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Ntamack : "Quand Romain joue, je me dis 'mais comment va-t-il encore me surprendre ?' "

Ntamack : "Quand Romain joue, je me dis 'mais comment va-t-il encore me surprendre ?' "

Le 27/02/2020 à 11:14Mis à jour Le 27/02/2020 à 11:40

XV DE FRANCE - Désigné homme du match face aux Gallois (23-27), Romain Ntamack (20 ans, 15 sélections) a une nouvelle fois brillé avec les Bleus. Son père, Emile, revient pour Rugbyrama sur l’ascension de son fils et le renouveau du XV de France.

Rugbyrama : Quels sont les premiers mots qui vous viennent à l’esprit quand vous pensez à ce XV de France :

Emile Ntamack : Plaisir retrouvé, beaucoup d’espoir et quelque part, exceptionnel… même si on s’avance un peu (sourire).

La décennie 2010 a été particulièrement difficile pour le rugby français. Une nouvelle page est-elle véritablement en train de s’écrire ?

E.N : C’est une nouvelle ère. Mais les effets sont criants d’efficacité. Les choses se passent bien sportivement. On sent qu’il y a un vrai renouveau impulsé par le staff qui amène une vision. Ce ne sont pas des révolutions mais ce sont des touches qui font de vraies différences. La bonne surprise, et c’est ce que l’on espère toujours quand on commence un nouveau cycle, c’est cette efficacité immédiate. C’est bluffant.

Cette nouvelle génération semble programmée pour les exigences du très haut niveau…

E.N : Ces garçons sont rodés à ce travail, à ces exigences, à ce quotidien où tous les détails comptent. Mais la nouveauté, ce sont ces talents très forts. On est tous passés par ces équipes de jeunes. Il nous a fallu du temps pour nous tromper, pour comprendre. Si dans une semaine, ces jeunes se cassent la gueule en Ecosse, on dira qu’ils sont comme tout le monde. Mais ils répondent rapidement aux exigences du très haut niveau. Ils répondent présents avec la concurrence des meilleurs. On ne pouvait pas s’attendre à ce que ces jeunes joueurs soient aussi efficaces. Il faut leur tirer un coup de chapeau, ça me séduit. Quand on connaît l’attente du public, des médias, des spécialistes, respect ! La barre était vraiment haute mais ils mettent une telle générosité. Je ressens une envie commune de se faire plaisir, de faire les choses ensemble. Ces bons résultats témoignent d’un bien vivre ensemble, d’un bon rugby pratiqué ensemble.

" Cette équipe ne nous a montré que 40% de son potentiel"

Quelle est la marge de progression de cette équipe ?

E.N : Ce n’est pas parfait et c’est ce que j’adore. La marge de progression est énorme. Cette équipe ne nous a montré que 40% de son potentiel. Quand elle va tourner à 90% et plus, ça ne va pas être la même.

Avant ce match au pays de Galles, Fabien Galthié avait insisté sur l’importance de regagner le respect des adversaires. Le XV de France était-il devenu la risée des grandes nations du rugby ?

E.N : A un moment, on a que ce que l’on mérite. C’est normal. Quand tu échoues de manière régulière, tu fais moins peur. L’équipe de France était redoutée quand elle faisait ce que peu d’équipe était capable de réaliser. Mais je pense qu’on n’a jamais perdu le respect. Même les générations qui n’ont rien gagné faisaient partie de cette histoire française où les adversaires se disaient, "attention, on ne sait jamais…" Personne ne peut remettre en question le potentiel de garçons comme Guilhem Guirado, Louis Picamoles, Morgan ParraMorgan faisait à 19 ans ce que nos joueurs de 20 ans font aujourd’hui. Mais les autres nations devaient se dire, "ne réveillons pas trop la France qui dort. Laissons-la endormie…" Tout le monde avait conscience que le jour où l’équipe de France allait se réveiller, elle serait imprévisible et sur certains matchs, l’équipe la plus forte au monde.

Tournoi des 6 Nations 2020 - Charles Ollivon (XV de France) contre le pays de Galles

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" Tout le monde avait conscience que le jour où l’équipe de France allait se réveiller, elle serait imprévisible et sur certains matchs, l’équipe la plus forte au monde"

Vous étiez membre du staff du XV de France lors du Grand Chelem de 2010. Le Grand Chelem était-il un sujet tabou ?

E.N : Le Grand Chelem, on en parle à partir du moment où l’on a trois victoires. On l’a forcément dans un coin de la tête. Aujourd’hui, c’est légitime de l’évoquer. Mais rien n’est fait. Il va falloir aller en Ecosse affronter une équipe qui fait un peu moins peur mais qui va être bien plus dangereuse que les autres. Et si tout se passe bien, l’Irlande se fera un malin plaisir de nous souffler le Grand Chelem.

La pression liée à un sacre dans ce Tournoi peut-elle déstabiliser cette jeune équipe ?

E.N : Sincèrement, en les connaissant un petit peu, je pense que cette équipe est hermétique à la pression. C’est là où ils sont différents des autres. On leur a tellement mis la pression dès le départ, en équipe de jeunes. Ils ne se posent pas de questions. Tant que les semaines de travail sont sérieuses, j’ai le sentiment qu’ils arrivent à contrôler leur destinée. Aujourd’hui, ils ont crée cette capacité à avoir la baraka et ils s’en servent. Et même s’ils se cassent la gueule la semaine prochaine, je ne pense pas qu’ils vivront ça en se prenant trop la tête.

" Je suis stupéfait. Mais avec Romain, ça fait des années que ça dure. On ne peut pas se blaser de ça"

Est-ce que Romain (Ntamack) arrive encore à vous surprendre ?

E.N : Bien sûr qu’il continue de me surprendre et j’en suis heureux. A chaque fois que je le vois jouer je me dis, "mais comment va-t-il encore arriver à me surprendre ?" Je suis stupéfait. Mais ça fait des années que ça dure. On ne peut pas se blaser de ça. On ne peut pas se dire, "c’est normal". Quand tu joues une compétition qui est l’une des plus dures à l’échelle mondiale, avec les meilleurs joueurs, et que tu arrives à faire des choses qui sortent de l’ordinaire, c’est impossible d’en faire une simple histoire banale. Mais je ne lui dis pas trop (rire).

Dans quel secteur est-il perfectible ?

E.N : Aucun et tous à la fois. Mais c’est pareil pour tous ces jeunes joueurs. Après, il y a une chose qu’on ne peut pas compresser, c’est le temps. Ce sont des garçons qui ont 15 sélections, un an de vécu en équipe de France. Ils découvrent encore chaque stade du haut niveau. Cette expérience s’acquière en se trompant, en ramassant, en ayant des doutes, en se relevant. C’est un apprentissage qu’ils devront avoir tôt ou tard pour se bonifier. Mais ce qu’ils font, tous, est déjà exceptionnel.

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