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ELECTION FFR - Bernard Laporte : son bras de fer avec Paul Goze est inévitable !

Laporte : son bras de fer avec Goze est inévitable !

Le 04/12/2016 à 11:56Mis à jour Le 04/12/2016 à 15:17

ELECTION FFR - Nouvellement élu président de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte a réaffirmé ses engagements, dont un empiète frontalement sur les prérogatives de la Ligue Nationale de Rugby. Les prochaines discussions s’annoncent tendues avec Paul Goze.

"Que ce soit au foot, au tennis ou au rugby, il n’y a qu’un grand patron dans le sport, c’est le président de sa Fédération". Dès ses premières heures en tant que président de la FFR, Bernard Laporte est allé droit au but, sans détour. L’ancien manager de Toulon l’assure, le boss du rugby français, désormais, c’est lui, et pas question de partager le pouvoir avec Paul Goze, son homologue de la LNR. Ce dernier a poussé pour installer le Top 14 le dimanche (un match à 12h30, un autre à 16h15), Laporte n’en veut plus de ce jour-là, comme il l’a formulé dans le seizième engagement de son programme. Et il ne reviendra pas dessus.

Bernard Laporte n'est pas d'accord sur les matches de Top 14 le dimanche - 3 décembre 2016

Bernard Laporte n'est pas d'accord sur les matches de Top 14 le dimanche - 3 décembre 2016Icon Sport

"Qui a été élu ? C’est moi ! Et je suis là pour défendre les clubs qui ont mis leur bulletin en ma faveur. J’ai pris cet engagement car j’ai senti que cela avait fait du mal au rugby amateur. Quand 99% des clubs me disent : "Bernard, vous nous avez tué avec votre match à 16h15 le dimanche", j’écoute. Il y a des clubs qui n’ont que 50.000 euros. Ils ne font pas payer l’entrée au stade et quand vous leur enlevez la buvette, ils me disent "Comment on fait ? On ne peut plus, on va mettre la clé sous la porte". Vous croyez que je ne vais pas les défendre ? On ne peut pas regarder les gens mourir au prétexte que les pros se portent bien. Ce match de 16h15 est cruel pour le rugby amateur et je vais discuter avec les diffuseurs dans l’intérêt général de celui-ci".

Même s’il est soutenu au plus haut niveau de l’état, le projet Grand Stade "s’arrête de facto"

Une prise de position qui n’est évidemment pas du goût de Paul Goze, pas enclin à laisser une part de son gâteau sans combattre. "Le match du dimanche est établi par contrat jusqu’en 2019. On ne peut pas décréter de façon intempestive et unilatérale qu’on va l’enlever", nous a-t-il confié ce samedi. "Il faudrait pour cela qu’il y ait un accord entre les trois parties (la FFR, la LNR et le diffuseur, ndlr) et on n’y est pas encore". La guerre froide a déjà commencé.

Bernard Laporte et Serge Simon - 3 décembre 2016

Bernard Laporte et Serge Simon - 3 décembre 2016Icon Sport

Une bataille qui en appellera d’autres dans les semaines à venir, notamment celle du Grand Stade. Député de la première circonscription de l’Essonne entre 2001 et 2012, l’actuel premier ministre Manuel Valls n’a jamais caché son soutien pour le projet, imaginé par Pierre Camou dans "son" département, à Ris-Orangis. "C’est vrai qu’il y a une implication politique dans ce projet mais il y a deux façons de voir les choses", explique Serge Simon, le directeur de campagne de Laporte. "Soit c’est un projet privé et dans ce cas, comme nous l’avons annoncé, il s’arrête de facto, soit il devient public et il n’y a aucun problème mais il sera financé par l’état". Sitôt installé, le clan Laporte a déjà marqué son territoire. La promesse de futures étincelles.

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