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Collazo : L'homme qui a transformé La Rochelle

Collazo : L'homme qui a transformé La Rochelle
Par AFP

Le 07/12/2017 à 12:15Mis à jour Le 07/12/2017 à 18:27

CHAMPIONS CUP - Présent dès l'aube, avec un oeil sur tout : Patrice Collazo porte La Rochelle avec un sens absolu de l'exigence. C'est ainsi qu'il a transfiguré le club, au point de le porter aux premiers loges du Top 14 et de la Coupe d'Europe. Dimanche, face aux Wasps, le Stade jouera une partie de son avenir européen. Et Collazo n'y est pas étranger...

Dans la cité maritime, la vie de l'ancien pilier de 43 ans, passé par Toulouse et Gloucester, suit un rythme immuable : Lever à 5h45, arrivée à 7h au centre d'entraînement où il retrouve Xavier Garbajosa, son adjoint en charge des trois-quarts.

Et le manager est partout. Des rencontres des Espoirs à domicile aux entraînements des moins de 12 ans chaque lundi soir. "Les jeunes sont captivés par les séances de Patrice. On entend les mouches voler", raconte un dirigeant.

Un homme de convictions

Un caractère entier que Vincent Merling a décelé et aimé au premier rendez-vous. "Son nom est venu à moi" par une connaissance en 2011, quand Collazo était entraîneur des Espoirs du Racing, où il avait fini sa carrière de joueur.

"Et il a suffi d'une rencontre. J'ai tout de suite apprécié l'homme et les qualités que je devinais. J'ai senti un homme de convictions, bourré de certitudes, ce qui peut ne pas être une qualité, mais sous son aspect fermé, très ouvert à l'écoute".

La pioche est bonne : Collazo fait remonter La Rochelle en trois ans dans l'élite. Avant de jouer les premiers rôles trois ans avec une retentissante première place de saison régulière en 2017, et une cruelle défaite en demi-finale contre Toulon (15-18).

Cette saison en Coupe d'Europe, où pour leur première participation, les Rochelais sont en tête de leur groupe avant de recevoir dimanche les Wasps. "Patrice a fait grandir le club et le club a fait grandir Patrice", dixit Merling.

La haine de la défaite

La plus grande "certitude" de Collazo, c'est sa haine de la défaite. En témoigne la convocation en urgence des joueurs pour une séance vidéo deux heures après leur retour de Gloucester (défaite 35-14) en Challenge européen en décembre 2016, une rencontre marquée par son coup de pied de Mammouth, à la mi-temps, dans la pauvre glacière posée au milieu du vestiaire.

Une semaine plus tard, ils remportaient le match retour avec le bonus offensif (42-13).

"Patrice a horreur de la défaite, il ne lâche rien. C'est un homme dur mais d'une grande sensibilité en même temps. Il est exigeant mais juste, ce qui en fait sa valeur auprès de ses joueurs."

Ce n'est donc pas un hasard si sous ses ordres, de nombreux Rochelais (Atonio, Pelo, Gourdon, Goujon, Lacroix, Boughanmi...) ont endossé le maillot bleu. "Il me reprochait plein de choses aux entraînements. Il m'a poussé au cul", dit le troisième ligne Kevin Gourdon (15 sélections). "Il a toujours tout fait pour que j'aille le plus haut possible. Ce qu'il fait, c'est justifié. Je lui fais confiance même si je sais que des fois, ça me fait chier".

Cette exigence de chaque instant, Collazo se l'inflige avant tout à lui-même. Merling encore : "Patrice a déjà accompli beaucoup de choses mais c'est un homme qui n'aura de répit que lorsqu'il aura atteint l'objectif qu'il s'est fixé avec le Stade Rochelais."

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