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PRO D2 - Gonzalo Quesada : "Si Biarritz était monté en Top 14, je ne venais pas"

Quesada : "Si Biarritz était monté en Top 14, je ne venais pas"

Le 10/08/2017 à 14:19Mis à jour Le 10/08/2017 à 17:36

PRO D2 - Pour expliquer son choix surprenant de venir au Biarritz olympique en Pro D2, Gonzalo Quesada évoque "une histoire d'hommes" et "une envie de se mettre en danger", c'est bien le challenge de faire monter le BOPB en Top 14 qui le motive, car si Biarritz était monté en Top 14, il ne serait "pas venu" sur la Côte Basque.

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Gonzalo Quesada, entraîneur titré, renommé et prometteur s'engage à Biarritz en Pro D2. Il y a quelque chose d'étonnant. Pourquoi ce choix ?

Gonzalo Quesada : J'ai été sondé par des clubs, des provinces ou même des équipes nationales et je pense en toute humilité avoir compris que je pouvais avoir des propositions de ce style-là. Mais quand j'ai levé mon option de contrat d'une année supplémentaire avec le Stade français, mon idée était de faire un petit break avant de me réengager sur un projet. Et puis j'ai parlé avec mon ami Federico Aramburu (président des Socios du BO, ndlr). Il m'a parlé du projet. Au départ, j'ai dit que je ne voulais pas. Il a insisté et j'ai accepté une rencontre avec les dirigeants. Ils ont été assez convaincant. J'ai beaucoup aimé les caractères, la façon dont ils m'ont présenté le projet. Ce n'était pas une présentation qu'on peut avoir aujourd'hui dans un club de "millionnaires" et des moyens extraordinaires, mais c'était quelque chose de lucide, d'intéressant. L'histoire d'hommes m'a intéressé et j'ai apprécié les énormes marques de confiances qu'ils m'ont fait.

Gonzalo Quesada (Biarritz) - 4 août 2017

Gonzalo Quesada (Biarritz) - 4 août 2017Icon Sport

Avez-vous conscience que votre profil et votre nom suscitent beaucoup d'enthousiasme à Biarritz ?

G.Q : Oui. On m'a dit que ma venue allait montrer qu'il y avait un gros projet, un nouvel élan. Forcément je sens cette responsabilité, mais je ne suis pas dans une période où je dois prouver des choses. Ce n'est pas les résultats du BO qui vont faire que je suis un meilleur ou un moins bon entraîneur. Je ne vis pas cette expérience par rapport à mon image, mais plus par rapport à l'aventure, à ce que je veux vivre en terme d'émotion, de travail, de mise en place.

Que connaissiez-vous du club avant de venir ?

G.Q : Je n'avais même pas vu l'état du club et l'effectif. On m'a présenté un projet qui, pour l'instant, ne sont que des paroles sur ce qui pourrait être fait dans l'avenir. Ça paraît bête après dix ans d'équipe de France, de Racing puis du Stade Français. Après avoir prouvé pas mal de choses, le plus simple était d'attendre une proposition plus simple. Mais quand on aime ce métier, on aime les challenges. Ça m'a tenté de venir et de me mettre en danger. Je suis argentin et j'aime ces histoires d'hommes. Je me suis embarqué sur un discours, un projet, j'aime ce que j'ai vu et entendu.

" Notre point fort est la qualité du staff. Là je me sens à l'aise avec des entraîneurs très compétents et très complémentaires"

Qu'en est-il du BO aujourd'hui ?

G.Q : Une bonne partie du recrutement était déjà faite quand je suis arrivé. C'est un très bon recrutement. Ils ont fait du bon boulot. Quand on analyse notre effectif et qu'on le compare aux autres équipes, c'est sûr que l'on peut se donner comme objectif de rentrer dans les 6. Si on y est, après c'est un nouveau championnat. Au niveau des infrastructures, il y a déjà eu des évolutions, mais il y a beaucoup beaucoup de travail encore pour faire une structure de travail de très haut niveau. Aujourd'hui, si on va visiter les centres d'entraînement des équipes du Top 14, il y en a beaucoup qui ont des structures de fou. Ce n'est pas pour le plaisir, mais c'est ainsi qu'on peut bien travailler et optimiser la performance. À Biarritz, on a déjà amélioré la salle de musculation, recréé une salle cardio, fait une salle de vie qui n'existait pas. Concernant les terrains d'entraînement et les infrastructures, il y a encore de quoi faire. On y travaille. L'idée est de tous les ans renforcer l'équipe et faire évoluer les infrastructures. Dans l'immédiat, notre point fort est la qualité du staff. Là je me sens à l'aise avec des entraîneurs très compétents et très complémentaires, de bons préparateurs physique, un bon staff médical et une très bonne cellule d'analyse vidéo. En terme de staff, on n'a pas grand-chose à envier au Top 14.

Gonzalo Quesada aux côtés de Simon Raiwalui (Biarritz) - 4 août 2017

Gonzalo Quesada aux côtés de Simon Raiwalui (Biarritz) - 4 août 2017Icon Sport

Regardiez-vous la Pro D2 souvent lorsque vous étiez entraîneur de Top14 ?

G.Q : On passe tellement de temps à analyser nos adversaires en Top 14. L'an dernier, je suivais les matches du vendredi lorsqu'on était en déplacement avec le Stade français. Quand je mettais un petit Biarritz-Aurillac un jeudi soir pendant qu'on mangeait avec ma femme, ça ne rigolait pas. Quand j'étais à la maison le jeudi et le vendredi, regarder un match de Pro D2 mettait sérieusement en danger mon couple. Forcément les derniers mois, quand j'étais en contact avec Biarritz, j'ai suivi leur saison. Il y avait beaucoup d'enthousiasme et ils ont fait une belle fin de saison.

C'est un regret de ne pas avoir récupéré le club en Top 14 ?

G.Q : J'avais dit à Nicolas (Brusque, ndlr) que je mettais une clause dans mon contrat : si le club montait en Top 14, je ne venais pas. Le Top 14 est très compliqué avec un effectif limité et je ne voyais pas l'intérêt de prendre une équipe dans ces conditions-là. Je sais que ça va être très compliqué cette saison et que c'est loin d'être gagné, mais mon rêve est de fêter pendant mon cycle, ici à Biarritz, une ascension en Top 14 à Aguilera avec le Biarritz olympique. C'est un rêve qui me fait sortir du lit avec la banane tous les matins pour aller travailler.

Gonzalo Quesada et Simon Raiwalui (Biarritz - 4 août 2017

Gonzalo Quesada et Simon Raiwalui (Biarritz - 4 août 2017Icon Sport

" C'est fini la caricature de la Pro D2 où il suffisait d'avoir une mêlée et un buteur"

Après quelques semaines à Biarritz, quelles différences avez-vous relevé entre le Top 14 et la Pro D2 ?

G.Q : L'écart est dans la quantité des joueurs à disposition. Au Stade français, j'avais un effectif qui, quantitativement, était intéressant et permettait de traverser les périodes de blessures sans être trop en danger. Sur le niveau global, n'importe quelle équipe de Top 14 gagne contre une équipe de Pro D2. Mais ce n'est pas pour ça que le rugby joué en Pro D2 n'est pas intéressant. C'est fini la caricature où il suffisait d'avoir une mêlée et un buteur. Maintenant c'est beaucoup plus complet. Je reste fidèle à mes convictions en terme de jeu, mais elle sont adaptées aux qualités de mon effectif et à la compétition Pro D2. Il y a des choses que l'on va travailler plus tard. Pour l'instant, on est parti sur des bases pour ne pas se tromper et ne pas aller trop vite.

C'est quoi la méthode Quesada pour réussir ce challenge biarrot ?

G.Q : Je mets beaucoup de rigueur dans le détail, la discipline, l'organisation. Mais après, il y a beaucoup de responsabilisation pour les joueurs. Je reste humain, honnête et transparent. Je pense que c'est comme ça que l'on gagne le respect des joueurs. Quand on s'entraîne bien, on joue bien. Quand ça va moins bien, qu'il y a des problèmes de comportement ou un manque d'envie, ça peut me mettre très en colère. Surtout que ça peut affecter le groupe. Quand il y a de l'implication, des attitudes d'hommes, il n'y a pas de problème. S'il faut parler de méthode ou de philosophie, j'aime bien être dans un fonctionnement très anglo-saxon. On arrive très tôt, on enchaîne, c'est très organisé sur trois semaines. Le tout avec un côté plus latin, plus affectif. J'ai besoin de créer un énorme engagement et pour créer ça chez les joueurs et le staff, on a besoin de ce côté très humain, lié au cœur, à l'aventure humaine. Chez les latins c'est ce qui a toujours fait des résultats incroyables.

Gonzalo Quesada (Biarritz) - 4 août 2017

Gonzalo Quesada (Biarritz) - 4 août 2017Icon Sport

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