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CHAMPIONS CUP - Y aurait-il comme un doute avec Ian Madigan (Bordeaux-Bègles) ?

Bordeaux-Bègles : Y aurait-il comme un doute avec Madigan ?

Le 13/01/2017 à 12:31

CHAMPIONS CUP - Recrue phare de l'UBB, l'ouvreur irlandais Ian Madigan tarde à trouver la bonne formule pour bonifier le jeu de son équipe, en proie au doute ces dernières semaines.

La scène a beaucoup fait rire le vestiaire girondin et le monde de l'ovalie pendant les fêtes. Voir Madigan perdre au "Chifoumi" avec son coéquipier australien Adam Ashley-Cooper et finir hilare en maillot de bain style "Borat" avec pour gage de plonger dans une cuve d'eau tiède... Sur le pré, l'humeur est tout autre. Moins de sourires, plus de concentration, d'application, de sérieux, Madigan se sait attendu après un début de saison poussif et sans étincelle.

Pourtant, tout avait bien démarré pour le Dublinois de 26 ans, venu en France pour s'extirper de l'ombre de Jonathan Sexton dont il était la doublure à la fois au Leinster et en sélection depuis des années, pour prendre du temps de jeu et se révéler, à l'export. Sa première sortie face au Racing 92 tout auréolé de son titre de champion, durant laquelle il était apparu à l'aise, volontaire et auteur de tous les points de l'UBB, avait été saluée par la critique. Il bonifiait ainsi une intégration estivale plutôt réussie, aidée par la maîtrise du français qu'il parlait correctement à son arrivée et qui le rendait encore plus abordable pour ses partenaires français.

Madigan : "Il y a beaucoup de défis à relever"

A l'époque, Madigan "estimait se construire chaque semaine". "Quand vous jouez dans un nouveau championnat, avec une nouvelle équipe, dans une autre langue, en jouant dans différents stades et avec un climat différent, il y a beaucoup de défis à relever", expliquait-il. Malheureusement, il n'y a pas eu de suite. L'international irlandais (30 sélections) a pourtant eu sa chance, à plusieurs reprises, notamment lors de la réception de ses compatriotes de l'Ulster en Coupe d'Europe avec un match dans le match avec Paddy Jackson, un de ses concurrents pour la sélection du Trèfle, bien évidemment scruté par son sélectionneur Joe Schmidt.

Ian Madigan (Bordeaux-Bègles)

Ian Madigan (Bordeaux-Bègles)Icon Sport

Si l'UBB avait gagné ce jour-là (28-13), son demi d'ouverture avait eu peu d'influence sur le jeu. Dans le même temps, il voyait débarquer le Néo-Zélandais Simon Hickey, qui, après un intermède saisonnier à Auckland, a rapidement retrouvé les clés du jeu girondin avec des productions d'un tout autre calibre que les siennes. Madigan, sous-contrat jusqu'en juin 2018, a aussi payé cher sa blessure aux adducteurs, une tendinopathie qu'il a trainée, qui l'a handicapé, amoindri et fini par lui faire dire stop pendant un mois au moment où l'UBB vivait sa meilleure phase de la saison.

Son corps n'a pas suivi le rythme exigé

De là à s'interroger sur la malédiction qui plane sur les ouvreurs irlandais qui débarquent en Top 14. Tout le monde a en mémoire l'expérience Sexton, un des meilleurs du monde à son poste, qui a eu de grosses difficultés à imposer son style au Racing 92. Autre explication, les cadences dans l'hexagone beaucoup plus prenantes qu'en Ligue celte. Au Leinster, les internationaux priorisent leur saison avec comme pics de forme souhaités les périodes de Coupe d'Europe avec leurs franchises, la Tournée d'automne et le Tournoi des VI Nations avec leur sélection, puis les phases finales du Pro 12.

Ian Madigan, l'ouvreur de l'UBB face à La Rochelle

Ian Madigan, l'ouvreur de l'UBB face à La RochelleAFP

Madigan a disputé neuf (huit titularisations) des onze premiers matches de l'UBB cette saison et son corps, au final, n'a visiblement pas suivi le rythme exigé. Pourtant, l'Irlandais garde toute la confiance du groupe girondin. Récemment, son entraîneur Émile Ntamack disait de lui "qu'il connaît les systèmes de jeu, qu'il se sent bien dans le groupe" mais il attendait aussi "qu'il s'exprime comme il sait le faire. On le voit à l'entraînement, il joue avec simplicité et efficacité. On compte sur lui".

Le retour de la Coupe d'Europe avec la réception de Clermont dimanche et un voyage à Belfast dans dix jours devrait le remettre sur les rails. D'autant qu'en terme de concurrence, il jouera l'esprit libre en l'absence sur blessures de Lionel Beauxis et Romain Lonca, ainsi que de celle de Simon Hickey, mis au repos en raison de la règle sur les étrangers dans cette épreuve. "Cela fait un petit moment que Ian n'a pas joué, c'est quelqu'un qui a énormément d'envie", acquiesce le demi de mêlée Baptiste Serin qui lui sera associé dimanche face à l'ASM. "Ian était très frustré de ne pas être rentré la semaine dernière (à Montpellier). Il faut le laisser tranquille, dans son match, je suis sûr qu'il ne nous décevra pas. C'est quelqu'un très axé sur la communication, pour prendre les devants. On a besoin d'un dix comme ça".

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