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Pradel : "En trois mois, l'écart peut être comblé"

Pradel : "En trois mois, l'écart peut être comblé"
Par Rugbyrama

Le 19/03/2019 à 13:35Mis à jour Le 19/03/2019 à 13:36

XV DE FRANCE - Yann Pradel fait partie des premiers entraîneurs français à avoir observé le travail athlétique des équipes de l'hémisphère sud. Le préparateur physique passé par Bayonne, Dax et Pau mesure ainsi le fossé qui sépare le XV de France des meilleures nations mondiales.

Il est aujourd'hui en marge du rugby professionnel. Après de nombreuses années passées à entraîner au niveau professionnel, Yann Pradel est depuis cet été au chevet de Saint-Jean-de-Luz, en Fédérale 1. Pourtant, le Basque de 44 ans a vécu, il y a bientôt 10 ans, une formidable immersion au sommet de la préparation physique mondiale. "On était en juin 2009, nous venions de terminer notre meilleure saison avec l'Aviron, puisque nous avions fini 6e ex-aequo avec Brive."

Avec Jean-Philippe Coyola, entraîneur des arrières bayonnais, il a profité de la tournée du XV de France en Nouvelle-Zélande pour aller visiter les infrastructures des Hurricanes, à Wellington. "Grâce à Craig Gower (international italien d'origine australienne qui a joué 4 saisons à Bayonne), qui venait du rugby à XIII, nous avons aussi pu observer la préparation des équipes de NRL des Panthers et des Roosters."

La technologie au service de la performance

Yann Pradel découvre alors un philosophie complètement différente de celle qu'il connaissait. "Nous avions l'habitude d'un système très dogmatique, avec un travail physique inspiré par les profs d'EPS. En Nouvelle-Zélande et en Australie, la préparation partait d'abord du jeu souhaité. Elle était logique et liée aux besoins des joueurs." Un travail d'orfèvre qui profitait déjà de la technologie de pointe disponible à l'époque. "Ils avaient une approche très américanisée du sport : des statistiques, plus de vitesse, plus d'explosivité... Les GPS étaient déjà utilisés depuis le début des années 2000. À titre de comparaison, ils ne sont arrivés à Bayonne qu'en 2015."

Yann Pradel (à gauche) avec Jean-Philippe Coyola à Wellington, juin 2009

Yann Pradel (à gauche) avec Jean-Philippe Coyola à Wellington, juin 2009Midi Olympique

Les deux Bayonnais ont aussi pu observer ce qui place aujourd'hui les All Blacks au sommet du rugby mondial : la transition vers un jeu de mouvement qui concerne également les avants. "En France, nous avons l'habitude de parler du "cinq de devant". En 2009, les néo-zélandais parlaient du "cinq de derrière", c'est-à-dire intégrer les seconde ligne à la préparation des troisièmes lignes et les faire participer au jeu." Un philosophie désormais ancrée dans la mentalité de jeu kiwie, et qui s'étend aujourd'hui à tout le pack, avec comme meilleur exemple les talonneurs Dane Coles et Codie Taylor. "Il existe encore une différence entre les piliers et le reste des avants, mais elle tend à disparaître."

Un retard difficile à rattraper

Depuis 2009, de nombreux staffs français ont fait le voyage en Océanie pour observer les néo-zélandais, mais le rugby hexagonal semble toujours à la traîne. Si l'écart physique, notamment au niveau de la vitesse, est incontestable au vu des récentes prestations du XV de France, Yann Pradel se veut optimiste pour le Mondial au Japon. "Sur une compétition sèche, si le travail est bien fait pendant les trois mois de préparations, l'écart peut être comblé. Le problème se présente davantage pour rivaliser dans la durée. Entre le Top 14, la Champions Cup, le 6 Nations et les tournées, il y a une accumulation d'efforts complètement folle. On est quand même le seul sport à avoir un championnat d'Europe tous les ans !"

Surtout, le rugby sudiste continue d'évoluer. Avec toujours la franchise de Wellington en première ligne. "Avec la concurrence télévisuelle du XIII, les Hurricanes tentent ces dernières saisons de passer à 50-60 minutes de temps de jeu effectif, pour donner plus de spectacle. Cela a porté ses fruits et la NRL a dû s'adapter avec des nouvelles règles. Par exemple, les équipes n'ont plus que 30 secondes pour jouer les mêlées." Le rugby de l'hémisphère sud n'en finit plus d'innover. Si le XV de France souhaite revenir au premier plan, cela impliquera une remise en cause totale du système de l'ovalie professionnelle tricolore.

Par Baptiste Pery

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