Midi Olympique

Pour les frères Retière, une première de rêve qui en appelle d'autres

Pour les frères Retière, une première de rêve qui en appelle d'autres

Le 04/10/2022 à 13:27Mis à jour Le 04/10/2022 à 14:03

TOP 14 - Dimanche dernier, le Stade toulousain ne comptait pas un, mais deux Retière dans son équipe victorieuse de Montpellier au GGL Stadium. Arthur, placé exceptionnellement en demi de mêlée, était associé à son petit frère, Edgar, à la charnière. Une très belle histoire, qui a vu le jour plus tôt qu'on ne le pensait.

Une charnière se doit d'avoir une certaine complicité, un vécu commun. Pour performer, il est indispensable que demi de mêlée et ouvreur sachent se trouver les yeux fermés et aient quasiment la même lecture du jeu. Quoi de mieux donc, que d'aligner deux frangins aux postes de la charnière ? Il y avait Guy et Lilian Camberabero, qui ont remporté ensemble le premier Grand Chelem de l'histoire du XV de France en 1968. Il y a maintenant Arthur et Edgar Retière, titulaires pour la première fois ensemble en Top 14, dimanche dernier avec le Stade toulousain.

Un concours de circonstances

Si nous ne comparerons pas encore les fils de Didier Retière avec les illustres Camberabero, les Toulousains sont désormais rentrés dans un cercle très fermé et ont réalisé un rêve que peu ont atteint. "C'est beaucoup de souvenirs qui remontent. Forcément, on ne pensait pas jouer ensemble si rapidement", confiait Arthur, l'aîné, au micro de Canal+ après la rencontre sur la pelouse de Montpellier dimanche soir. Il faut dire qu'il a fallu un petit concours de circonstances pour que les deux frères soient ensemble sur le terrain en cette soirée automnale.

Déjà, Arthur n'a rejoint la Haute-Garonne que cette année, après six saisons passées à La Rochelle. Courtisé par de nombreux clubs, il a finalement choisi de rallier Toulouse et il est évident que la présence de son frère dans l'effectif y a joué pour beaucoup. Edgar vit lui sa première saison avec le groupe professionnel, puisqu'il faisait - et qu'il fait encore - partie de l'effectif des espoirs toulousains. En plus, leur titularisation de dimanche à la charnière n'avait rien d'évident. Arthur n'avait plus débuté à la mêlée en Top 14 depuis le 30 avril dernier et un match contre... Toulouse. Il profitait contre Montpellier de la mise au repos d'Antoine Dupont et de la blessure de Paul Graou au poste. Son petit frère a de son côté tiré parti du forfait de dernière minute de Tim Nanaï-Williams et de l'absence de longue durée de Romain Ntamack pour se frayer une place dans le XV de départ.

" Si on est ici, c’est qu’on le mérite"

Et s'ils n'ont pas particulièrement excellé, les Retière ont réalisé un match plutôt solide et ont contribué au beau succès des leurs sur le terrain du champion de France en titre. Ils ont même tenté de combiner à plusieurs reprises, mais sont restés, dans l'ensemble, assez sobres. "Forcément, ça rassure [d'avoir son frère à ses côtés] parce qu'on a des automatismes, assurait Edgar Retière, qui disputait à cette occasion son premier match en professionnel. C'est forcément plus facile de jouer avec quelqu'un qu'on connaît. On a travaillé ça dans le jardin quand on était petit. Après, tout le monde m'a donné de la confiance, a été très protecteur. Avant le match, on a dit le mot "petit frère". Tout le monde avait un petit frère à côté. Ce soir, ça nous a fait gagner."

Top 14 - Edgar Retière (Stade toulousain)

Top 14 - Edgar Retière (Stade toulousain)Icon Sport

Si cette association inédite risque de ne pas souvent être reconduite cette saison, elle est déjà un premier pas vers l'émergence de la jeunesse toulousaine. Outre Edgar Retière, Théo Ntamack a lui aussi disputé cette rencontre, sa troisième de la saison. Les deux anciens internationaux U20, qui ont grandi ensemble, touchent petit à petit à leur rêve : celui de rejoindre leurs frères au plus haut niveau. "Nos grands frères, ce sont nos modèles. On aimerait avoir la carrière qu’ils sont en train de construire, nous avait affirmé Edgar Retière il y a un peu plus d'un an. Mais ce n’est pas une pression. Parfois, j’entends des trucs par-ci par-là, mais je passe au-dessus. Aujourd’hui, si on est ici, c’est qu’on le mérite. Rien à voir avec le nom ou le parcours de nos proches." Si on les découvre encore, il va maintenant falloir s'habituer à voir les jeunes frères sur le devant la scène en professionnel, surtout quand on connaît le problème des doublons à Toulouse. Alors, on remet ça ?

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