Christophe Samson - Toulon Harlequins - 6 avril 2012 - Icon Sport
 
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Coupe d'Europe

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 09/04/2012 à 12:37 -
Par Rugbyrama - Le 09/04/2012 à 12:37
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur la performance du Toulonnais Christophe Samson, la décadence des London Wasps ou la maestria de Brock James.

Toulon-Harlequins: 37-8. Léo FAURE

Il est des joueurs qui éclaboussent, prennent une balle en fond d’alignement, la volleye et, sur la continuité, enfoncent sur dix mètres un adversaire le long de la ligne de touche opposée. Steffon Armitage en est la plus belle illustration. Mais comment diable fait-il pour se dupliquer aux quatre coins du terrain, plaquer deux joueurs en suivant et se retrouver, presque instantanément, à l’opposé en débordement ? Ce type de joueur est précieux. Impressionnant même, pour ce qui est d’Armitage. Et difficile de passer à côté d’une performance du calibre de celle qu’il a proposé contre les Harlequins, vendredi dernier en quart de finale de Amlin Challenge Cup. Tout aussi précieuse, la performance de Christophe Samson est moins souvent mise en valeur. Plus discrète. Plus ombragée. Pourtant, elle mérite tout autant les louanges. Combattant impeccable, propre dans chacune de ses interventions, le deuxième ligne a une nouvelle fois impressionné. Une performance qui n’a pas dû échapper à l’œil expert du sélectionneur Philippe Saint-André, présent dans les tribunes.

Wasps-Biarritz: 23-26. Nicolas ZANARDI

Drôle de période. Après avoir pris la mesure des Wasps, invaincus lors de leurs quatorze derniers matchs disputés à domicile face à des clubs français, les Biarrots ne fanfaronnaient pas dans les vestiaires de l'Adams Park. Au contraire, ces derniers faisaient profil bas, bien conscients d'avoir manqué d'énormes occasions de tuer le match, et d'avoir eu très chaud face à une équipe qui n'est plus que l'ombre d'elle-même... Les raisons de cette décadence ? Elles sont d'abord extra-sportives, entre un président désireux de vendre le club et actuellement en prison pour piratage informatique, un nouvel entraîneur aux choix contestables (Dai Young ayant pris en début de saison la décision délicate de virer l'emblématique Shaun Edwards), et un stade sonnant creux avec 4308 spectateurs. Alors, ajoutez à cela un squad plombée par les départs (Shaw, Flutey) et les graves blessures (dix titulaires potentiels étaient absents de la feuille de match), et vous comprendrez pourquoi les Wasps se trouvent aujourd'hui au bord de l'abîme, sans demi de mêlée sur le banc, et contraints de promouvoir à la hussarde huit joueurs issus de leur Academy. Un comble pour ce club champion d'Europe, qui jouera probablement son maintien le 5 mai contre Newcastle, actuel dernier du Premiership. Symbole de la difficulté pour les clubs londoniens de disposer de stade digne de ce nom, les Guêpes survivront-elles aux années 2010 ? L'avenir le dira...

Edimbourg-Toulouse: 19-14. Jérôme PREVOT

Si l'on ne doit retenir qu'un geste de ce match Edimbourg-Toulouse, ce serait peut-être ce plaquage terrible de Lee Jones sur Gillian Galan. Le poids plume écossais qui terrasse le jeune colosse toulousain grâce à une montée en pointe magnifique: un vrai missile exocet. Samedi, c'était le jour d'Edimbourg, tout simplement, il nous a rappelé que le rugby peut parfois générer des surprises, moins qu'en foot évidemment. C'est une question de nature même du sport, et si l'on veut une H Cup qui soit crédible, on doit se réjouir de l'accession d'une province écossaise en demi-finale. Cinq des six pays majeurs ont déjà connu ce bonheur (seule l'Italie n'y a pas goûté), ce n'est pas l'universalité du rugby mais c'est un peu moins de consanguinité.

Saracens-Clermont: 3-22. Marc DUZAN

David Skrela ne s'était jamais blessé, depuis son arrivée à Clermont à l'été 2011. Sauf que la guigne qui semblait avoir fui l'ancien ouvreur du XV de France depuis son départ de Nouvelle-Zélande, à l'automne dernier, l'a finalement rattrapé au plus mauvais moment, à la troisième minute d'un quart de finale de coupe d'Europe, la reine des compétitions qu'il avait pourtant remportée, en 2010, avec le Stade toulousain. Foudroyé par une béquille à la cuisse droite, Skrela dut ainsi quitter Vicarage Road pour laisser sa place à Brock James, héros malheureux du dernier quart de finale des Jaunards, au RDS Stadium de Dublin, en avril 2010. Que se passa-t-il, alors ? L'ouvreur australien, auteur d'un drop majuscule et de dix-sept des vingt-deux points clermontois, sortit une performance quatre étoiles pour enterre le champion d'Angleterre. "Je n'ai pas du tout pensé au dernier match contre le Leinster, déclarait-il après la rencontre. J'ai plutôt songé à mes dernières performances avec l'ASMCA, lesquelles avaient été plutôt bonnes. Je me suis juste concentré sur ce que je savais faire. J'ai cherché à bien occuper le terrain". Porté par la maestria de Brock James, les Jaunards ont violé l'antre des Sarries pour arracher une demi-finale historique. Celle-ci se jouera dans trois semaines, face aux impressionnants Leinstermen de Joe Schmidt. L'occasion d'une autre revanche, pour Brockie ?

Brive-Scarlets : 15-11. Jérémy FADAT

"Ils sont bluffants, vraiment étonnants." Ugo Mola loue souvent les qualités humaines de son groupe mais ses joueurs parviennent encore à l'étonner. Car même si personne ne doutait de leurs capacités à s'accrocher et à vendre chèrement leur peau contre un ogre européen, de là à les voir vaincre les Scarlets... Et pourtant, malgré une composition d'équipe totalement remodelée pour laisser plusieurs cadres au repos, les Brivistes l'ont logiquement emporté. Les jeunes Jefferson Poirot (19 ans) - qui célébrait sa première titularisation - et Seva Galala (19 ans) ont été excellents. Julien Ledevedec, Olivier Caisso, Vincent Forgues, Jean-Baptiste Péjoine ou Mathias Atayi, qui ont manqué de temps de jeu cette saison, en ont profité pour démontrer au staff qu'il pouvait compter sur eux. Petrus Hauman et Shane Geraghty, de retour de blessure ou de suspension (même si l'Anglais s'est à nouveau blessé à l'épaule), ont vite retrouvé leurs jambes. Riaan Swanepoel, buteur de fortune, a inscrit tous les points de sa formation. Et Jacques Boussuge a parfaitement éteint les velléités offensives de George North, la nouvelle star du rugby continental... Tout ça pour dire que oui, ces Brivistes sont vraiment bluffants !