement visé par l’Ecosse ou le pays de Galles mais il a su, pour le moment, répondre présent. Seulement, gare à l’excès de confiance. Replacé au centre, Farrell est capable de se trouer (un peu au moins), comme face à l’Irlande: 66% de réussite au plaquages (6/9).

Soigner l’entame

C’est pour le moment l’aspect le plus étrange de cette équipe de France. Si l’on occulte la bonne entame des Bleus face à l’Ecosse, le XV de France a toutes les peines du monde à exister durant les 30 premières minutes d’un match. Exemple face à l’Italie (60 minutes compliquées), l’Irlande (30 minutes à défendre et des chiffres affolants, 20% de possession, 20% d’occupation), le pays de Galles… Tout le contraire du XV d’Angleterre qui a su gagner son bras de fer face aux Diables rouges dès le premier acte.

Maxime Medard (XV de France) face au pays de Galles - 26 février 2016

Maxime Medard (XV de France) face au pays de Galles - 26 février 2016AFP

0
0