Louis PICAMOLES - Angleterre XV de France - 23 fevrier 2013 - Icon Sport
 
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Angleterre-France (23-13), les notes - Picamoles renversant, un banc transparent

Picamoles renversant, un banc transparent

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 24/02/2013 à 19:33 -
Par Rugbyrama - Le 24/02/2013 à 19:33
Plus convaincants en première période que lors de leurs deux premières sorties, les Bleus sont retombés dans leurs travers en fin de match. Décryptage des prestations.
 

CONVAINCANTS

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Incontestablement, Louis Picamoles est en grande forme. Face aux Anglais, il a constamment avancé aux impacts et percé à plusieurs reprises, au point d’être le Français ayant parcouru le plus de terrain balle en main samedi (81 mètres). Surtout, il a gommé le déchet dont il avait fait preuve lors des deux premières rencontres. Du très grand Picamoles. Dans le même registre, Wesley Fofana a impressionné. Lui qui n’avait jamais caché, par voie de presse, son attrait pour un retour au centre, se savait attendu au tournant. Il a fait mieux qu’assumer. D’abord en marquant un essai qui restera dans l’Histoire, après avoir éliminé consécutivement cinq joueurs anglais. Il a également brillé en défense, ne se faisant jamais prendre en défaut. A l’arrière, alors qu’il avait été plus discret en Italie et face au pays de Galles, Yoann Huget a livré une belle copie samedi. Sûr sous les ballons aériens et impeccable en couverture dans le fond du terrain, le Toulousain a sauvé plusieurs coups pour le XV de France. Offensivement, il a avancé sur toutes ses relances. Rien à redire. Un autre clermontois, enfin, s’est montré à son avantage. Remplacé depuis six matchs en équipe de France, Morgan Parra a une nouvelle fois prouvé qu’il était un compétiteur exceptionnel. Pour son retour, on regrettera simplement une réussite mitigée dans l’exercice des tirs au but (3 sur 5). Pour le reste, le demi de mêlée s’est montré très juste dans l’animation du jeu des Bleus et, surtout, impressionnant en défense. D’abord lors de ce placage décisif, en couverture, sur l’autobus Tuilagi qui partait à l’essai (30 kilos séparent les deux joueurs). Globalement, Parra termine la rencontre deuxième plus gros plaqueur des Bleus. Pas mal pour un demi de mêlée...

AU NIVEAU

Benjamin Kayser et Christophe Samson jouaient une carte importante samedi. Chacun à leur poste, ils ont rendu une copie très propre. Au cœur d’une mêlée qui a constamment mis en souffrance les Anglais pendant la première heure, les deux joueurs ont également participé à faire de la touche une rampe de lancement viable. Au talonnage, Dimitri Szazewski a fait une entrée correcte dans son registre: actif dans le jeu au sol. Il a par contre, comme tous ses coéquipiers en fin de match, souffert en mêlée et apparaît coupable sur un ballon important perdu en touche en fin de match. De retour à l’ouverture, François Trinh-Duc a assuré. A son actif, notamment, une entame de match excellente où il a profité de la possession de balle française pour constamment attaquer la ligne et mettre sa ligne d’attaque dans le sens de la marche. A plusieurs reprises, il a même réussi à passer les bras, même si cela n’a pas toujours débouché sur des actions franches. Aux postes de piliers, Thomas Domingo faisait son retour. Une performance remarquée en mêlée fermée, face à Dan Cole présenté comme un des meilleurs droitiers de la planète, mais aussi dans le jeu au sol où il a été très présent. Des attributions qui valent aussi pour le droitier, Nicolas Mas. Avec un (gros) bémol: le Perpignanais a été pénalisé trois fois. Thierry Dusautoir, de son côté, a été fidèle à lui-même: très présent défensivement, secteur dans lequel il termine meilleur plaqueur (10). Son coéquipier en club Yoann Maestri, comme à son habitude, a été précieux dans le jeu au sol.

Au centre de l’attaque, Mathieu Bastareaud a été régulièrement cherché en premier point d’appui, pour mettre l’équipe dans le sens de l’avancée. Il était également très surveillé par la défense anglaise et a mis du temps à trouver la marche avant. Remplacé par Florian Fritz qui se concentra sur un registre qu’il affectionne: le défi physique. Le Toulousain a cependant coûté trois points en fin de match, sur une pénalité qui semble toutefois très sévère. En troisième ligne, Yannick Nyanga s’est employé, bien que peinant à retrouver le punch dont il avait fait preuve en novembre. Remplacé pour les dix dernières minutes par Antonie Claassen, pendant le temps (très) faible des Français et qui se concentra sur les tâches ingrates.

DÉCEVANTS

AFP

Il avait été le héros du mois de novembre. Quelques mois plus tard, Frédéric Michalak connaît un contrecoup marquant. En difficulté sur les deux premiers matchs du Tournoi, l’enfant chéri du rugby français avait perdu sa place au profit de François Trinh-Duc. Entré en jeu à la 53e minute, à l’aube du marasme français, le Toulonnais est une nouvelle fois apparu très en-dessous de sa valeur intrinsèque. Plusieurs transmissions mal assurées, un jeu au pied insuffisant et, au final, une prestation une nouvelle fois décevante. Son compère de la charnière lors des deux premiers matchs Maxime Machenaud, qui avait connu pendant la semaine un destin similaire en glissant sur le banc, a suivi sa trace lors de son entrée en jeu 14 minutes plus tard. Des transmissions hasardeuses et beaucoup de difficultés à remettre son équipe dans le sens de la marche. A sa décharge, il évolua pendant une période où la France en était réduite à défendre et subissait largement l’impact des Anglais au sol.

Sur les ailes, Vincent Clerc n’a été que l’ombre de lui-même. Battu dans les airs sous une chandelle puis au sol, à la course par les 110kg de Tuilagi, l’ailier toulousain est en cause sur l’essai du Samoan de la Rose. Également intercepté sur une passe, Clerc a passé un après-midi délicat. Benjamin Fall, s’il n’est pas directement en cause sur les points anglais, est par contre resté très discret sur son aile, presque transparent, ne parvenant jamais à remporter ses duels. En difficulté dans le combat, le Toulonnais Jocelino Suta n’a pas pu, lors de son entrée en jeu, aider à renverser la tendance qui voyait les Anglais mettre la main sur le ballon et les Bleus au supplice. Dans le combat, la paire Launchbury-Parling lui a été supérieure. Les deux piliers remplaçants Vincent Debaty et Luc Ducalcon, enfin, ont été les Français les plus en difficulté à Twickenham. Battus en mêlée fermée par leurs homologues remplaçants de la première ligne anglaise, refoulés sur chacune de leurs charges, les deux joueurs ont clairement souffert de la comparaison.

 
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