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Rugby à 7

Rugby à sept - Marjorie Mayans: "La Nouvelle-Zélande et l'Australie sont un cran au-dessus"

Mayans: "La Nouvelle-Zélande et l'Australie sont un cran au-dessus"
Dernière mise à jour Le 14/12/2014 à 10:20 - Publié le 14/12/2014 à 10:20
Par Sébastien Liebaut - Le 14/12/2014 à 10:20

Un peu de douceur dans ce monde de brutes avec Marjorie Mayans, égérie du rugby féminin français tant par son joli minois que par ses placages dévastateurs. Mais attention, elle n'est pas seulement une très bonne joueuse au physique agréable. C'est aussi une tête bien faite avec une présence en cinquième et dernière année en Master 2 Sciences Politiques à Toulouse. La Blagnacaise s'est livrée.

Marjorie, avec un Grand Chelem lors du Tournoi des 6 Nations 2014, un titre de Champion d'Europe à 7 et une troisième place à la Coupe du monde à XV, peut-on dire que l'année sportive à été exceptionnelle pour vous ?

Marjorie MAYANS: Euh...oui oui! Cette année 2014 a été très riche en émotions et j'espère que cela va continuer ainsi.

Début février, vous allez remettre en jeu votre titre lors du Tournoi des 6 Nations 2015. Les esprits sont tournés vers cette compétition ou davantage sur le Sevens avec la qualification pour les Jeux Olympiques de Rio en 2016 ?

M.M: Pour ma part, je me prépare au fur et à mesure des compétitions qui arrivent. Je prends les échéances les unes après les autres, étape par étape. Je ne sais pas comment les choses vont se passer, si je serai prise à XV, si je serai prise à sept mais je me prépare quotidiennement pour être performante sur n'importe laquelle des compétitions.

Pour se qualifier directement pour les JO de Rio en 2016, on sait qu'il faut être parmi les quatre premières équipes du circuit mondial. A Dubaï, vous avez terminé quatrièmes. Votre objectif est atteint pour le moment...

M.M: Oui...pour l'instant! Nous sommes très contentes du résultat mais ce n'est que le premier tournoi. Il en reste encore cinq à disputer (Sao Paulo, Atlanta, Langford, Londres et Amsterdam, ndlr). L'objectif est de continuer à bien travailler et de faire une aussi bonne voire une meilleure place lors de la prochaine étape (7/8 février 2015 à Sao Paulo au Brésil, ndlr).

" Nous avons encore des choses à régler, à peaufiner comme la finition et le réalisme pour être davantage performante"

Comment vit-on le passage de l'exotisme et de la chaleur de Dubaï à la froideur hivernal de Blagnac (son club à XV, ndlr) ?

M.M: (Rires) J'ai envie de vous dire... heureusement qu'il y a les copines! Effectivement, au niveau du climat, ce n'est pas la joie. Mais très contente de retrouver ma famille et mes ami(e)s à Toulouse ce qui compense la différence avec le climat de Dubaï.

Marjorie Mayans, centre de l'équipe de France Féminines
Marjorie Mayans, centre de l'équipe de France Féminines - Icon Sport

Jusqu'à présent, vous n'aviez évolué qu'à sept sur le continent européen. Sur l'échiquier mondial, quelles sont les équipes favorites ?

M.M: Cela fait quelques années que la Nouvelle-Zélande et l'Australie sont un cran au-dessus sur le circuit mondial. Je pense tout de même que ces équipes sont prenables. Elles sont quasiment tout le temps en finale sur les tournois, ce qui en font les favorites pour les deux premières places.

Que vous manque-t-il pour rivaliser avec ces deux nations ?

M.M: Contre les Néo-Zélandaises en demi-finale à Dubaï par exemple, nous n'arrivons pas à marquer sur nos temps forts. Nous commettons beaucoup trop de petites fautes et notamment des turnovers qui nous coûtent cher. De leur côté, elles ont concrétisé toutes les occasions. Nous avons encore des choses à régler, à peaufiner comme la finition et le réalisme pour être davantage performantes. Mais j'y crois.

Vous avez signé un contrat semi-professionnel avec la FFR avec une obligation de faire des études ou d'occuper un emploi à côté du rugby. Ces filles du Sud disposent-elles d'un statut différent du vôtre ?

M.M: Je ne voudrais pas dire de bêtise mais il me semble qu'elles sont professionnelles à part entière.

" Au niveau des licenciées et notamment sur la région toulousaine avec les clubs du BSORF et du Stade toulousain, il y a eu une embellie concernant les inscriptions"

Votre point de vue sur les garçons que vous côtoyez souvent à Marcoussis. Deux fois dixième lors des deux premières étapes (Gold Coast en Australie et Dubaï), on est très loin de la qualification pour les JO de Rio d'autant plus que les observateurs voient plus facilement l'équipe de France à sept Féminine se qualifier pour cet évènement mondial que vos homologues masculins...

M.M: Effectivement, ils sont dans une période difficile où les résultats ne sont pas flamboyants mais ils ont une très bonne équipe avec d'excellents joueurs. Je pense et j'espère que ça va mieux se passer au cours de la saison. Beaucoup d'équipes vivent des moments difficiles où tout n'est pas rose mais avec du travail, de l'envie et de la motivation, on peut remonter facilement la pente. Nous avons de temps en temps la chance de pouvoir nous entrainer et faire des oppositions raisonnées avec eux. Nous avons eu du mal au début à jouer libérées car nous n'avions pas l'habitude, notamment au niveau de la vitesse. Cela nous oblige à anticiper plein de choses et les garçons jouent très bien le jeu avec nous.

Marjorie Mayans, centre de l'équipe de France, lors du Mondial de cet été
Marjorie Mayans, centre de l'équipe de France, lors du Mondial de cet été - Icon Sport

Constatez-vous des retombées diverses sur le rugby féminin et sur votre personne depuis la fin de l'aventure Coupe du monde en août dernier ?

M.M: Oui. Au niveau des licenciées et notamment sur la région toulousaine avec les clubs du BSORF et du Stade toulousain, il y a eu une embellie concernant les inscriptions. Mon club (le Blagnac Saint-Orens Rugby Féminin) a créé une troisième équipe Séniors. Nous avons vu arriver beaucoup de filles dans les divers clubs et c'est une bonne chose. Les gens s'intéressent davantage au rugby féminin mais surtout le connaisse. Concernant la médiatisation, nous avons eu pas mal de retombées par le biais des médias, des articles. J'ai cru comprendre que certaines filles avaient eu des contacts avec certaines entreprises ou certaines marques. J'en fais également partie (Marjorie fait partie de la team BMW France qui lui prête un véhicule par exemple, ndlr). 

Vous êtes en dernière année de Master, ce qui signifie que vous approchez la fin des études et de la vie active. Avez-vous réfléchi à un projet professionnel ?

M.M: Je ne suis pas encore fixée. Je ne sais pas trop pour l'instant. 

A l'approche des fêtes de Noël, souhaitez-vous rajouter quelque chose ?

M.M: Rien de spécial (longue réflexion)...Ah si! Par le biais de mon club de Blagnac Saint-Orens (où évoluent également Manon André, internationale, et Margaux Deylaud, ndlr), nous avons sorti un calendrier. Il est vendu 5€ seulement et les gens peuvent l'acquérir au club les jours de match, sur le site du club et également sur les réseaux sociaux. Sinon, nous sommes troisièmes du championnat (Top 8) et nous recevons dimanche à Blagnac, le leader lillois (où joue notamment Shannon Izar, sa partenaire au centre avec les équipes de France à XV et à 7). Notre objectif est de finir dans les quatre premières pour se qualifier pour les demies. 

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