Serge Betsen, un engagement toujours incroyable - Droits: sergebetsenacademy par Frédérique Gérenton - Other Agency

Serge Betsen: "Un plaisir de donner un peu de mon temps pour les autres"

Betsen: "Un plaisir de donner un peu de mon temps pour les autres"
Dernière mise à jour Le 27/07/2014 à 21:37 - Publié le 27/07/2014 à 18:20
Par Sébastien Liebaut - Le 27/07/2014 à 21:37

La Serge Betsen Academy, les K.O, le rôle d'entraîneur, la mentalité des Anglo-Saxons... Serge Betsen s'est longuement confié pour notre site.

Serge, présentez nous la Serge Betsen Academy...

Serge BETSEN: Tout a commencé au Cameroun en 1998 lorsque j'ai appris l'existence du rugby par mon cousin Ahmed avec qui j'ai décidé de mettre en place l'association. En 2001, je suis retourné au Cameroun et je vois, pour la première fois, des jeunes jouer au rugby dans le quartier Biyem-Assi de Yaoundé. A mon retour en France, j'ai alors décidé de mettre en place mon association en mars 2004 pendant mon activité de joueur au Biarritz Olympique. Conçu au départ comme un projet permettant de populariser le rugby auprès des jeunes défavorisés du Cameroun, l'association "les enfants de Biemassy" est devenue aujourd'hui la "Serge Betsen Academy" qui utilise désormais l'enseignement de ce sport comme vecteur d'intégration sociale et d'accès à l'éducation. Aujourd'hui, la SBA garde la même philosophie, celle qui a fait de moi un homme dans la société et un père de famille. En somme, elle incarne ma vision des valeurs du rugby à savoir le partage, la solidarité et le don de soi.

Quel est le but de votre association ?

S.B: L'objectif de l'association est de faire découvrir la passion du rugby aux enfants du Cameroun et, ce faisant, d'aider à leur développement en leur inculquant la passion du sport et plus particulièrement du rugby. Il est aussi de récolter des fonds pour aider les familles, les enfants qui rencontrent diverses soucis au quotidien. C'est aussi un moyen de leur fournir un accompagnement scolaire pour les aider à mieux préparer leur avenir professionnel. Et enfin, leur apporter un suivi médical par le biais de professionnels de santé (médecins, infirmières, aides-soignantes) dispensant des campagnes de vaccination et d'information sur les maladies sexuellement transmissibles. C'est un plaisir pour moi de donner un peu de mon temps pour les autres et notamment les enfants.

Vivant à Londres, comment gérez-vous l'organisation d'évènements dans des pays étrangers ?

S.B: Je suis organisé ! Je suis en contact régulier avec les différents membres de l'association soit par Skype soit par téléphone. Comme une équipe de rugby, nous sommes tous organisés et chacun sait ce qu'il a à faire. Nous avons aussi beaucoup de bénévoles sur place au Cameroun qui gèrent les centres et chaque responsable a une mission bien particulière. Nous suivons les objectifs de chacun grâce à notre Présidente (sa tante Elisabeth NDLR) sur place au Cameroun. Elle a d'ailleurs fait le voyage depuis le Cameroun pour être présente à nos côtés ce week-end pour les 10 ans.

Quelles sont vos activités en dehors de l'association ?

S.B: Je fais beaucoup de choses. La première est bien évidemment de me consacrer à l'association ce qui me prend déjà pas mal de temps. Je suis consultant pour des médias et notamment la BBC. Je suis aussi consultant en entreprise avec pour sujet des thèmes sur la motivation, l'esprit d'équipe, le bien-être et la performance. Ce sont des choses que j'ai cultivées en tant qu'athlète et j'essaie de les prodiguer au sein des entreprise qui me sollicitent. Enfin, depuis deux saisons, je suis également consultant au sein du club des London Scottish (deuxième division anglaise) où j'interviens au niveau de l'entrainement spécifique en défense et de l'analyse vidéo personnelle des joueurs.

" A ce jour, j'estime toujours ne pas avoir toutes les compétences pour entraîner"

A ce propos, envisagez-vous une carrière d'entraineur professionnel ?

S.B: Bonne question ! (rires). Lorsque j'ai stoppé ma carrière de joueur, je ne voulais pas de cette idée car je ne me sentais pas prêt et j'estime qu'il faut apprendre le métier. Il y énormément de contraintes mais surtout de paramètres à gérer, à assimiler en tant que joueur. Jouer pendant vingt ans au haut niveau apporte certaines choses mais n'apporte pas l'expérience du management des joueurs, du recrutement, du travail en équipe dans un club ou une formation avec toutes les composantes que cela comporte. Il y a énormément de données nouvelles qu'il faut contrôler et que chacun à sa place doit assimiler pour donner le meilleur de lui-même. A ce jour, j'estime toujours ne pas avoir toutes ces compétences et c'est pourquoi j'apprends ce métier de manière progressive et quand je me sentirais prêt, je vous le dirai!

Vous qui avez connu les championnats français et anglais, de quoi peut on s'inspirer chez les Anglais pour améliorer nos résultats au niveau international ?

S.B: Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les différences culturelles et comme je dis souvent, on ne parle pas la même langue donc on ne fait pas les choses de la même façon ! Je suis surpris du nombre croissant d'entraineurs anglo-saxons qui viennent entrainer en France et de joueurs anglo-saxons qui viennent jouer en France. Leur façon de voir le rugby et de le gérer est intéressante. La France a énormément de qualités que ce soit au niveau humain, financier et du potentiel dans sa globalité. Ce n'est pas pour rien que l'on a la meilleure compétition au monde aujourd'hui (Top14). Bien sûr qu'il y aurait des choses à dire et on y passerait des heures mais ce qui me frappe sur cette différence culturelle, c'est que quand l'Anglo-Saxon se donne un objectif, ce dernier est clair et il se donne tous les moyens pour le réaliser, l'atteindre. Cela veut dire qu'il est très professionnel, qu'il a une énorme volonté d'aller au bout de cet objectif coûte que coûte. Il ne fait pas de concessions et n'hésite pas à se remettre en question s'il s'aperçoit que les méthodes, le fonctionnement n'est pas bon. Les Anglo-Saxons sont pragmatiques, réalistes en rapport avec ce qu'ils veulent faire. Je m'épanouis vraiment à voir comment ils fonctionnent.

Un grand débat sur les commotions cérébrales s'est installé dans le rugby français depuis l'incident de Fritz. Vous qui avez vécu ce genre d'accident, quel est votre discours à ce sujet ?

S.B: Étant un des vice-présidents chez Provale (Syndicat des joueurs de rugby professionnels), notre discours est de protéger les joueurs et leur santé. On a toutes les données pour apporter les précautions nécessaires à la santé de chaque joueur. Quant au cas de Fritz, je ne peux pas me prononcer car une enquête est en cours. A l'avenir, il y aura une approche différente avec l'apparition d'une structure indépendante qui fera le lien entre toutes les parties (clubs, joueurs, institutions). A l'époque de ma commotion cérébrale, il n'y avait pas tous ces traitements de prévention et je trouve que c'est une bonne chose et même indispensable pour le bien-être des joueurs afin qu'ils puissent s'épanouir dans leur sport sans aucune inquiétude à ce sujet.

" Le rugby est un sport de partage, de sourire et de plaisir. Il n'y avait donc pas meilleur cadre que l'ouverture des Fêtes de Bayonne"

Ayant quasiment fait toute votre carrière à Biarritz, n'est-ce pas surprenant de faire votre évènement à Bayonne ?

S.B: Tout simplement parce que l'association a été crée au Pays Basque et que je suis arrivé ici en juillet 1991 pendant les Fêtes de Bayonne mais le siège est à Biarritz. Le rugby est un sport de partage, de sourire et de plaisir. Il n'y avait donc pas meilleur cadre que l'ouverture des Fêtes de Bayonne et ce magnifique stade Belascain aux Remparts. Je me rappelle qu'il y a 23 ans, c'est moi qui venait ici voir les anciens pour Chrysalide (Association de Patrice Lagisquet) et c'est donc un très beau clin d'œil à tout cela que de le faire ici.

Vous participez aussi à l'aventure des French Legends (gérés de mains de maître par Gratianne Deverly NDLR) ?

S.B: Oui. C'est une association que j'ai créé il y a deux ans, composée d'anciens internationaux et anciens joueurs professionnels. Elle a pour objectif de faire des galas pour différentes causes associatives. J'étais d'ailleurs présent avec eux le week-end dernier lors du Anglet Beach Rugby Festival.

En conclusion, Serge Betsen est-il un homme heureux dans sa vie ?

S.B: Ca ne se voit pas ? (Rires). Je suis heureux et surtout fier de tout ce que j'ai pu faire sur les terrains de rugby et en dehors aujourd'hui avec l'association. J'essaie d'être en équilibre avec ce que je fais et les gens avec qui je vis. Je suis heureux de pouvoir continuer à faire les choses par choix et non par obligation. C'est une forme de liberté qui m'intéresse aujourd'hui et c'est cela qui me permet de pouvoir me regarder dans un miroir et me dire que j'ai accompli des choses pour moi, pour ma famille notamment et pour les autres.

Droit photo: sergebetsenacademy par @FrédériqueGérenton

Toujours en forme Serge Betsen - Droits: sergebetsenacademy par Frédérique Gérenton
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