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Dupont nommé capitaine par intérim... et plus si affinité ? Le débat est ouvert

Dupont nommé capitaine par intérim... et plus si affinité ? Le débat est ouvert
Par Leo Faure via Midi Olympique

Le 25/10/2021 à 15:55Mis à jour Le 25/10/2021 à 17:14

XV DE FRANCE - Nommé ce lundi capitaine du XV de France "en relais de Charles Ollivon", Antoine Dupont sera la tête d'affiche des Bleus cet automne. Un intérim, assure-t-on du côté de la FFR. Mais la dimension sportive exceptionnelle du joueur et la concurrence qui pousse autour d'Ollivon force à s'interroger sur la pérennité de ce nouveau statut.

Le communiqué de la FFR pour annoncer le nouveau capitannat d'Antoine Dupont, pour cette fenêtre internationale d'automne qui verra les Bleus affronter l'Argentine (6 novembre), la Géorgie (14 novembre) et la Nouvelle-Zélande (20 septembre), est finalement simple. Basique. Efficace : "Antoine Dupont (32 sélections, 25 ans, Stade Toulousain) sera le capitaine du XV de France en relais de Charles Ollivon (23 sélections, 28 ans, RC Toulon) pour la série de trois matches en France pour l’Autumn Nations Series 2021." Pas un mot de plus.

La première partie du communiqué, si elle officialise une information qui avait largement fuité depuis plusieurs heures, est importante pour ce qu'elle porte de symboles : meilleur joueur français, peut-être le meilleur joueur du monde, Dupont se trouve poussé encore un peu plus en avant. Dans une lumière toujours plus intense, qui ne semble absolument pas l'aveugler ou altérer ses performances.

Une communication soignée pour Ollivon...

Le meilleur joueur sera donc le capitaine, cet automne, au nom d'une légitimité sportive évidente. La seconde partie du communiqué de la FFR revêt pourtant tout autant d'importance. Ces quelques mots, "en relais de Charles Ollivon", ne sont pas anodins. Ils visent à confirmer, marteler un message déjà passé par le staff du XV de France la semaine dernière, au moment de l'annonce de la liste des 42 joueurs qui préparent ces trois test-matchs d'automne.

"Charles (Ollivon) a participé aux discussions avec les cinq joueurs cités dans la presse (Grégory Alldritt, Anthony Jelonch, Gaël Fickou, Antoine Dupont et Julien Marchand) : il sera à Marcoussis pour passer le relais à son successeur." Pesés, les mots de Fabien Galthié visent à conforter (encore une fois) le troisième ligne toulonnais dans ses fonctions, qu'il ne délègue à un autre qu'en raison de sa longue blessure. Un peu plus loin, Ibanez renforçait le message dans un style plus direct : "Notre capitaine, c'est Charles Ollivon."

… mais un capitaine soumis à concurrence

Si la communication sur le sujet est importante et soignée du côté de Marcoussis, c'est que le débat existe. Moins souverain sur les terrains en 2021 (avant sa blessure à Castres, lors du dernier match de la saison régulière de Top 14), Ollivon est soumis à forte concurrence à son poste avec Cretin, Woki, Jelonch, Diallo ou Macalou qui poussent, tous auteurs d'un excellent début de saison. François Cros, lui, semble déjà inévitable de l'autre côté de la troisième ligne.

En l'absence d'Ollivon, les Bleus ont également plu en Australie, cet été. Malgré une équipe fortement remaniée, ils ont fait mieux que rivaliser avec les Wallabies, gagnant le second test-match et n'abandonnant le gain de la tournée qu'au prix de quelques imprécisions dans les fins de match. Leur capitaine aux antipodes ? Anthony Jelonch, justement un concurrent d'Ollivon au poste de troisième ligne aile. "En Australie, Anthony Jelonch a été héroïque et porté haut les couleurs du XV de France" reconnaissait d'ailleurs Galthié, la semaine dernière.

Tournoi des 6 Nations 2020 - Antoine Dupont et Charles Ollivon (France) contre l'Angleterre

Tournoi des 6 Nations 2020 - Antoine Dupont et Charles Ollivon (France) contre l'AngleterreIcon Sport

Cette fois, c'est donc Antoine Dupont qui "prend le relais" à la tête d'une équipe qui comptera bon nombre de ses partenaires toulousains. Avec la possibilité, à terme, qu'il conserve le brassard ? Les exemples récents des mandats de Lièvremont (Nallet avait perdu son capitannat au profit de Thierry Dusautoir), de Saint-André (Papé "démis" de ses fonctions au profit de Dusautoir) et de Brunel (poussé vers la "sortie" au profit de Poirot, Guirado avait finalement conservé son brassard) montrent qu'en matière de capitannat, un intérim peut vite se transformer en CDI. Nul doute que la question se fera plus pressante encore, si par bonheur les Bleus venaient à séduire cet automne avec, à la clé, une victoire contre les All Blacks...

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