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RUGBY - PRO D2 - La "Sud-Af' connexion" de Montauban

La "Sud-Af' connexion" de Montauban
Par Rugbyrama

Le 13/09/2017 à 18:52Mis à jour Le 13/09/2017 à 18:53

PRO D2 - Ils se plaisent en France ! Travailleurs acharnés et redoutables joueurs de rugby, les "quatre fantastiques" sud-africains débarqués à Sapiac dynamitent le début de saison de L'USM. Dans le plus pur style de leur pays.

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Ils ont mis l'afrikaans au goût du jour dans les travées de Sapiac même si ils font l'effort de parler français avec un accent délicieux. Riaan Swanepoel, Claude Dry, Pillow Van der Westhuizen et Jacques Engelbrecht forment la colonie sud-africaine de l'USM depuis un peu plus d'une saison désormais (ils sont arrivés à l'intersaison 2016-2017 pour « VDW », Swanepoel et Dry, au mois d'octobre 2016 pour Jacques Engelbrecht) et, avec un peu de recul, il est évident que les recruter fut une très bonne pioche pour les dirigeants montalbanais.

Risque... calculé

Pourtant, leur recrutement a parfois relevé de la prise de risque. Citons l'exemple de Jacques Engelbrecht que les dirigeants n'ont jamais vu jouer physiquement avant de signer : il a été recruté sur la base de vidéos visionnées sur internet, appuyées par les éloges des réseaux sud-africains de l'USM. À l'époque, Daniel Bory, président du club (il a démissionné depuis) justifiait : "Nous avons trouvé Jacques par relations interposées. Dans notre entourage nous avons de fins connaisseurs du rugby de l'hémisphère Sud qui nous ont vanté ses mérites. C'est une recrue d'opportunité." L'opportunité aurait-elle pu se transformer en mauvaise surprise ? Tout était calculé ! "Au vu de l'âge et de la carte visite du garçon, le risque que nous prenions était modéré. Nous avons visionné des images de ces matchs et nous sommes en droit d'espérer qu'un garçon qui a évolué aux Bulls puisse avoir le niveau du Pro D2 ...", détaillait l'ex-homme fort de l'USM. Force est de constater que le pari fut gagnant. Les quatre hommes incarnent à merveille les valeurs attendues d'un rugbyman sud-africain. Engagement maximal, volonté de fer et travail acharné. Malgré l'éloignement de leurs racines, ils se sont fondus à merveille dans l'univers sapiacain. Leur intégration a été d'autant plus facilitée qu'ils ont été accueillis par David Byrnes, demi de mêlée du club qui a depuis rejoint le staff. Sud-Africain comme eux mais résidant en France depuis des lustres, joueur de feu le Stade phocéen puis de Montauban depuis 2011, le numéro 9 a accueilli ses compatriotes et leur a fait découvrir tous les rouages de la vie à la française.

Un bloc au presque parfait

Chacun dans leur registre, les "quatre fantastiques" brillent : Claude Dry (4 matchs et 169 minutes joués), deuxième ligne, fait étalage de toute ses qualités dans le travail ingrat. On le voit peu, mais il est partout. Très précieux en touche, le géant de l'effectif (2,03 m) est, en plus, loin d'être maladroit balle en main malgré son gabarit et prend plaisir à participer à la construction du jeu. Riaan Swanepoel (2 matchs, 136 minutes) s'illustre par sa polyvalence. Pierre-Philippe Lafond ne tarit pas d'éloges sur lui et Chris Whitaker se régale à utiliser ses qualités techniques pour dynamiser le jeu de sa ligne d'attaque. Il a montré toute sa volonté en revenant assez rapidement d'une grosse blessure à un genou contractée lors de la dernière finale du Pro D2 perdue contre Agen. Un été à bosser et il était prêt à en découdre, ne ratant que les deux premiers matchs de la saison, à Narbonne et contre Aurillac.

Claude Dry (Montauban) - 16 septembre 2016

Claude Dry (Montauban) - 16 septembre 2016Icon Sport

Le talonneur Pillow Van der Westhuizen (4 matchs joués, 236 minutes) est le prototype du numéro 2 moderne. Bon lanceur et redoutable joueur de rugby lorsqu'il se propose dans la ligne d'attaque. Jacques Engelbrecht est lui un véritable "autobus", emportant tout sur son passage. Très actif dans le jeu courant, il peut jouer à tous les postes de la troisième ligne et s'avère redoutable dans la percussion et dans le combat. Il donne sans compter. On l'a vu notamment se démener dans un rush mémorable face à Aurillac sur la dernière action du match qui aurait pu offrir la victoire aux Montalbanais. Las, "Jacobus" a manqué de lucidité et n'a pu conclure l'action. Un "petit" accroc dont personne ne lui tiendra rigueur car dans le sillage de leurs quatre colosses venus du sud, Les Tarn-et-Garonnais réussissent un début de saison canon. Le meilleur depuis leur remontée chez les professionnels en 2014. Avec quatorze points au compteur (trois victoires dont deux à l'extérieur et un nul), ils pointent à la troisième place du championnat, sur les talons de Colomiers et Perpignan, et conjuguent ce premier bloc au presque parfait. Tout juste peuvent-ils regretter ces deux deux unités oubliées en route lors de cette première réception, où Aurillac est venu chercher un partage des points au terme d'une rencontre sans relief. Dimanche ils joueront à Perpignan un des gros chocs de la journée. À l'image de sa colonie sud-af', Montauban sera prêt.

Par David Bourniquel .

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