Getty Images

Le périple du Stade français en Sibérie : "On va manger des sandwichs pendant deux jours"

Le périple du Stade français en Sibérie : "On va manger des sandwichs pendant deux jours"

Le 11/10/2017 à 10:51Mis à jour Le 11/10/2017 à 12:22

CHALLENGE CUP - Pour son premier match de Challenge Cup, le Stade français se déplace en Sibérie pour y défier le club russe de Krasny Yar (samedi, 15 heures). Un périple en terre inconnue qui restera à jamais gravé dans les mémoires des joueurs parisiens.

"Cette année, on a tiré le gros lot…" Et quel gros lot ! Après le club portugais des Lusitanos XV en 2013/2014, les Wolves de Bucarest en 2014/2015 – avec un match mémorable disputé sous une tempête de neige - et les Timisoara Saracens en 2016/2017, le Stade français s’apprête une nouvelle fois à s’envoler vers une destination rugbystique pour le moins singulière. Pour ses débuts en Challenge Cup, le club parisien rejoindra la Sibérie pour y défier le club russe de Krasny Yar ! "Je ne savais pas exactement où cela se trouvait en Russie, confie le demi de mêlée Arthur Coville (19 ans). C’est au-dessus de la Mongolie [à environ 500 kilomètres, NDLR]. C’est un peu à l’autre bout du monde (rires)."

Coville : "Ça va être long, un peu barbant"

Avec quatre jours et demie de voyage aller-retour, plus de dix heures de transports, dont une escale de trois heures à St-Pétersbourg pour rejoindre Krasnoïarsk [troisième ville de Sibérie avec un peu plus d’un million d’habitants, NDLR], ce déplacement s’avance comme un périple inoubliable. "On essaie de retirer le côté positif. On se dit que c’est quelque chose d’atypique qu’on ne fait jamais, souligne Coville. Il faut surtout prendre du plaisir sur le terrain parce que ça va être long, un peu barbant. On va manger des sandwichs pendant deux jours."

Mais il faudra un peu plus que quelques sandwichs pour digérer les cinq heures de décalage horaire et résister aux trois degrés annoncés samedi à 15 heures (heure locale). "On change de climat. Il faut le prendre en compte, insiste le jeune demi de mêlée très en vue lors de la dernière victoire contre Montpellier (31-20). Ce ne sera pas le même rugby que quand on joue à Jean-Bouin sous vingt degrés. On réduira peut-être le jeu et on verra après."

"Y aller, faire un match de merde et revenir, dans la tête, ce n’est pas possible"

Le terrain, parlons-en ! Vainqueur de la Continental Shied la saison passée à Edinburgh face à son rival Enisei-STM [les deux clubs sont basés dans la même ville, à Krasnoïarsk, et occupent depuis peu le même stade, l’UBB jouera contre Enisei au Krasny Yar stadium vendredi à 15 heures, NDLR], Krasny Yar disputera sa première campagne de Challenge Cup. Autant dire que la motivation sera toute trouvée pour espérer faire tomber le tenant du titre.

"Pour eux, c’est un peu la rencontre de l’année. On n’y va pas pour rigoler, lance Arthur Coville alors que le Stade français, guidé par le capitaine Julien Arias, laissera la plupart de ses cadres au repos. Y aller, faire un match de merde et revenir, dans la tête, ce n’est pas possible. Ça peut être un match piège. Il va falloir être très costaud durant les vingt premières minutes. Ne pas trop faire du hourra rugby. Il faut bien leur montrer dès le début qu’on n’est pas venu pour faire n’importe quoi."

Haggart : "Ce sont vraiment des big, big men"

A défaut de vidéos pour décortiquer le jeu de leurs adversaires, les Parisiens ont malgré tout pu compter sur l’expérience de John Haggart, l’entraîneur en charge de la défense, le seul sans doute pour qui le club de Krasny Yar n’était pas une énigme au moment du tirage au sort. En 2011, alors qu’il faisait partie du staff des Crusaders, la province néo-zélandaise avait effectué un échange avec le club russe. "Ils avaient appris quelques lancements pour progresser. Ils aimeraient jouer comme en Nouvelle-Zélande, raconte-t-il avant de rappeler : la culture russe est surtout basée sur l’affrontement. Ce sont vraiment de big, big men. Ce qui m’a marqué, c’est leur volonté de gagner." Et d’imiter, très certainement, Enisei-STM vainqueur sur ses terres du CA Brive en 2015 (10-7).

0
0