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Défense sur maul : l’atout des Bleus

Défense sur maul : l’atout des Bleus
Par Simon Valzer via Midi Olympique

Le 23/10/2020 à 16:23Mis à jour Le 23/10/2020 à 23:04

XV DE FRANCE - En février dernier, la défense des Bleus sur les mauls après touche des Gallois fut l’un des piliers de la victoire tricolore à Cardiff. Comment s’y sont-ils pris ? Seront-ils en mesure de rééditer la même performance ? Didier Bès, l’actuel entraîneur de la mêlée clermontoise a accepté de livrer son analyse. Décryptage.

Les équipes nationales ont beau changer de sélectionneur, elles gardent toujours des caractéristiques propres et des forces sur lesquelles elles aiment s’appuyer. Les ballons portés initiés après une touche ont toujours eu une place de choix dans l’arsenal des Gallois. Pendant les douze années de mandat de Warren Gatland, les Diables Rouges en ont usé et abusé. Et même si l’arrivée récente d’un autre technicien néo-zélandais aux commandes de la sélection galloise - en l’occurrence Wayne Pivac - a clairement marqué un virage vers un jeu davantage tourné vers le mouvement, le pack rouge s’est encore souvent servi de cette arme lors du dernier Tournoi.

Pourquoi s’en priver après tout, quand on compte dans ses rangs de véritables maîtres dans cet art tels que le capitaine Alun-Wyn Jones, le colossal deuxième ligne Jake Ball, de puissants troisième ligne tels que Ross Moriarty et Taulupe Faletau et une première ligne coriace avec Wyn Jones, Ken Owens et Dillon Lewis ? Tous étaient titulaires le 22 février sur la pelouse du Millenium Stadium de Cardiff. Et tous ont tenté de dominer le pack français dans l’exercice des ballons portés.

Sauf que nos Tricolores se sont montrés plus performants dans ce secteur. Et en privant ainsi les Gallois de l’une de leurs armes majeures, les Bleus se sont imposés 27 à 23. Voilà pourquoi il y a fort à parier que samedi, les hommes de Wayne Pivac tiendront à prendre leur revanche. Et pourquoi les Bleus feraient bien de se souvenir du plan qui les a menés à la victoire…

Ollivon en "électron libre" pour contrer dans les airs

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une défense efficace d’un maul après touche commence dans les airs. Selon Didier Bès, l’entraîneur de la mêlée clermontoise, les Bleus ont su contrarier les prises de balles galloises : "L’équipe de France avait décidé de mettre un bloc de saut mobile en milieu d’alignement. Celui-ci était constitué de Charles Ollivon en sauteur, soutenu par Paul Willemse en lifteur et un pilier. Ce bloc avait pour consigne de bouger, pour perturber l’adversaire. Je ne connais pas la stratégie que les Bleus ont mise en place ce jour-là, mais les images montrent que Charles Ollivon faisait office d’électron libre pour sauter au milieu. J’ai trouvé l’alignement français assez dynamique, assez vivant. Ils ont mis la pression sur l’alignement gallois de cette façon dans les airs tandis que le reste de l’équipe était consacré à la phase au sol." Les Bleus devront donc livrer une vraie bataille dans les airs pour gêner ou retarder au maximum la constitution des redoutables mauls gallois.

Charles Ollivon contre le pays de Galles

Charles Ollivon contre le pays de GallesIcon Sport

Cros et Le Roux en bas, Willemse et Ollivon en haut

Mais bien sûr, batailler dans les airs ne suffit pas. Au sol, les Bleus devront être agressifs, mais surtout intelligents et bien organisés, comme ils le furent à Cardiff en février dernier : "La défense des ballons portés est bien évidemment un exercice technique et tactique mais à l’image de la défense, elle relève aussi d’un état d’esprit", commente Didier Bès. "Et sur ce match, celui des Français était très bon. Cela s’est vu sur ce que j’appelle le "premier temps", c’est-à-dire l’instant qui suit la retombée du sauteur gallois au sol.

Sur les prises au milieu ou fond, ils étaient instantanément attaqués en bas par des "bloqueurs", notamment François Cros et Bernard Le Roux, voire Julien Marchand ou Camille Chat qui verrouillaient et attaquaient l’angle fort du maul gallois. De leur côté, Willemse et Ollivon cherchaient plutôt à bloquer le ballon par le haut du maul, et ils y sont arrivés à quelques reprises. Dans ces moments, il est important d’être bien coordonnés, et que les rôles soient bien répartis. Les Français y sont parvenus car ils ont été performants et rigoureux dans l’exécution", explique le technicien clermontois.

Test Match - François Cros (France) contre l'Italie

Test Match - François Cros (France) contre l'ItalieIcon Sport

Bloquer l’angle fort des mauls gallois

Mais de quel "angle fort" parle-t-on ? "Quand on prend un ballon en fin d’alignement, l’angle fort du maul sera celui qui va en direction des poteaux", éclaire Bès, "C’est cet angle que les Bleus ont su bloquer, en empêchant la progression du maul gallois ou l’obligeant à repartir vers la touche." Grâce à la réactivité et à l’agressivité des Le Roux, Cros, Marchand et Chat, les Gallois n’ont donc jamais pu enclencher la marche avant, ni se rapprocher des poteaux ou même lancer leurs attaques vers une défense mise sur le reculoir.

Les avants français rééditeront-ils ce tour de force samedi ? On l’ignore encore. Mais au moins, tous les hommes que nous venons de citer seront là : les Ollivon, Cros, Willemse et Le Roux auront certes fort à faire… mais ils pourront aussi compter sur l’apport de leurs puissants remplaçants, comme ceux du Lyonnais Demba Bamba (ou du Racingman George-Henri Colombe) ou des Toulonnais Jean-Baptiste Gros et Romain Taofifenua qui pourraient apporter leur puissance dans l’exercice : "Cela peut jouer oui, c’est toujours plus facile quand on peut compter sur des gabarits denses pour constituer des mauls, ou même les défendre. Mais encore une fois, il faudra être impeccable sur l’état d’esprit et sur l’organisation." Messieurs, à vous de jouer.

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