Jonah Lomu - afrique du sud nouvelle zélande - 24 juin 1995 - Icon Sport
 
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Coupe du monde 95, All Blacks - Jonah Lomu: "En 1995, les Springboks avaien Nelson Mandela avec eux"

Lomu: "En 1995, les Springboks avaient Mandela avec eux"

Par Fabien Pomiès
Dernière mise à jour Le 07/12/2013 à 12:40 -
Par Fabien Pomiès - Le 07/12/2013 à 12:40
Le 24 juin 1995, un géant noir portant les couleurs de son pays terrassa les dieux maoris qui le défiaient: président de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela fut ce jour-là le 16ème homme des Springboks sacrés champions du monde face aux All Blacks.

Au nombre des images qui restent de "Madiba", décédé jeudi à 95 ans, son apparition magique à l'Ellis Park de Johannesburg pour la finale de la Coupe du monde 1995 est sans doute l'une des plus saisissantes. Elle marque l'émergence de la nation "arc-en-ciel" après des décennies d'apartheid, y compris sportif: le rugby a longtemps été le symbole de l'Afrique du Sud blanche et du régime ségrégationniste.

En 1995, les Springboks participent à leur première Coupe du monde depuis leur retour dans le concert des nations de l'ovalie après plus d'une décennie d'isolement. Emmenés par Jonah Lomu, les Néo-Zélandais sont les grands favoris de la finale. En demi-finale, ils ont humilié les Anglais 45 à 29 alors que les Sud-Africains ont peiné face à la France (19-15). Mais Mandela, soutien affiché du XV sud-africain dans le but de surmonter les divisions raciales du pays, inverse une fois encore le cours de l'Histoire. Arborant casquette et maillot vert des Boks, il descend dans l'arène et passe en revue les deux équipes devant 62.000 spectateurs, majoritairement blancs, d'abord médusés.

"Nous ne savions pas ce qui allait se passer. Quand Nelson Mandela a surgi de sous les tribunes avec un maillot des Springboks, la foule est devenue littéralement survoltée", racontait à l'AFP Laurie Mains, coach des All Blacks à l'époque, quelques mois avant la mort de Mandela. "C'est l'expérience la plus extraordinaire que j'ai vécue dans un stade de rugby. Il a clairement dopé les spectateurs et l'équipe des Springboks".

Lomu:"Les Springboks avaient Mandela avec eux"

Jonah Lomu, élu meilleur joueur du tournoi, a confié son émotion, dont témoignent des images d'archives, en serrant la main du président sud-africain: "Ce jour-là, ils se sont tous rassemblés". Supérieurs sur le papier, les All Blacks avaient "la pression sur leurs seules épaules parce qu'ils (les Springboks) avaient Nelson Mandela avec eux", se souvenait-il avant la Coupe du monde 2007, remportée par l'Afrique du Sud face à l'Angleterre. "Leur pays était finalement uni après des années de déchirements(...). Ce jour-là, ils se sont tous rassemblés".

Mandela n'est alors président que depuis un an à peine. Nombreux sont ceux, dans la communauté blanche, qui le considèrent toujours comme un terroriste à cause de son soutien passé à la lutte armée contre l'apartheid, tandis que dans la communauté noire, la haine des Springboks reste tenace. Mais le 24 juin, c'est son prénom "Nelson, Nelson" qui résonne dans le stade comme le nom de la paix et de la réconciliation, un tournant immortalisé par Clint Eastwood dans "Invictus" avec Morgan Freeman dans le rôle de "Madiba".

Mains: "Davantage qu'un match de rugby"

Pour Laurie Mains, "c'était bien davantage qu'un match de rugby. La tension était incroyable. Les All Blacks avaient un peu le sentiment d'affronter le monde entier". Et il fallait cette équipe de légende pour relever le défi. A égalité de points à la fin du temps réglementaire (9-9), ils ne s'inclinent qu'à la suite d'un drop de Joel Stransky à huit minutes du coup de sifflet final. Et c'est un Mandela radieux, vert de la tête aux pieds, qui remet sur la pelouse le trophée William Webb Ellis au capitaine des Springboks, Francois Pienaar.

La défaite sonna la fin de la carrière de Laurie Mains en sélection mais cette grande figure du rugby néo-zélandais s'enorgueillit d'avoir vu l'Histoire de si près. "Au-delà du rugby, au-delà du score, je ressens comme un profond honneur d'avoir assisté à un tel événement", assure-t-il.

 
 

commentaires


  • YdBdx11/12/2013 19:52

    Non monsieur, vous ne parlez pas d'Histoire puisque manifestement vous ne la connaissez pas. Ce que j'ai en travers de la gorge, pour reprendre votre propos, ce n'est pas un match de rugby, c'est le dévoiement de l'Histoire. Puisqu'il faut mettre les points sur les i et que vous semblez avoir du mal à comprendre des choses simples, je n'ai évoqué le film que pour souligner que vous faites manifestement partie de ces gens qui se sont fait leur opinion au travers de cette œuvre de fiction. Si vous aviez "fait des lectures" comme vous tentez naïvement de nous faire croire, vous ne vous enferreriez pas dans des propos convenus.

  • lionel196610/12/2013 22:37

    @YdBdx Permettez-moi de vous plaindre encore davantage. Je ne parle pas d'un film, je ne parle pas d'un match de rugby que vous avez - 20 ans plus tard - toujours en travers de la gorge, je parle de l'histoire. Bonne lecture!

  • YdBdx09/12/2013 23:29

    Je dois avouer, cher monsieur lionel1966, que votre morgue me laisse pantois ! Ainsi, si l’on n’a pas l’heur de partager votre point de vue on serait inculte et dénué de « bonnes » valeurs. C’est justement par ce que je lis beaucoup, et encore dans « Le Monde » d’hier, que je sais que la version hollywoodienne de la coupe du monde 1995 romancée dans INVICTUS est fort éloignée de la réalité. C’est aussi par ma culture que, malgré la profonde admiration que j’ai pour la capacité de pardon et la clairvoyance de Mandela, je suis convaincu que ce n’est pas servir la grandeur d’un homme que de falsifier les faits pour enjoliver sa légende. C’est aussi ma connaissance de l’histoire qui me permet d’affirmer que, quelle que soit la légitimité du but poursuivi, il n’est JAMAIS sain d’instrumentaliser le sport à des fins politiques. Je suis sensible à votre prévenance mais je ne suis pas à plaindre. Je suis même plutôt fier de conserver mon sens critique malgré le rouleau compresseur d’une histoire monolithique dont vous vous faites le chantre. En revanche, vous serez sans doute un jour à plaindre car les moutons noyés au milieu du troupeau finissent toujours par se faire entrainer là où ils ne souhaitaient pas aller. Je plains également la personne qui s’est arrogée le droit moral de censurer mon commentaire précédant le votre.