Icon Sport

Grosso, renaissance par la patience

Grosso, renaissance par la patience

Le 27/02/2018 à 10:30Mis à jour Le 27/02/2018 à 10:53

Appelé pour pallier le forfait de Yoann Huget en plein cœur de la Coupe du monde 2015, Rémy Grosso a connu toutes les peines du monde pour confirmer. Mais, enfin épargné par les pépins physiques, l'ailier de 29 ans a retrouvé tous ses moyens... et le XV de France.

Il n'était pas de la première liste de Jacques Brunel. D'ailleurs pour être très honnête, il n'aurait certainement pas figuré sur la deuxième, si Teddy Thomas ne s'était pas retrouvé en plein cœur de la polémique d'Édimbourg. Mais Rémy Grosso a bien fait son retour avec l'équipe nationale. Et il ne boude pas son plaisir. "C'est une fierté de pouvoir revenir en équipe de France, qu'importe le moment. Maintenant, après ce que j'ai pu traverser au niveau physique et personnel, c'est un plaisir inattendu. Ça a été une surprise, il a fallu la digérer, l'assimiler et très vite basculer." Une surprise ? Et plus encore. Plus appelé depuis son unique sélection le 1er octobre 2015, l'ailier clermontois avait vu la concurrence s'envoler.

Alessandro Zanni, Rémy Grosso - Six Nations 2018, Italia Sei Nazioni - Getty Images

Alessandro Zanni, Rémy Grosso - Six Nations 2018, Italia Sei Nazioni - Getty ImagesGetty Images

C'est d'abord Noa Naikataci qui semblait indiscutable. Mais blessé, le Clermontois peine à retrouver son rugby. C'est ensuite Virimi Vakatawa qui explosait et s'imposait comme le nouveau facteur X des Bleus. Depuis son repositionnement au centre de l'attaque du Racing 92, l'ancien septiste a perdu de sa superbe. Il y a également eu Teddy Thomas. Flamboyant sous le maillot du XV de France, qui marquait trois essais lors des deux premières journées du Tournoi... Oui mais voilà, de la fête d'Édimbourg, le Racingman a perdu sa place dans le groupe. Un concours de circonstances qui a fini par sourire à Rémy Grosso.

" Mon père m'a envoyé un texto : "c'est bon on monte à Paris". Je lui ai répondu "calme toi, ne t'enflamme pas""

Auteur d'un bon début de saison, le Clermontois a ainsi retrouvé les joies d'une sélection en laquelle il ne croyait plus vraiment. "Est-ce que j'avais fait une croix dessus ? Non, mais je préférais être réaliste et humble. J'ai toujours fonctionné de la sorte. Je n'ai jamais vu trop grand. Je préfère faire les choses petit à petit. Je suis arrivé il n'y a pas très longtemps à Clermont. J'avais d'abord à coeur d'entrer pleinement dans l'effectif, d'avoir du temps de jeu. Et ça aurait été prétentieux de ma part de penser au XV de France avant ça. Il faut faire les choses dans l'ordre. Je n'avais donc pas fait une croix sur les Bleus, mais je voulais avancer étape par étape." Une simplicité et une patience qui l'ont mené à sa deuxième sélection.

Remy Grosso - France vs Italie

Remy Grosso - France vs ItalieIcon Sport

Et face à l'Italie, le Lyonnais d'origine a saisi sa chance. Français parcourant le plus de mètres ballons en mains (106) - loin devant le deuxième, Marco Tauleigne (76) - l'ailier a tapé du poing sur la table. Il fait désormais office de candidat naturel à l'aile de l'équipe entraînée par Jacques Brunel pour la réception de l'Angleterre. Mais après avoir connu une traversée du désert de deux ans, ne comptez pas sur lui pour céder à l'euphorie. "Je ne veux pas voir aussi loin. Quinze jours c'est long. Après le match contre l'Italie, mon père m'a envoyé un texto : "c'est bon on monte à Paris". Je lui ai répondu "calme toi, ne t'enflamme pas, c'est dans quinze jours". Je préfère fonctionner comme ça..."

" J'ai raté quelques rendez-vous à cause de mes pépins physiques, alors si je peux en profiter, tant mieux"

S'il ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs, Grosso pourrait malgré tout connaître, deux ans après sa première sélection, son premier crunch. Un défi taillé à la mesure d'un joueur qui saura saisir l'opportunité, si elle se présente. "Je raisonne en me disant que ce n'est que du bonus. C'était inattendu. Je ne pensais pas jouer contre l'Italie, ça a été une nouvelle surprise. Donc voilà, j'ai eu une chance à saisir. […] Suis-je là par défaut ? Je ne pense pas. Ce sont les aléas d'une carrière. Ça va vite. Je me dis que si j'ai été rappelé c'est que je me suis donné les moyens depuis quelques mois en club. Je ne me suis pas pris la tête, pas posé de question et, avec l'expérience, j'ai pris un peu de recul. A mon arrivée à Clermont, je ne jouais pas les gros matchs. Il y avait une forte concurrence. Mais j'ai su répondre présent quand on a fait appel à moi. J'ai raté quelques rendez-vous à cause de mes pépins physiques, alors si je peux en profiter, tant mieux." Il aura donc fallu deux ans à Rémy Grosso pour retrouver sa place au sein du XV de France... Désormais bien malin celui qui viendra la lui reprendre.

Remy Grosso - France vs Italie

Remy Grosso - France vs ItalieIcon Sport

Contenus sponsorisés
0
0