Coupe d'Europe

Le Tour de Midi Olympique

Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts de la 9e journée de Top 14. Là, ils reviennent sur la douleur de Montès, la performance de Hook, la défense du Racing ou le scénario de Toulon-Glasgow....

 
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Toulouse-Zebre: 38-5. Nicolas ZANARDI

Un match de rugby, c’est d’abord des histoires. Ainsi, parmi tant d’autres, celle de Yohan Montès. Réduit à la portion congrue depuis le début de la saison en matière de temps de jeu, le Beauvaisien fêtait vendredi sa troisième titularisation de la saison. La première à domicile... Las, ce qui devait constituer un petit bonheur a très vite tourné au chemin de croix, le fourbe coup de sabot d’un Zebre lui tuméfiant l’œil droit, au point de l’obliger à céder sa place dès la 27e minute. Le hic ? C’est que son remplaçant, à savoir Census Johnston, figure déjà parmi les joueurs les plus utilisés de l’effectif stadiste. Et que les Toulousains ont tiré la leçon de la saison passée, qui vit le Samoan sur-utilisé au point de baisser en rendement en fin de saison. Les grosses échéances des Saracens et de Toulon approchant, il était donc hors de question de demander à Johnston de se coltiner Perugini puis Aguero pendant une heure... C’est ainsi qu’après dix minutes de soins, il fut demandé à Montès de revenir sur le terrain, dans un seul but: tenir, le plus longtemps possible. Ce à quoi le pilier toulousain se plia, l’œil complètement clos, dans la souffrance et la douleur, avant de sortir définitivement à la 64e pour quérir une poche de glace bien méritée. Oui, un match de rugby, c’est d’abord des histoires, dont les vrais héros sont parfois les plus anonymes. Et si celle-ci pesa finalement peu quant à au résultat final, elle nous semblait mériter d’être contée...

Racing-Clermont: 13-9. Léo HUISMAN

"La défense, le pouls d'une équipe". On ne saurait donner la paternité de cette expression, sûrement vieille comme le rugby, qui trouve des résonances en Angleterre, en Argentine et dans l'hémisphère sud. Il y est d'ailleurs plus question d'état d'esprit que de technique pure, d'envie que de force intrinsèque. Les Racingmen dimanche soir se la sont appropriés pour venir à bout des Clermontois en clôture de la première journée de H Cup. Les Ciel et Blanc de Travers et Labit, bien mal en point depuis le début de saison, au bord du "nervous breakdown" après leur défaite à domicile contre Grenoble, devaient, à tout prix, se rassurer face au vice-champion d'Europe. Pour exister aussi, dans cette compétition où ils ne brillent guère depuis trois ans, mais où ils nourrissent de légitimes ambitions. Rien de mieux que la défense alors. Les stats parlent d'elles-même: 70% de possession de balle aux Clermontois. Plus encore d'occupation du terrain (73% du match passé dans le camp du Racing Metro). Et des plaquages encore et toujours: 142 pour 29 seulement aux Auvergnats. Avec une mention spéciale à Estebanez (14 plaquages) et Lauret (13), meilleurs plaqueurs de la rencontre. "La défense, le pouls d'une équipe". Celui du Racing-Metro battait très fort, dimanche à Colombes.

Castres-Northampton: 19-13. Vincent BISSONNET

Sur le papier, la confrontation entre Castres et Northampton tournait assez nettement en faveur de Northampton, au nombre de sélections et en termes de notoriété. Forts de leur armada d'internationaux, Dylan Hartley, Courtney Lawes ou Kahn Fotuali'i, et de leurs stars George North et Ben Foden, les Saints se présentaient avec des certitudes et des ambitions dans le Tarn. Mais au CO, on ne s'embarrasse pas en aucun cas de complexes. Trois joueurs ont incarné parmi tant d'autres cet état d'esprit valeureux et volontaire: Rodrigo Capo Ortega, Romain Martial et Geoffrey Palis. Le premier a repoussé sans compter les assauts des surpuissants avants anglais quand les deux trois-quarts ont remporté haut la main leur duel à distance avec les Lions North et Foden. Dans Midi Olympique ce lundi, l'arrière arrivé d'Albi à l'intersaison s'est confié sur la préparation mentale de ce défi : "Il ne faut pas faire de complexes à ce niveau de compétition. C'est mon défaut, parfois, d'être sur la retenue. Cette fois, je me suis dit que je devais jouer tous les ballons..." Chose promise, chose due ! Sans peurs et sans complexes, le CO a, dans le sillage de ces trois joueurs, empoché au courage un succès de prestige pour ouvrir sa campagne européenne.

Gloucester-Perpignan: 27-22. Emilie DUDON

Il crève l'écran en ce début de saison. Samedi aussi, on n'a vu que lui. Auteur de l'intégralité des points de son équipe (22 points), James Hook s'est même offert un full house sur la pelouse du Kongsholm Stadium: auteur d'un essai dès la première minute de jeu après un caviar de passe au pied de Lopez pour Mjekevu, et une remise intérieur non moins remarquable de l'ailier sud-africain, le Gallois a ensuite inscrit une transformation, quatre pénalités et un drop extrêmement bien senti (à la 62e, permettant aux siens de mener 22-16 à un peu plus d'un quart d'heure de la fin du match). Il a marqué de toutes les manières possibles. Et si sa prestation quatre étoiles n'a pas suffi pour que l'Usap l'emporte, elle a beaucoup marqué les esprits. Probablement également le staff des Diables rouges, dont le joueur de 31 ans a porté le maillot à 70 reprises. Replacé à l'arrière depuis l'arrivée de Camille Lopez, James Hook évolue à un niveau exceptionnel ces derniers mois. Il se sent bien à l'Usap. Et ça se voit. Sa récente prolongation pour trois ans en témoigne d'ailleurs... 

Toulon-Glasgow: 51-28. Simon VALZER

L’exception française a du bon. La preuve vient du fait que si le Top 14 est le championnat le plus attractif au monde, ce n’est pas uniquement en raison des comptes en banque de quelques richissimes mécènes qui enrôlent les meilleurs joueurs du monde. C’est aussi parce que ces mêmes joueurs sont, par le truchement des règles du Top 14, contraints de livrer le meilleur d’eux-mêmes, et ce de la première à la dernière minute. Nous voulons tout simplement ici parler de l’instauration du point de bonus offensif fait au différentiel entre les essais marqués et les essais encaissés, en vigueur depuis la saison 2008-2009 en France. Le principe ? Trois essais de plus que l’adversaire, sinon rien. Mais pas en Coupe d’Europe où, comme de partout dans le monde, seuls quatre essais suffisent. Résultat ? On assiste à des premières mi-temps de haute-volée, avant de lutter contre le sommeil dans le deuxième acte. A quoi aurait ressemblé ce Toulon-Glasgow avec la règle du bonus offensif "à la française" ? A un match dont l’intensité aurait été digne d’une rencontre internationale. Au lieu de cela, les Toulonnais ont baissé la garde en seconde période. Et permis aux Ecossais de ramener un point de bonus offensif que n’auraient pas renié les Bayonnais de l’ère Jean-Pierre Elissalde, qui n’avaient pas leur pareil pour ramener, en procédant de la sorte, de précieux points de leurs déplacements chez les cadors du championnat. Ces Bayonnais qui, justement, furent indirectement à l’origine du changement de la règle de bonus offensif en Top 14…

Trévise-Montpellier: 10-27. Julien LOUIS

Bousculé en mêlée lors du premier acte (sept pénalités et deux bras cassés concédés), plus indiscipliné qu'à l'accoutumée (douze fautes sanctionnées en première période, quinze sur la rencontre), le MHR s'est appuyé sur un alignement performant pour garder la tête hors de l'eau. Brillants sur la conquête directe (treize lancers conservés sur treize), efficaces au contre (trois ballons volés) avec le retour de sa tour écossaise, Jim Hamilton, les Cistes ont étouffé des Italiens en manque de sauteurs affirmés. Une arme précieuse pour la conservation du ballon donc, et une base de lacements de jeu prioritaire et décisive. Dès la 8e minute, Kélian Galletier profitait d'une belle combinaison en touche pour s'envoler, sans réussite, vers la ligne d'en-but. Ce n'était que partie remise... Trévise connaissait des difficultés à défendre derrière les touches, où la puissance des Tchale-Watchou, Gorgodze (auteur d'une bonne performance pour son premier match de la saison, malgré un jaune reçu) ou Bias causaient des dégâts. Concrétisation de cette domination: les deux réalisations héraultaises, de Pélissé et Combezou, intervenaient après des lancements réussies en touche. De bon augure avant la réception des Irlandais de l'Ulster, qui excellent dans les airs.

 - Midi Olympique@RugbyramaFR
 
 
 
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