Midi Olympique

XV de France - Guy Novès : "Il n'y aura jamais de pardon"

Novès : "Il n'y aura jamais de pardon"
Par Leo Faure via Midi Olympique

Le 18/02/2019 à 10:08

XV DE FRANCE - L'ancien sélectionneur du XV de France a reçu Midi Olympique chez lui, samedi, deux jours après son passage devant le conseil de prud’hommes. "J’ai vraiment eu besoin de ces deux journées pour me reposer. Jeudi soir, j’étais exténué. C’était éprouvant." Novès, pourtant, ne lâche rien. Sa rancœur est toujours là, immense. Morceaux choisis.

Depuis quatorze mois, vous aviez fixé ce passage devant le conseil de Prud’hommes comme votre unique objectif. Soulagé que ce soit passé ?

Soulagé, c’est difficile à affirmer. L’audience est passée, ce n’était pas un moment plaisant. Nous sommes désormais en attente du résultat. Cette attente va être terrible pour moi. Tout le monde me dit qu’on présente un dossier exceptionnel, nourri de témoignages venant de partout. Mais alors, pourquoi doit-on encore attendre deux mois ? Ce temps d’attente fait que le soulagement attendra.

La plaidoirie de Maître Aguera, défenseur de la FFR, a été dure à votre encontre.

J’avais reçu tellement de textos, en amont, me souhaitant « bon courage » que je me doutais que ça allait être dur ! (il sourit) L’avocat de la FFR était dans son rôle, j’imagine. Mais les propos employés à mon égard m’ont énormément touché. Ils étaient mensongers. Je ne m’attendais pas à tant de violence. Je pensais que ces gens auraient, à mon égard, un minimum de classe. C’était des attaques personnelles. À les écouter, ma vie ne vaut rien.

Écouter sans réagir, c’est assez contraire à votre nature…

Quand il y a un feu rouge, je m’arrête. Je suis respectueux de la hiérarchie et de la loi. Ça faisait partie des moments que j’avais à vivre, je l’ai fait. On m’avait dit de ne pas bouger et je n’ai pas bougé. J’ai écouté, j’ai entendu, j’ai attendu que cela passe. Pendant une heure et pas 45 minutes, comme cela lui avait été demandé mais que, bizarrement, il n’a pas respecté, Maître Aguera m’a sali, en me présentant notamment comme quelqu’un à l’orgueil démesuré.

Est-ce faux ?

Mon orgueil, c’est d’être respecté par les gens qui ont travaillé avec moi. Je suis sur cette terre depuis 65 ans. Depuis le collège où j’enseignais, jusqu’au Stade toulousain où j’ai été entraîneur puis manager, et plus tard en équipe de France, ceux qui m’ont côtoyé savent que je suis tout sauf ça. Je suis orgueilleux, oui, dans le sens où je veux toujours gagner. Mais pas dans le sens négatif dans lequel on m’a présenté.

Guy Novès (Toulouse) lors de la réception du RCT en mars 2015

Guy Novès (Toulouse) lors de la réception du RCT en mars 2015Icon Sport

Depuis quatorze mois que vous n’êtes plus sélectionneur, avez-vous eu des contacts directs avec la présidence de la FFR, autrement que par avocats interposés ?

Non, aucun. Enfin, si, indirectement. Début juin, il y a eu une fête à Paris pour célébrer les 20 ans du titre de 1998 du Stade français. Une soirée à laquelle tous les anciens joueurs étaient conviés, où Serge Simon et Bernard Laporte étaient également présents. Vous souvenez-vous de ça ?

Une soirée durant laquelle il aurait fallu séparer Serge Simon et Marc Lièvremont, avant qu’ils n’en viennent aux mains…

Oui, j’ai entendu la même chose.

Et donc ?

Pendant la nuit, à 4h30, j’ai reçu un appel. Je n’ai pas décroché. Le matin, j’avais un message en attente. Un ancien international français me faisait « l’honneur » de m’insulter : "Novès, t’es un enculé… T’es un escroc, une merde. À chaque fois qu’on venait à Toulouse, on te mettait la fessée… T’es une pipe." Sur le message, on entendait plusieurs voix : celui qui m’insultait mais aussi d’autres, derrière, qui lui soufflaient. Voilà le genre de choses auxquelles j’ai eu droit. Et pour ceux qui douteraient de mon histoire, sachez que j’ai pris soin de garder l’enregistrement. Je le tiens à disposition.

Pourquoi ne pas révéler l’identité du joueur ?

Je ne veux pas le jeter en pâture. Dans les jours qui ont suivi, il m’a envoyé un message pour s’excuser, me disant même qu’il ne se souvenait pas de ce qu’il avait dit. Je n’ai pas répondu. Quand je le croiserai, on s’expliquera à ce sujet. Il a fait une connerie, c’est minable. Mais ce n’est pas contre lui que je me bats.

Guy Novès en février 2017

Guy Novès en février 2017AFP

Cet épisode prud’homal s’arrêtera bien un jour. Que fera alors Guy Novès ?

(il se crispe) C’est difficile de se projeter.

Avez-vous encore envie d’entraîner ?

Entraîner, être sur le terrain, je ne crois pas. Travailler dans un staff, pourquoi pas. Faire autre chose, c’est aussi une possibilité. Mais ce genre de défis, on ne peut pas les aborder correctement avec le poids que j’ai actuellement sur les épaules. Pour l’instant, j’ai du mal à me projeter. Je ne sais pas trop ce que je ferai après.

On sait que plusieurs clubs vous ont contacté pour vous faire venir, dont le Stade français. Votre cote reste élevée…

Ma cote, elle a quand même pris un sacré coup avec cette affaire ! Le président de la FFR m’a coupé les jambes. Désormais, pour aller parler à des gens en totale liberté et se sentir crédible, ce n’est pas facile ! Quand le président du Stade français Monsieur Patricot m’a contacté, et je l’en remercie, je venais de me faire virer. J’ai refusé, ne serait-ce que par respect pour eux. Je n’avais absolument pas la tête à entraîner, j’étais trop mal. Et puis, j’aurais retrouvé à Paris des joueurs que j’avais eu en équipe de France. Quelle image auraient-ils eue de moi ? Je ne pouvais vraiment pas.

Et demain ?

Si mon honneur est lavé par une victoire aux prud’hommes, je pourrai peut-être exprimer à nouveau mon véritable potentiel.

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