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Le rêve américain

Le rêve américain

Le 14/03/2018 à 09:38

Le 21 avril prochain, sera lancé la Major League Rugby, championnat professionnel américain qui regroupe sept équipes. Une chance immense pour le rugby à XV aux USA. On l'a très bien compris en France où des échanges se nouent, à l'image du partenariat à venir entre le Stade Français et New York Rugby United ou encore des rencontres qui ont lieu entre les dirigeants de la LNR et de la MLR.

C'est un dossier suivi de très près par les dirigeants du rugby français, qui savent que le marché est immense. Deux ans après l'échec du Pro Rugby, qui n'avait tenu qu'une saison, l'émergence d'un championnat professionnel aux Etats-Unis, la Major League, est une très bonne nouvelle pour le rugby français et mondial. Alors les responsables de la LNR ont noué des échanges avec leurs homologues américains et travaillent sur un partenariat qui pourrait se concrétiser l'été prochain. "La Ligue a de l'expertise dans de nombreux domaines : marketing, droits télé, structuration de championnat, formation... Ce sera un axe très fort de notre partenariat", livrait à Midi Olympique le vice-président de la LNR, Alain Tingaud, quelques jours après avoir rencontré les dirigeants américains à Paris en janvier dernier.

" Il y a beaucoup d'intérêts à travailler avec des gens qui peuvent créer un championnat dans le pays le plus riche du monde. Ce ne sont pas des intérêts directs mais indirects. Il est intéressant que nous soyons visibles vis-à-vis d'eux, que la marque Top 14 soit très forte aux USA. Cela va aussi en faveur du développement global du rugby, à l'horizon du Mondial 2023 notamment."

Les Américains aussi y trouvent leur compte. James Kennedy, le propriétaire de Rugby United New York, ne s'en cache pas une seconde. Son équipe, en pleine construction, ne fera pas partie des sept qui débuteront la Major League le 21 avril prochain (Austin, Glendale, Houston, Nouvelle-Orléans, San Diego, Utah et Seattle) mais elle la rejoindra la saison prochaine, aux côtés de Chicago et Dallas également.

Et il n'a pas hésité à prendre conseil auprès des Français : "J'ai visité le Stade français, Montpellier et La Rochelle, je sais que d'autres clubs ont visité Clermont ou le Racing 92. Nous avons beaucoup à apprendre du rugby français. Il évolue en ce moment, les clubs investissent dans leur formation, ils font grandir leurs marques au-delà des frontières françaises. Ils ont eu des ambitions avant tous les autres dans le monde. Le rugby français connaît plus de succès que le rugby celte ou anglais."

Un partenariat New York-Paris ?

Concrètement, l'homme d'affaires, qui est irlandais et un grand fan du Munster, est en train de plancher sur une collaboration avec le Stade français. "J'y suis allé l'été dernier et nous avons encore échangé récemment. Nous allons probablement faire quelque chose avec eux, que ce soit un partenariat officiel ou un simple arrangement. J'aime ce qu'ils font, ils sont en train de faire grandir l'équipe, j'aime l'idée qu'ils ont eu de lancer une académie en Allemagne. Avec Robert Mohr, nous pouvons vraiment faire des choses intéressantes ensemble. Ce que je voudrais, c'est aller jouer à Paris et que Paris vienne jouer à New York, qu'on échange des joueurs."

Avant cela, il avait beaucoup échangé avec les Rochelais, "très impressionné par ce qu'ils sont en train de faire. Nous avons parlé d'une collaboration mais nous n'avons pas poursuivi pour des raisons géographiques principalement. Quitte à faire un partenariat avec une équipe française, autant que ce soit avec une équipe basée à Paris. Nous sommes à New York et il y a beaucoup d'échanges entre ces deux villes."

Les Américains l'assurent, il y a le potentiel pour faire grandir le XV aux USA, où le rugby se développe dans les lycées et les universités notamment. Déjà très présents sur le circuit à VII, ils affichent clairement leurs ambitions : "Notre but est que l'équipe nationale fasse partie des cinq meilleures de la planète dans les dix ans. Nous recrutons actuellement des joueurs de 15 ou 16 ans pour y parvenir, assure James Kennedy. Je souhaite aussi que New York soit l'une des meilleures équipes du rugby mondial d'ici dix ans. Nous avons les joueurs, l'accès à une couverture télévisuelle, sommes attractifs pour les joueurs étrangers. Je ne vois pas ce qui peut nous empêcher de réussir." Et tout le monde pourrait en ressortir gagnant.

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