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Goutta en colère après le départ de Zarantonello au CO : "Ils ont travaillé dans notre dos"

Par Rugbyrama
Le | Mis à jour

TRANSFERTS - Le manager agenais Bernard Goutta a peu goûté à la manière dont le Castres Olympique et Loris Zarantonello se sont rapprochés dernièrement. En colère, il espère que cette situation servira de leçon au Sporting Union Agenais.

Bernard, qu'est-ce qui vous gêne dans ce transfert à venir de Loris Zarantonello à Castres ?

On le sait, Loris avait des ambitions depuis deux ans d'aller jouer en Top 14. Cela n'a pas pu se faire l'an dernier car aucun club ne voulait payer les indemnités de formation. Aussi, il était encore jeune et il voulait voir s'il allait s'affirmer, ou pas.

En début de second bloc, j'ai dit à mes joueurs en fin de contrat qu'on allait clarifier leur situation à la fin de ce bloc. Mais samedi matin, j'apprends par un agent via un message vocal que des contacts sont très avancés entre le CO et Loris et qu'il va sans doute signer là-bas.

Comment avez-vous réagi ?

Moi, j'écoute ce message, j'appelle le joueur qui me confirme son souhait de partir. Mais il y a des manières de faire. On ne prévient pas le président du club la veille. Depuis le match d'Aurillac visiblement, c'était en discussion. Là, on apprend samedi matin que Loris n'a plus qu'à signer le contrat.

On vous suit...

Ce qui me gêne là-dedans, c'est qu'on n'a même pas pu rentrer dans les négociations de notre côté. La façon et la manière me gênent. En tout cas, cela doit nous interpeller pour la suite.

Je ne veux pas devenir le centre de formation de Castres

C'est-à-dire ?

Il va falloir s'interroger quant au message à passer aux jeunes qui sont au centre de formation. Moi, dorénavant, ce que je veux dans mon centre de formation, ce sont des jeunes qui ont envie de jouer pour le maillot d'Agen. Cela va nous permettre de revoir la culture club et l'identité que nous voulons transmettre vis-à-vis de notre histoire.

Êtes-vous gêné par la manière dont Castres a réalisé ce transfert ?

Je suis un peu gêné vis-à-vis de ce grand club qu'est Castres. C'est une institution. Ils ont gagné des titres. Mais pourquoi n'investissent-ils pas dans leur centre de formation ? Je n'ai pas envie de devenir le centre de formation de Castres. Je ne comprends pas comment on peut investir 500 000 € sur deux joueurs, car il y avait aussi Gauthier Maravat l'an dernier, et ne pas mettre cette somme dans son propre centre de formation. Je n'arrive pas à le comprendre de la part d'une équipe de Top 14.

Les indemnités de formation que va payer le CO pour Loris Zarantonello avoisinent donc les 250 000 € ?

Nous ne reverront pas ces indemnités au rabais cette fois-ci , c'est certain. Elles iront de 250 000 à 310 000 €.

C'est pourtant habituel de voir vos jeunes rejoindre le Top 14...

Autant, avant, c'était une fierté de voir nos jeunes aller voir plus haut. Autant aujourd'hui, avec l'attractivité que retrouve Agen et nos infrastructures, on n'a rien à envier au niveau au-dessus. Je dis ça avec beaucoup d'humilité et je ne parle que des infrastructures.

Désormais, je vais essayer de faire passer ce message à nos jeunes : j'essaierai de déceler les jeunes qui auront vraiment envie de porter le maillot agenais pour les saisons à venir. On ne va plus servir de tremplin.

Nous aurions pu nous aligner sur la proposition de Castres

En voulez-vous au joueur ?

Je suis content pour Loris Zarantonello. Je vais l'utiliser jusqu'à la fin car j'ai besoin de lui. Mais ce qui me gêne est le fait que nous n'avons même pas pu lui proposer un contrat.

Vous dites que ce n'est pas encore totalement signé. Allez-vous tenter un dernier coup pour garder le talonneur ?

Comment tu veux faire changer d'avis un joueur qui a été endoctriné pendant trois semaines sans le savoir ? C'est trop tard, on ne peut plus rentrer dans la bagarre. C'est pour ça que je ferai désormais attention à faire jouer des jeunes qui auront envie de porter le maillot d'Agen. Des joueurs du terroir.

Il y a le projet sportif, oui, mais il y a aussi le niveau financier. Agen pouvait-il s'aligner sur la proposition de Castres ?

Oui. On pouvait au moins s'aligner sur Castres. C'est ce qui me gêne aussi car nous n'avons pas pu bagarrer. Je connais la proposition du CO, elle n'est pas très haute sur 4 ans. Mais après, je n'en veux pas au joueur. Ce que je veux, c'est protéger le club pour les années à venir. Là, même si Loris voulait partir en Top 14, ils ont travaillé dans notre dos.

Comment changer l'état d'esprit de vos jeunes du coup ?

J'ai un œil attentif sur les catégories crabos et cadets. Ce sont des joueurs du terroir. Ils incarnent l'avenir du SUA. On doit les considérer énormément et leur inculquer une culture club comme avant et une identité forte.

Avec le départ de ce joueur, vous allez donc devoir vous mettre à la recherche d'un joueur à ce poste...

On va voir. On a le jeune Pierre Jouvin qui fait de gros matchs avec les espoirs. Il va partir avec l'équipe de France U20, là. La relève, on l'a. Peut-être qu'on restera avec cette solution l'an prochain.

Avez-vous d'autres joueurs formés au club sur lesquels le Top 14 lorgne ?

Oui, ils sont surtout chez les espoirs. Et donc, nous aussi, on va revoir notre politique contractuelle afin de conserver nos jeunes. Mais nos jeunes, je ne veux pas les ficeler avec des contrats. Je veux les ficeler avec des valeurs. Leur priorité devra être de jouer avec l'équipe fanion.

Par Mathieu Vich