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Belleau : "A moi de montrer que ce qui est arrivé c'est du passé"

Belleau : "A moi de montrer que ce qui est arrivé c'est du passé"

Le 13/03/2018 à 15:20Mis à jour Le 13/03/2018 à 15:28

Discret depuis son exclusion du groupe France, après la virée nocturne d'Edimbourg, Anthony Belleau a accepté de se confier, même s'il souhaite "laisser derrière lui" cet épisode et ambitionne montrer sa valeur sur le terrain.

Rugbyrama : Dans votre courte carrière, jusqu'à présent tous les voyants étaient au vert. Cette histoire en Ecosse et l'exclusion du groupe France viennent un peu ternir votre parcours. Comment avez-vous vécu cela ?

Anthony Belleau : J'étais forcément très déçu. Désormais, à moi de prouver mes qualités sur le terrain et de montrer que ce qui est arrivé c'est du passé. C'est tout. J'ai pris note de la sanction du sélectionneur. Je me plie à cela, c'est lui qui décide. Il n'y avait pas besoin d'explications, ça s'est fait naturellement. Il n'y a pas besoin d'en rajouter. C'est derrière tout ça, il faut se projeter vers l'avant. Il m'a mis dehors, maintenant s'il veut me rappeler j'irai, sinon ça voudra dire que je ne suis pas assez bon... Mais quoi qu'il arrive, il ne faut pas perdre d'énergie avec tout ça et être performant .

Depuis votre retour, après cette sanction d'une semaine, on vous sent très impliqué voire même revanchard.

A. B. : Je reste moi-même et j'essaie de montrer que peu importe ce qu'il se dit ou se passe, c'est sur le terrain qu'on peut donner la meilleure réponse. Je mets tout en œuvre pour être performant et c'est tout. La seule réponse que je peux donner, c'est de me servir de cela comme d'un levier en effaçant ça par les performances. Pas besoin de revenir sur ce qu'il s'est passé, ce qu'un tel a dit ou a fait. Maintenant faut passer à être chose.

Anthony Belleau (Equipe de France) vs Irlande le 03/02/2018

Anthony Belleau (Equipe de France) vs Irlande le 03/02/2018Icon Sport

Vous ne voulez pas donner votre version des faits ?

A. B. : Je ne veux pas y revenir, pas besoin d'en rajouter.

Durant cette période, vous avez été pointé du doigt, beaucoup de choses ont été dites. On a pu voir le soutien de vos proches mais aussi de votre club et de vos entraîneurs qui vous ont très vite remis en selle. Cela vous a rassuré ?

A. B. : J'évite de lire tout ce qui peut circuler, ça n'a pas beaucoup d'importance. Après, oui je trouve forcément touchant que mon frère prenne ma défense et je sais que quoi qu'il arrive mes proches sont à mes côtés. Le club a également fait la part des choses. Je suis rentré et j'étais dispo pour l'équipe. Les coachs m'ont remis sur le terrain, j'ai joué et c'est là qu'on peut donner les meilleures réponses.

" J'ai encore beaucoup à apprendre, tout est allé vite"

On l'oublie peut-être facilement, mais à 21 ans, vous connaissez votre première saison complète au haut niveau...

A. B. : J'ai encore beaucoup à apprendre. Tout est allé très vite pour moi. Je n'ai que 21 ans ce serait brûler les étapes de se voir plus haut. Je fais encore beaucoup d'erreurs le week-end, donc je continue de travailler afin d'essayer de gommer les défauts. Je suis conscient d'être dans ma première saison de ma carrière. Je ferai encore des erreurs, faut travailler pour être régulier. Il faut prendre en compte tout ça.

Dans cette première saison comme professionnel, qu'est-ce qui vous surprend le plus ?

A. B. : L’enchaînement des efforts physiques reste le plus dur. Il y a très peu de repos. J'ai eu pas mal de temps de jeu jusqu'à présent et enchaîner les matchs et les tâches quotidiennes, c'est parfois lourd. Ça demande de l'adaptation. Il faut essayer d'anticiper les charges de travail, apprendre également à connaître son corps. On apprend sur le tas. Parfois on se lève, on est mâché, il faut faire des efforts dans l'hydratation, l'alimentation, la récupération en salle...

A cela s'ajoute pour vous le rôle de buteur.

A. B. : Buter c'est notre job. Certains apprennent les touches par cœur, nous c'est ça. Faut essayer de se caler des séances dans la semaine, pas forcément longues, mais on le fait avec plaisir même si rien n'est acquis. Je pense pouvoir progresser encore dans tous les secteurs. Il faut continuer de travailler, dans mon jeu au pied mais aussi sur la capacité de savoir diriger l'équipe dans les temps forts comme les temps faibles.

On insiste sur votre jeune âge, mais avez-vous dû forcer votre nature pour vous imposer dans cette équipe de Toulon aux côtés de joueurs comme Nonu, Ashton, Fekitoa...

A. B. : J'ai déjà forcé ma nature en venant ici quand je n'avais que 18 ans. Le but n'était pas de jouer dans un premier temps, surtout que je suis arrivé l'année qui suivait le doublé, mais de me mettre un coup de pied aux fesses en me disant, maintenant tu es un homme. Beaucoup m'ont reproché ce choix de signer à Toulon. Mais pour moi il fallait bosser et puis c'est tout. Je me suis aussi construit à travers cela, je suis sorti de ma zone de confort.

" Je pense que je ne mesure pas la chance de côtoyer Vincent (Clerc) "
Anthony Belleau de Toulon

Anthony Belleau de ToulonIcon Sport

D'ailleurs ce week-end vous avez croisé Agen, votre club formateur et l'équipe qui vous auriez du retrouver en prêt cette saison si l'histoire n'avait pas été bouleversé par ce drop face à La Rochelle...

A. B. : Je n'avais jamais joué contre Agen en professionnel. J'ai retrouvé Valentin Saurs, qui marque l'essai, avec qui je j'évoluais aux Quatre Cantons, à l'école de rugby. On a pu se retrouver et échanger après le match. Cette histoire de faux départ pour le SUA, j'ai essayé de la mettre de côté. Je suis allé aller saluer les entraîneurs et le président, ils m'ont félicité et j'ai salué leur parcours, il y a beaucoup de respect. Je reste attentif à leurs résultats d'autant plus ces dernières semaines car je savais qu'on allait les affronter.

Ce match restera dans l'histoire avec le centième essai de Vincent Clerc, sur lequel vous êtes d'ailleurs passeur décisif !

A. B. : Vincent est un mec extraordinaire. Il était à un essai du record, mais son seul souhait était que l'équipe soit performante. Je lui fais la passe, mais après, il se le pèle tout seul cet essai ! Je lui ai juste donné le ballon, il a fait le reste. C'était vraiment un bon moment, me retrouver passeur sur son essai, c'est un grand honneur. Tout comme de pouvoir côtoyer un tel mec.

Vincent Clerc (Toulon)

Vincent Clerc (Toulon)Icon Sport

C'est une source d'inspiration ?

A. B. : J'ai grandi avec Vincent. Il était en poster dans ma chambre, je le regardais à la télé, il marquait, il marquait... Je pense que je ne mesure pas la chance de pouvoir le côtoyer au quotidien. On ne peut que s'inspirer de lui. C'est un atout de jouer à ses côtés comme les autres joueurs d'expérience du groupe.

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