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RUGBY A VII - Terry Bouhraoua, l'âme et le moteur des Bleus du VII

Bouhraoua, l'âme et le moteur des Bleus du VII

Mis à jourLe 30/01/2016 à 16:45

Publiéle 27/01/2016 à 09:25

Mis à jourLe 30/01/2016 à 16:45

Publiéle 27/01/2016 à 09:25

Article de Bruno Poussard
Dans cet article

RUGBY A VII - Joueur fantasque de l'équipe de France à 7, Terry Bouhraoua monte en puissance à l'approche des Jeux Olympiques, pour lesquels il s'est engagé dès 2010. Outre son ancienneté, le demi de mêlée au gabarit de poche est un atout majeur des Bleus du VII par son poste et ses performances majuscules. Mais encore plus depuis qu'il s'est emparé du brassard de capitaine, la saison passée...

A côté de Virimi Vakatawa, il n'est peut-être pas la plus grande star de France 7. Mais Terry Bouhraoua voit sa notoriété grimper à chaque nouvelle marche franchie par son équipe. A l'aube de la troisième étape disputée fin janvier à Wellington, le demi de mêlée tricolore plane même sur le World Series. Côté statistiques, au moins. Avec 113 points et 11 essais (en deux tournois), c'est bien un Bleu que l'on retrouve en tête du classement des meilleurs marqueurs.

"La bonne marche du collectif fait toujours ressortir des individualités" coupe l'ancien joueur du Stade français, à l'évocation de cette performance majeure, pourtant "pas essentielle" à ses yeux. Vainqueurs de la Bowl à Dubaï puis troisièmes en Afrique du Sud, les Bleus du 7 ont ainsi également vu Laugel et Vakatawa terminer meilleur plaqueur et impact player du tournoi des Emirats, début décembre.

Terry Bouhraoua (France 7) face au Kenya - décembre 2015
Terry Bouhraoua (France 7) face au Kenya - décembre 2015 - Icon Sport

Des progrès en défense

Comme d'autres, Terry Bouhraoua illustre parfaitement les progrès en cours de la sélection française qualifiée pour les JO. "C'est paradoxal, parce qu'il est plus collectif qu'avant et il marque beaucoup plus", remarque Cédric Laborde, entraîneur adjoint des Bleus. Aux capacités quasiment innées de vitesse, d'endurance et d'appuis, l'homme de 28 ans a aussi su évoluer avec son poste de numéro 4.

"Il sait parfaitement trier les ballons et être décisif dans chacun de ses choix", poursuit le technicien précédemment chargé de la détection. "Il a gagné sur la vision du jeu et dans son attitude au contact, où il a réalisé que la force n'était pas tout. Très efficace en premier soutien offensif, il annihile tout contest possible s'il arrive sur zone en tête". Si son petit gabarit (1m69 ; 64 kg) s'illustre en attaque, il a également progressé en défense où, plus que son positionnement, ses plaquages plus bas (qu'auparavant) sont devenus de plus en plus importants.

Terry Bouhraoua, capitaine de l'équipe de France à 7 (14 juin 2015).
Terry Bouhraoua, capitaine de l'équipe de France à 7 (14 juin 2015). - Icon Sport

Son poste de meneur, l'ancienneté et ses performances

"Il a franchi un gros cap aux championnats d'Europe (cet été) et vient de confirmer sur le circuit mondial", termine enfin Laborde. "On l'a senti dans son comportement, dans sa relation avec ses équipiers et nous". Ce qui n'est pas sans lien avec sa position nouvelle de capitaine, acquise au cours de la saison passée. De quoi aussi renforcer, de l'extérieur, sa posture d'âme de cette équipe de France.

Le meneur de jeu comprend mais nuance : "On est tous l'âme de l'équipe, parce que celle-ci n'a pas d'âme s'il manque telle ou telle personne". Déjà septiste dans l'âme (mais sans le savoir) lorsqu'il évoluait à XV (à Paris puis Béziers), l'Eurélien de Bonneval est le premier rugbyman contractualisé par la FFR, dès 2010. De par son ancienneté, son poste et ses résultats, difficile de ne pas lui coller une telle étiquette. "Mais il y a toujours à apprendre", complète-t-il.

Terry Bouhraoua, membre de l'équipe de France à VII - juin 2015
Terry Bouhraoua, membre de l'équipe de France à VII - juin 2015 - Icon Sport

La prise en main du capitanat (pour lequel ses équipiers ont voté) n'est en tout cas pas pour rien dans les progrès récents du travailleur et expérimenté Terry Bouhraoua qui a dû se faire une place nouvelle. "Outre l'honneur, je ressens aujourd'hui beaucoup plus la responsabilité d'être capitaine", évoque-t-il. "Mais ça ne me dérange pas de l'assumer lorsque l'équipe me correspond. Quand je l'ai pris, on sortait d'une période difficile où chacun cherchait à sauver sa peau plutôt que celle de l'équipe. Aujourd'hui, on joue plus ensemble, on a retrouvé cet esprit de travail, de solidarité". Des valeurs qu'il n'hésite pas à partager avec ses partenaires. Pas le plus bruyant mais très écouté, il a su évoluer sans changer de personnalité. "Il s'est un peu assagi", estime Lou, cadet de la fratrie des trois Bouhraoua, tous rugbymen. "Il a grandi, et ça fait qu'il peut endosser ce rôle".

Un joueur assagi par le capitanat, et dans l'échange

Parmi les changements imposés par cette nouvelle position, celui qui a découvert le rugby à 7 à moins de 18 ans avec le comité d’Île-de-France prend un peu plus parole. "Durant les matches, je me dois notamment de permettre d'évacuer le ressenti pour essayer de changer les choses s'il le faut" , illustre-t-il. Ce qu'il n'a pas manqué de réaliser face au Kenya, en petite-finale du tournoi du Cap, pour aider les siens à revenir malgré un dernier essai encaissé peu avant la sirène.

Terry Bouhraoua et les Bleus du VII ne sont plus très loin de Rio
Terry Bouhraoua et les Bleus du VII ne sont plus très loin de Rio - Icon Sport

Au quotidien, Bouhraoua prend aussi le temps d'échanger, notamment avec les plus jeunes, quitte à les recadrer malgré le respect qu'il leur porte. "Je fais un peu mon vieux con s'il faut, mais c'est pour leur bien et celui de l'équipe", ajoute-t-il. "Quand tu arrives directement en équipe de France, tu n'as pas forcément la chance de t'en rendre compte. Et c'est parfois à moi de les remettre sur terre".

"Au tempérament vif, hargneux, il doit prendre sur lui avec ce poste", complète Cédric Laborde. "Il se remet régulièrement en question, et il est très dur avec lui-même et ses camarades". S'il a pris son rôle à cœur, Terry Bouhraoua espère encore devenir un meilleur capitaine. Son évolution se poursuit. Et celle de l'équipe de France avec. "Il a recentré les débats en prouvant à tout le monde qu'il est le patron", pose Julien Candelon. "Il montre la voie et donne envie de le suivre. Il a permis à ceux qui se posaient des questions de gagner en confiance. C'est un vrai leader dans son attitude sur et en dehors du terrain". Engagé dès le début avec les JO en tête, l'approche de Rio le voit monter en puissance. Quand les Bleus vont bien, Terry va bien. Ou l'inverse. Et ça tombe bien, le demi de mêlée se voit là encore un moment.

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