Midi Olympique

Bilan de l'automne des Bleus : les postes en chantier et les recalés (3/3)

Bilan de l'automne des Bleus : les postes en chantier et les recalés (3/3)
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 24/11/2021 à 16:38Mis à jour Le 24/11/2021 à 18:33

XV DE FRANCE - Alors que le rugby français semble plus riche en joueurs de haut niveau qu’il ne l’a jamais été, le challenge de Fabien Galthié consiste désormais à en tirer le meilleur parti, en allant jusqu'au bout de ses idées en matière de hiérarchie et de vécu collectif, sans pour autant fracturer son groupe.

Les postes en chantier : Atonio, Woki et Danty ont-ils renversé la table ?

Une charnière se dessine, des leaders de jeu sont clairement identifiés, un buteur se détache nettement mais... il reste encore quelques chantiers dans ce XV de France. Du moins, quelques postes où la hiérarchie est moins identifiée, où les perspectives sont plus ouvertes. A commencer au poste de pilier droit où le Rochelais Uini Atonio a renversé la table en l’espace de ce seul match contre les All Blacks, où sa puissance balle en main a été précieuse pour user les Néo-Zélandais. On se souvient de sa charge sur le talonneur Dan Coles, ou de son «caramel» sur le flanker Akira Ioane. En concurrence, il y a bien le Lyonnais Demba Bamba. Mais l’intenable droitier est si irrésistible quand il rentre en cours de jeu qu’il fait figure du remplaçant (ou finisseur, selon l’élément de langage souhaité par Fabien Galthié) cinq étoiles. Surtout, n’oublions pas l’absence de l’habituel numéro 1 Mohamed Haouas, blessé et forfait le week-end dernier. Le Montpelliérain pourrait-il perdre son statut au profit d’Atonio ? L’avenir nous le dira.

Le poste de 4 est lui aussi relativement ouvert. Certes, Cameron Woki a convaincu, mais on sait qu’il ne jouera pas à ce poste en club. Et puis, Thibaud Flament a lui aussi convaincu. Tant face à l’Argentine que pour son entrée en jeu pour les All Blacks. Alors, on fait quoi ? Sachant que Killian Geraci et Bernard Le Roux seront plus revanchards que jamais à l’approche du Tournoi, et que d’autres excellents deuxième lignes gauches peuplent notre Top 14, comme le Montpelliérain Verhaeghe ou le Castrais Vanverberghe.

Terminons enfin par le centre. Si Fickou reste indéboulonnable, le poste à côté de lui est ouvert. Et là encore, les talents ne manquent pas. Jonathan Danty a frappé un grand coup samedi soir. Arthur Vincent, actuellement blessé, avait été excellent lors de la dernière tournée en Australie. Sans compter que Virimi Vakatawa devrait retrouver un jour le niveau qui fit de lui l’un des joueurs les plus craints de la planète. Ah, et on oubliait que le staff sait maintenant qu’il peut associer Matthieu Jalibert à Romain Ntamack, même si ce dernier a lui aussi envoyé un message fort face aux All Blacks...

Les recalés : Dulin, Ramos et les Racingmen dans le dur

Quels sont les grands perdants de cette tournée d’automne ? Ils pourraient être nombreux, puisque ce sont au total 22 joueurs qui ont été appelés pour jouer les "partenaires d’entraînement" sans goûter aux joies de la sélection… Toutefois, on ne saurait comparer le cas de jeunes loups qui ont encore tout à prouver dans ce contexte et pouvaient légitimement voir dans leurs convocations une chance de garder un pied à l’étrier (Diallo, Paiva, Vanverberghe, Verhaeghe, Buros, Hastoy, Moefana, Taofifenua, Vili, Priso, Bécognée, Barassi, Le Bail…) et d’autres joueurs plus confirmés, qui peuvent considérer avoir subi un recul dans la hiérarchie.

À ce titre, trois des "dégradations" les plus marquantes concernent les Racingmen Camille Chat, Virimi Vakatawa et Bernard Le Roux qui (certes blessés pour certains) ont perdu des points précieux dans la concurrence et se voient invités à redoubler d’efforts s’ils souhaitent réintégrer le groupe pour le Tournoi. Le recul est aussi net pour le Rochelais Pierre Bourgarit, désormais considéré comme le numéro 4 derrière Gaëtan Barlot, et pourrait l’être aussi pour Mohamed Haouas si ce dernier ne présentait pas la circonstance d’être revenu d’un mois de blessure (déchirure à l’ischio-jambier) sans présenter suffisamment de garanties physiques, ce qui a permis à Uini Atonio de renverser la table. Revenu pour le dernier match face aux Blacks, le Lyonnais Dylan Cretin reste un des leaders de l'alignement mais a perdu des points par rapport à ses concurrents François Cros et Cameron Woki.

Vidéo - "Domi aurait été fier"

02:14

Geraci et Couilloud, les autres grands perdants

Un recul toutefois moins net que celui de Killian Geraci, qui a vécu un automne particulièrement compliqué en se voyant doubler par le néophyte Thibaud Flament, mais surtout par un non-spécialiste comme Cameron Woki… Le joueur du Lou devra donner des gages supplémentaires de puissance et de capacité d’accélération avec son club s’il souhaite revenir en grâce… Une déception légitime que partage son partenaire de club Baptiste Couilloud, pourtant à son avantage en Australie, mais désormais relégué derrière le Bordelais Maxime Lucu au nom (entre autres) de son "expérience commune" avec Matthieu Jalibert pour animer les fins de match.

Le serial marqueur de Castres Wilfrid Hounkpatin, pressenti pour être sur la feuille de match contre l’Argentine puis doublé par Haouas et Atonio pour sortir définitivement du groupe, peut également afficher des regrets. Toutefois, les autres vrais grands perdants de cette tournée automnale sont probablement à chercher au poste d’arrière. D’abord du côté de Thomas Ramos, comme condamné à jouer le rôle de l’éternelle doublure, mais aussi du Rochelais Brice Dulin qui, faute d’avoir pu "matcher" avec son club entre deux rassemblements, n’a pas convaincu les sélectionneurs de lui redonner sa chance après cette fameuse boulette contre l’Ecosse. Le statut des deux hommes semblant d’autant plus difficile à chambouler que dans l’optique manifeste du staff de généraliser les bancs à 6 avants, les places comme finisseurs semblent dévolues à un demi de mêlée aux côtés de Jalibert, parti pour couvrir le poste d’arrière. Dur, dur, mais telle est la loi du haut niveau…

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