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Hounkpatin : "C’est mon fils qui a répondu à Fabien Galthié"

Hounkpatin : "C’est mon fils qui a répondu à Fabien Galthié"
Par Rugbyrama

Le 22/01/2020 à 17:22Mis à jour Le 22/01/2020 à 17:25

XV DE FRANCE – Wilfrid Hounkpatin a été appelé à la dernière minute avec le XV de France pour remplacer Dorian Aldegheri, blessé lors du match de Champions Cup contre Gloucester. Depuis dimanche soir, il est à Nice pour participer à la préparation des Bleus pour le premier match du Tournoi des Six Nations 2020 contre l’Angleterre, le 2 février prochain.

Le pilier du Castres Olympique doit cette sélection à un excellent début de saison et à une constante progression depuis qu’il est arrivé dans le Tarn. Cette saison, le pilier droit explose vraiment. Doté d’un gabarit surpuissant et d’une très bonne tenue en mêlée, il a déjà joué 15 matchs cette saison avec le CO dont 10 comme titulaire.

Pourtant, Wilfrid Hounkpatin n’était pas forcément programmé pour le haut niveau. Celui qui a commencé le rugby à seulement 18 ans, a connu un parcours atypique. Champion de France de Fédérale 2 avec Rouen, il s’est forgé avec les joutes de Fédérale 1 en Normandie avant de sauter une étape pour arriver directement en Top 14 dans le Tarn avec le Castres Olympique. Wilfrid Hounkpatin nous livre ses premières impressions sur sa convocation et ses premiers instants avec le XV de France.

Comment as-tu appris la nouvelle ?

W.H : "J’ai appris ma convocation par téléphone. Mon portable a sonné vers 19h30 et c’est mon fils qui a répondu à Fabien Galthié, alors que d’habitude, il ne répond pas au numéro inconnu. Quand j’ai repris mon portable, c’était le sélectionneur du XV de France qui m’appelait en personne. J’étais surpris, je me suis dit "qu’est ce qui se passe"…"

À ce moment-là, quels sont les mots de Fabien Galthié ?

W.H : "Il m’a expliqué que Dorian Aldegheri s’était blessé, et m’a demandé si j’étais en forme. J’ai répondu que j’allais bien, que je me sentais en forme et que j’enchaînais les matchs avec Castres. Fabien Galthié m’a expliqué qu’il me suivait de près et qu’il comptait sur moi pour rentrer dans le groupe des 42 pour préparer le Tournoi. Evidemment, j’ai accepté tout de suite. J’ai dû rejoindre les joueurs du Stade Toulousain qui étaient déjà en route sur une aire de repos à Castelnaudary une heure après. J’ai eu que quelques minutes pour me préparer et rapidement rejoindre les joueurs toulousains."

Tu avais vu la blessure pendant le match de Dorian Aldegheri, tu as eu le temps de te préparer, de penser que tu pouvais être sélectionné ?

W.H : "Non pas du tout, j’ai passé ma journée à profiter de ma famille, car avec le Castres Olympique on rentrait tout juste du déplacement à Worcester le samedi et que le lundi, on devait reprendre les entraînements. Puis lorsque je suis en repos, je coupe généralement avec le rugby. Donc je n’étais pas du tout au courant et j’ai vraiment été surpris. Même si je fais partie de la liste des 75 joueurs suivis par le staff du XV de France, je n’y attendais pas à ce moment-là. Mais c’est le rugby, il peut y avoir des blessures et il faut toujours être prêt. J’espère en tout cas que la blessure de Dorian n’est pas trop grave et qu’il va se remettre rapidement. "

Comment s’est passé ton arrivée à Nice ?

W.H : "Très bien, je suis arrivé tard dans la nuit. Lundi a été une journée très longue, mais l’excitation d’être avec le XV de France, avec le coq sur le cœur, ça m’a tenu éveillé. J’ai bien écouté, j’ai pris des notes, il y a eu beaucoup d’informations à assimiler lors des réunions. J’écoute, j’écoute et j’essaie d’appliquer."

L’intégration au groupe a été facile ?

W.H : "Le fait que je ne sois pas le seul joueur à être appelé pour la première fois a facilité l’intégration. Le groupe est plutôt jeune, je ne sais pas si c’est pour cela qu’il y a une si bonne ambiance, mais pour l’instant tout le monde s’entend avec tout le monde. Tout le monde parle avec tout le monde. On apprend à connaître les autres joueurs, à connaître les membres du staff technique à travers de moments de partage comme les repas par exemple. L’ambiance est au top. "

Tu es nouveau dans le groupe, est-ce que les « anciens » t’aident et te donnent des conseils ?

W.H : "A mon poste, Demba Bamba, qui a connu l’expérience de la Coupe du Monde au Japon, est le seul joueur avec un peu de vécu avec le XV de France, donc dès qu’il me donne des conseils, je les prends. Il sait comment ça fonctionne, il sait comment travailler. Après tout le monde est ouvert, on travaille tous pour le collectif, il n’y a pas d’individualité, tout le monde travaille pour tout le monde."

" Je profite d'être ici pour acquérir de l'expérience"

Dans ce début de stage, vous travaillez sur le nouveau système que le staff de l’équipe de France veut mettre en place ?

W.H : "Dès lundi, on a eu de nombreuses réunions pour parler du système de jeu, sur ce qu’ils attendent de nous. On commence à mettre tout ça en place petit à petit sur le terrain. Il y a un rendez-vous important contre les Anglais qui approche donc il va falloir être très précis et ça passe par des réunions, du terrain, et beaucoup de répétitions. On est en plein dedans, on est conscient de ce qu’il va se jouer. "

Est-ce que tu te rends compte qu’il y a un an et demi, tu jouais en Fédérale 1 avec Rouen et que là, tu viens de rejoindre le XV de France ?

W.H : Non, je ne me rends pas compte, je pense. Il y a un an et demi en arrière, jamais je n’aurais pu imaginer en arriver là. Déjà, je n’imaginais pas jouer en Top 14. Lorsque je suis arrivé au Castres Olympique la saison dernière, j’espérer tout juste faire un match de championnat en tant que remplaçant. Au final, j’ai fait une bonne seconde partie de saison et cette année, j’enchaîne les titularisations. Tout cela est allé très vite, je ne pense pas que j’ai eu le temps de réaliser mon parcours et mon évolution de ces dernières années.

Quels aspects de ton jeu as-tu fait évoluer pour passer de Rouen en Fédérale 1 au Castres Olympique en Top 14 puis en Equipe de France ?

W.H : Au début de ma carrière, j’étais plutôt rude, j’étais brut, mais je n’avais pas de technique individuelle. C’est à Rouen qu’on m’a appris à travailler les skills, à faire des passes, à lire les défenses adverses… Enfin tout un travail de technicité. Ça a été long, ça a pris plusieurs années, mais à force de persévérance, j’y suis arrivé.

A 28 ans, tu donnes l’impression d’être dans la forme de ta vie…

W.H : Oui, j’arrive à maturité dans mon jeu, je suis en pleine forme physique. J’ai la chance d’être encore potable pour quelques années (rires). Je vais essayer de profiter à fond, je profite de chaque instant. Et je profite aussi d’être ici pour acquérir de l’expérience. Je ne sais pas si je vais jouer un match du Tournoi, je ne sais pas si je vais retourner dans mon club, mais ce qui est sûr, c’est qu’à chaque entraînement, je fais ce que l’on me dit, je m’applique comme je l’ai toujours fait.

Par Damien Souillé.

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