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Azéma n’ira pas à Montpellier, quelles conséquences ?

Azéma n’ira pas à Montpellier, quelles conséquences ?
Par Nicolas Zanardi via Midi Olympique

Le 13/05/2021 à 16:30Mis à jour

TRANSFERTS TOP 14 - Après plusieurs semaines de rumeurs, Franck Azéma a confirmé qu’il ne rejoindrait pas Montpellier la saison prochaine. Un coup dur pour l’entraîneur auvergnat qui risque de ne pas être sans conséquences pour son staff et son équipe, déjà bien ébranlés par l’annonce de la fin de la collaboration entre le club et Azéma à deux ans du terme de son contrat.

C’était devenu un secret de Polichinelle de moins en moins bien tenu : non, le poste de manager du MHR, "ce job fait pour Franck" ainsi qu’en avait lui-même convenu le président héraultais Mohed Altrad, n’irait finalement pas à Azéma. L’annonce de la prolongation jusqu’en 2023 de l’entraîneur des avants héraultais Olivier Azam sonnait ainsi comme un prélude de ce statut quo, que Franck Azéma finit par confirmer hier au quotidien La Montagne, comme il l'avait fait dès lundi auprès de ses propres adjoints à l’ASM : "Je n'irai pas à Montpellier." Fin du bal…

Mais comment donc en a-t-on pu arriver à un tel retournement de situation, alors que toutes les planètes semblaient alignées depuis le mois de février ? Du côté du manager auvergnat, il serait légitime de pester contre le manque de flexibilité de son club qui, pour "services rendus" après onze ans à défendre la cause des Jaunards, aurait pu se montrer plus souple dans les négociations. Reste que si l’ASM aurait certainement été disposée à faire un effort si Azéma (à qui il restait deux années de contrat) avait décidé de prendre une année sabbatique ou de partir pour une sélection nationale, le club auvergnat ne l’entendait pas de cette oreille dans le cas de départ pour un club concurrent, avec lequel les relations sont tout juste cordiales, pour utiliser une litote…

D’où la volonté de fixer une indemnité de réparation du préjudice subi, sur laquelle l’ASM et le MHR ne se sont jamais entendus… "Pour être tout à fait clair, nous avons reçu une proposition d’indemnités émanant effectivement de Montpellier, mais elle ne correspondait pas à la hauteur du préjudice que nous subissons, estimait dans nos colonnes le président Jean-Michel Guillon voilà une semaine. Nous leur avons répondu : "nous ne sommes pas à la hauteur de ce que nous souhaitons". Mais nous n’avons pas pris Franck Azéma en otage : on est juste dans une situation de business. Je défends les intérêts du club au-delà des relations qu'on a avec lui. J'ai toujours dit à Franck : si on part du principe qu'on peut casser n'importe comment et n'importe quand, on va aller vers un monde du rugby de plus en plus compliqué."

Tout un club sous pression avant la réception de Toulon

Position de principe ou morale purement opportuniste ? L’avenir à long terme le dira. Reste qu’en ce qui concerne le court terme, impossible de dire que la situation ne pollue pas le quotidien du club auvergnat, entre des joueurs qui se sont sentis blessés par le départ d’un manager auquel ils avaient pour la plupart liés leur avenir, tandis que les adjoints Didier Bès et Bernard Goutta (non conservés par le futur manager Jonno Gibbes) ne savent pas non plus de quoi leur avenir sera fait. De quoi créer un environnement tout sauf idéal, qui s’est d’ailleurs matérialisé par plusieurs revers marquants (au Racing, à Lyon ou à Monpellier, sans oublier le quart de finale de Champions Cup à domicile contre Toulouse), et faire peser une chape de plomb à l’approche d’une réception de Toulon absolument déterminante samedi soir…

Car si les Jaunards devaient baisser pavillon face aux Varois et leur céder leur quatrième place, ceux-ci se trouveraient en outre sous la menace d’une UBB qui compte deux matchs en retard, avant un déplacement à Toulouse et une réception de La Rochelle. Forcément de quoi craindre de se faire sortir du top 6 sur le fil par Castres, et précipiter une fin en eau de boudin que ni l’ASM, si Franck Azéma ne méritent...

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