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Rougerie : "C'était ma dernière"

Rougerie : "C'était ma dernière"

Le 11/11/2017 à 08:27Mis à jour Le 11/11/2017 à 08:36

Capitaine des Barbarians qui ont vaincu les Maoris All Blacks 19-15 à Chaban-Delmas vendredi soir, le centre de Clermont Aurélien Rougerie a profité à fond de ce match. Et pour cause : c'était le dernier de sa longue carrière internationale, durant, il l'a assuré, sa dernière saison de rugbyman professionnel.

Comment ressortez-vous de cette victoire ?

A.R. : Avec beaucoup de plaisir, comme toujours avec les Barbarians. Il y avait de nombreux jeunes cette année, on a eu quatre jours pour construire une équipe mais on y est arrivé. Pour y parvenir, on bosse tranquillement, on essaie de forcer sa nature et d'aller vers l'autre. C'était le message de lundi matin : essayer de vaincre sa timidité pour aller les uns vers les autres, chose que les jeunes ont très bien faite. On a partagé des moments importants, des moments sympas, des moments intimes et véritables. C'est ça les Baabaas.

Les Barbarians sont désormais l'antichambre du XV de France. Avez-vous senti les jeunes un peu trop sérieux au début ?

A.R. : Ce n'était pas facile pour eux. Les moments de convivialité qu'on essaie de créer en début de semaine, les apéros, les repas, etc., sont ceux où les mecs un peu timides ont du mal à se livrer... Ils se sont forcés et ça s'est malgré tout très bien passé. Ils se sont pliés à l'emploi d'une équipe et d'un groupe de mecs qui voulait réussir quelque chose ensemble.

Ça fait du bien de sortir de jouer un match sans pression ?

A.R. : Oui ! Je connaissais déjà ça avec les Barbarians. C'est une parenthèse un peu enchantée, un moment unique... Il y avait aussi les gardiens du temple que sont Denis Charvet, Laurent Pardo ou d'autres venus aujourd'hui, qui ont porté le maillot des Baabaas et qui ont mis un peu plus de poids sur cette rencontre... Pour les jeunes qui débutent, et même pour des vieux comme moi, c'est bien de les voir...

Ce match vous a-t-il rappelé votre dernier match contre la Nouvelle-Zélande, lors de la finale de la Coupe du monde 2011 ?

A.R. : Je n'y ai pas trop pensé. Cela ne m'avait pas traumatisé non plus, je ne suis pas épouvanté par ce match vous savez. Aujourd'hui, c'était différent. Il y avait un groupe de mecs que je ne connaissais pas vraiment. Tu vas à la guerre mais tu ne sais pas comment... En quatre jours, c'est compliqué de construire quelque chose. Finalement, nous avons gagné.

Vos coéquipiers vous ont-ils agréablement surpris ?

A.R. : Franchement, oui. Pas sur leurs qualités techniques et leur talent, mais sur le caractère, sur les tripes.

Allez-vous resigner pour une dernière tournée en juin alors ?

A.R. : Je ne resigne pour rien du tout, laissez moi tranquille ! On m'a déjà laissé l'opportunité de faire ce match et j'ai remercié tout le monde évidemment. C'était ma dernière et j'espère avoir laissé un peu de moi aux Baabaas.

C'était donc votre dernier match international ?

A.R. : Exactement. L'anecdote est marrante d'ailleurs : ce soir Jacques Brunel a dit dans son discours que le 10 novembre 2001, il y a seize ans donc, il faisait partie du staff qui me remettait le maillot de ma première sélection, contre l'Afrique du Sud. Le 10 novembre 2017, il m'a remis mon dernier maillot international. C'est fabuleux ! Mais je vous le dis : c'est ma dernière saison.

Vous l'aviez déjà dit..

A.R. : Non non mais j'arrête à la fin de l'année, c'est sûr.

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