Quoi de mieux qu’une rencontre entre le dernier vainqueur du Tri-Nations et le champion du monde en titre, pour ouvrir la première édition des Four-Nations ? Pas grand-chose d’autre, vous l’accorderez aisément. Dix mois après la demi-finale du Mondial, remportée par les Blacks (20-6), les Wallabies avaient l’intention de faire la loi à domicile. On y a cru. Un peu. Au début de match. L’espace de quelques minutes, où le contrôle du ballon était pour les Australiens. Une pénalité de Barnes (2e, 3-0) faisant office de maigre récompense.
Mais les All Blacks ne sont pas champions du monde pour rien. Avec un nouveau sélectionneur (Steve Hansen), un demi de mêlée plein de talent (Aaron Smith) et les vieilles gloires (Carter, McCaw, Mealamu, Nonu), ils ont fait étalage de leur classe. Notamment ballon en main, lorsqu’il s’agit de porter le danger sur les extérieurs. Les deux essais inscrits en première mi-temps étant issus de mouvements au large.
Deux essais de classe
Sur le premier, Dan Carter profitait au milieu de terrain du bon (faux) appel de Sonny Bill Williams pour servir son arrière Israël Dagg sur l’aile gauche. Le joueur des Crusaders filait le long de la ligne, résistant au retour de Beale. C’était trop tard, et la machine néo-zélandaise était déjà en route (13e, 3-10). Confirmation vingt minutes plus tard avec un autre essai. D’école, cette fois-ci. Sur une attaque en première main, la ligne de trois-quarts faisait admirer sa gestuelle, face à des défenseurs australiens réduits à des plots immobiles: Carter pour Williams, passe sur un pas à Dagg, qui l’imite pour envoyer Cory Jane dans l’en-but. Merci messieurs, le talent est bien là. Le spectacle également (34e, 3-18).
Les Wallabies avaient des intentions, on ne peut pas leur reprocher ce point. Mais ils n’avaient pas les moyens de leurs ambitions. Des fautes de mains récurrentes, des attaques trop timides et des fautes à répétition ont pollué leur jeu. Après leurs deux essais, les Blacks n’en demandaient pas tant, et se sont contentés de gérer le score. La deuxième période était un chassé-croisé des buteurs (trois pénalités pour Barnes, autant pour Carter). L’essai en force du vétéran Sharpe avant la pause avait relancé le suspense. Mais pas plus. La maîtrise est une arme, année après année, des hommes en noirs. En terre hostile, à Sydney, ils viennent de remporter le premier match des Four-Nations. Et sont en route, déjà, vers d’autres succès.
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AFP









































